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Déclaration de changement en cours de contrat : quand est-elle obligatoire ?
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En bref : l'article L113-2 3° du Code des assurances impose de déclarer sous 15 jours toute circonstance qui aggrave le risque assuré. En cas d'omission, l'article L113-4 permet à l'assureur de résilier le contrat ou d'imposer une surprime, avec un risque de refus d'indemnisation en cas de sinistre lié au risque non déclaré.
Un mariage ne se déclare pas. Un changement de profession dangereuse, si.
La différence n'est pas une question de bon sens, mais de texte de loi. Voici où se situe exactement la frontière entre l'obligatoire et le facultatif.
Ce que dit précisément l'article L113-2 du Code des assurances
Le 3° de l'article L113-2 du Code des assurances (texte intégral sur legifrance.gouv.fr) impose à l'assuré de :
« Déclarer, en cours de contrat, les circonstances nouvelles qui ont pour conséquence soit d'aggraver les risques, soit d'en créer de nouveaux et rendent de ce fait inexactes ou caduques les réponses faites à l'assureur. »
La déclaration doit intervenir par lettre recommandée, ou par envoi recommandé électronique, dans un délai de 15 jours à partir du moment où l'assuré a eu connaissance du changement.
Ce texte vise un objectif précis : que le contrat continue de refléter le risque réel. Un assureur qui a évalué votre prime sur un métier de bureau n'accepte pas les mêmes risques que pour un métier de chantier. Si la réalité change sans que le contrat suive, l'équilibre financier du contrat est rompu.
La différence entre obligatoire et facultatif tient à un seul critère
Un changement de situation n'a pas à être déclaré parce qu'il bouleverse votre vie. Il doit être déclaré s'il modifie le risque que l'assureur a accepté de couvrir.
Sont concernées, l'aggravation du risque :
Un changement de profession vers un métier plus dangereux (BTP, sécurité, transport aérien)
Le début d'une activité sportive à risque (plongée profonde, sports aériens, sports de combat en compétition)
Un changement d'état de santé qui aurait modifié la tarification initiale, dans certains contrats à déclaration continue
Un déménagement vers une zone à risque spécifique, si le contrat en fait un critère de tarification
Ne sont pas concernés, les événements sans lien avec le risque :
Le mariage, le PACS, la naissance d'un enfant
Le divorce ou la séparation (hors impact sur la quotité du prêt)
Un changement de banque sans changement de profession
Une simple augmentation de revenus
Ce principe distingue nettement l'assurance emprunteur du questionnaire de santé initial. Les conséquences d'une fausse déclaration au moment de la souscription relèvent d'un régime différent, celui des omissions au questionnaire de santé, traité en détail dans le cluster consacré à ce sujet.
Les sanctions prévues par l'article L113-4
Si l'assuré omet de déclarer une aggravation du risque, l'article L113-4 du Code des assurances (texte intégral) donne à l'assureur deux options.
Première option : la résiliation. L'assureur peut dénoncer le contrat. La résiliation prend effet 10 jours après notification, et l'assureur rembourse la portion de prime correspondant à la période non couverte.
Seconde option : une nouvelle prime. L'assureur propose un montant de cotisation ajusté au risque réel. L'assuré dispose de 30 jours pour répondre. En cas de refus explicite ou d'absence de réponse, l'assureur peut résilier le contrat au terme de ce délai, à condition d'avoir mentionné cette possibilité en caractères apparents dans son courrier.
Le cas le plus grave survient quand l'omission n'est découverte qu'au moment d'un sinistre. Prenez Julien, 41 ans, devenu grutier sur un chantier à risque après avoir souscrit son assurance emprunteur comme technicien de bureau. Il ne déclare pas ce changement. Trois ans plus tard, une chute sur le chantier déclenche une invalidité partielle. L'assureur découvre, lors de l'instruction du dossier, que la profession réelle ne correspond plus à celle déclarée. La garantie IPP peut être réduite, voire refusée, si l'aggravation est jugée déterminante dans la survenance du sinistre.
Cette situation illustre pourquoi la déclaration sous 15 jours n'est pas une formalité accessoire. Elle conditionne directement le paiement d'une indemnisation le jour où elle devient nécessaire.
Comparez votre situation actuelle sur le simulateur Kidonk : si un changement de profession a fait grimper votre prime, une délégation d'assurance adaptée au nouveau risque coûte parfois moins cher qu'une surprime imposée après coup par votre assureur actuel.
Comment déclarer un changement correctement
La forme compte autant que le fond. Une déclaration orale, même faite de bonne foi lors d'un appel téléphonique, ne constitue pas une preuve suffisante en cas de litige.
La méthode recommandée :
Rédiger un courrier daté décrivant précisément le changement (nouvelle profession, nouvelle activité, date d'effet)
Envoyer ce courrier en lettre recommandée avec accusé de réception, ou par envoi recommandé électronique si l'assureur le propose
Conserver une copie dans le dossier numérique du contrat, aux côtés du certificat d'adhésion et de la notice
Attendre la réponse écrite de l'assureur : maintien sans changement, surprime, exclusion spécifique, ou refus
Si la réponse de l'assureur ne convient pas, la résiliation infra-annuelle issue de la loi Lemoine permet de chercher un contrat mieux adapté au nouveau profil de risque, sans attendre une date anniversaire.
Tableau : les changements de situation et leur statut légal
Changement | Déclaration obligatoire ? | Base légale | Détail |
|---|---|---|---|
Changement de profession à risque | Oui | L113-2 3° | Sous 15 jours, par LRAR |
Nouvelle activité sportive à risque | Oui, si mentionnée au contrat | L113-2 3° | Vérifier les exclusions du contrat |
Mariage, PACS | Non | Aucune | Opportunité de réviser les quotités |
Naissance d'un enfant | Non | Aucune | Vérifier la garantie aide à la famille |
Divorce, séparation | Non (sauf impact sur la quotité) | Aucune | Modification du contrat recommandée |
Changement de banque (sans nouveau risque) | Non | Aucune | Vérifier la portabilité du contrat |
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FAQ
Faut-il déclarer un changement de profession à son assureur emprunteur ?
Oui, si la nouvelle profession est plus risquée que celle déclarée à la souscription. L'article L113-2 3° du Code des assurances impose cette déclaration sous 15 jours. À défaut, l'assureur peut résilier le contrat ou refuser une indemnisation liée à ce risque non déclaré.
Quel délai pour déclarer une aggravation du risque à son assureur emprunteur ?
15 jours à partir du moment où l'assuré a connaissance du changement, par lettre recommandée ou envoi recommandé électronique, selon l'article L113-2 3° du Code des assurances.
Que risque-t-on si on ne déclare pas un changement de profession ?
L'assureur peut résilier le contrat avec un préavis de 10 jours, ou proposer une nouvelle prime que l'assuré a 30 jours pour accepter ou refuser (article L113-4). En cas de sinistre lié à l'activité non déclarée, l'indemnisation peut être réduite ou refusée.
Un mariage ou une naissance doit-il être signalé à l'assureur emprunteur ?
Non, aucune obligation légale n'existe pour ces événements familiaux. Ils ne modifient pas le risque assuré. Ils peuvent en revanche justifier une révision volontaire des quotités ou des bénéficiaires du contrat.
Comment prouver qu'on a bien déclaré un changement à son assureur ?
En envoyant la déclaration par lettre recommandée avec accusé de réception ou par envoi recommandé électronique, et en conservant une copie datée. Un appel téléphonique seul ne constitue pas une preuve suffisante en cas de litige ultérieur.

