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Prêt relais et assurance emprunteur : coût réel, 3 structures et comment optimiser
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Un prêt relais porte sur un capital élevé (généralement 70 % de la valeur de votre bien en vente) et l'assurance court sur ce capital plein dès le premier jour. Pas de remboursement progressif qui ferait baisser la base de calcul. Pendant 12 à 24 mois, vous payez une prime fixe sur un montant qui ne diminue pas.
Pour un prêt relais de 300 000 €, cela représente 250 à 1 500 € de primes d'assurance selon le TAEA et la durée. Ce n'est pas négligeable. Et selon la structure de remboursement choisie, ce coût peut doubler si les intérêts se capitalisent.
Voici les mécanismes à connaître avant de signer.
Qu'est-ce qu'un prêt relais ?
Le prêt relais finance la période entre l'achat d'un nouveau bien et la vente de l'ancien. Il évite d'attendre la vente pour acheter, ce qui serait souvent impossible dans les marchés tendus.
Les caractéristiques de base
Montant : 50 à 80 % de la valeur estimée du bien en vente, nette de toute dette résiduelle. En pratique, les banques retiennent le plus souvent 70 %. Si votre bien vaut 400 000 € et qu'il reste 80 000 € de crédit, le prêt relais porte sur (400 000 - 80 000) × 70 % = 224 000 €.
Durée : 12 mois, renouvelable une fois, pour une durée maximale de 24 mois. La banque ne peut pas vous accorder un prêt relais de plus de 2 ans.
Remboursement : en une seule fois, lors de la vente du bien. Le capital n'est pas remboursé chaque mois, c'est ce qui distingue le prêt relais d'un prêt classique.
Taux : supérieur au taux d'un prêt immobilier standard, car il couvre un risque différent (court terme, sortie en une seule fois).
Le lien avec le prêt principal
Le prêt relais accompagne presque toujours un nouveau prêt immobilier pour financer le bien acheté. Les deux coexistent pendant la durée du relais. Vous avez donc deux primes d'assurance à gérer simultanément : celle du prêt relais et celle du prêt principal.
Comment l'assurance est-elle calculée sur un prêt relais ?
Contrairement à un prêt classique en capital restant dû (CRD), le prêt relais ne s'amortit pas. La prime d'assurance s'applique sur le capital plein pendant toute la durée.
Si votre prêt relais est de 250 000 € à TAEA 0,30 %/an :
Prime mensuelle : 250 000 × 0,30 % / 12 = 62,50 €/mois
Pas de dégressivité : la prime reste à 62,50 € jusqu'au remboursement total
Pour un prêt classique de 250 000 € en CRD, la prime serait de 62,50 € le premier mois et descendrait progressivement à 0,50 € le dernier mois, pour un coût total bien inférieur sur 20 ans. Le prêt relais n'a pas cet avantage.
Les 3 structures de remboursement et leur impact sur le coût
La structure choisie détermine non seulement vos flux mensuels mais aussi le coût total, en particulier la capitalisation des intérêts.
Structure 1 : Franchise totale
Vous ne payez rien pendant la durée du relais. Ni intérêts, ni assurance. Tout est capitalisé et remboursé en bloc lors de la vente.
Avantage : zéro charge mensuelle supplémentaire pendant le relais. Idéal si votre budget mensuel est tendu pendant la période de transition.
Inconvénient majeur : les intérêts se capitalisent, c'est-à-dire qu'ils produisent eux-mêmes des intérêts. Si la vente tarde au-delà des 12 premiers mois, le montant final à rembourser peut dépasser vos prévisions.
Exemple : prêt relais 200 000 €, taux 3,8 %, assurance 0,30 %/an (54,60 €/mois), durée 18 mois en franchise totale :
Intérêts capitalisés sur 18 mois : environ 11 700 €
Primes assurance capitalisées : environ 983 €
Total à rembourser en plus du capital : 12 683 €
Structure 2 : Différé partiel (recommandée)
Vous payez chaque mois les intérêts et la prime d'assurance. Le capital reste différé jusqu'à la vente.
Avantage : pas de capitalisation. Le montant final à rembourser est exactement le capital initial du prêt relais, sans aucun alourdissement par les intérêts composés.
Charge mensuelle : intérêts + assurance uniquement. Pour un prêt relais de 200 000 € à 3,8 % + assurance 0,30 % :
Intérêts mensuels : 200 000 × 3,8 % / 12 = 633 €/mois
Assurance : 54,60 €/mois
Total mensuel : 688 €/mois
C'est plus élevé que la franchise totale (zéro), mais le coût final est bien moins élevé.
Structure 3 : Différé total (au-delà de 12 mois)
Réservée aux relais dépassant 12 mois, elle combine différé des intérêts et différé du capital. Les intérêts ne se capitalisent pas sur la première année, mais peuvent être reportés ensuite selon les conditions du contrat.
Son coût est intermédiaire entre les deux structures précédentes.
Tableau comparatif : 300 000 € sur 18 mois, trois structures
Profil : homme, 45 ans, non-fumeur. Prêt relais 300 000 €, taux 4,0 %, assurance TAEA 0,25 %/an.
Structure | Charge mensuelle | Total intérêts 18 mois | Total assurance 18 mois | Coût global (hors capital) |
|---|---|---|---|---|
Franchise totale | 0 € | ~18 700 € (capitalisés) | ~1 125 € (capitalisés) | ~19 825 € |
Différé partiel | 1 063 € | ~18 000 € (non capitalisés) | ~1 125 € | ~19 125 € |
Différé total | 0 € (12 mois) puis variable | Variable selon contrat | ~1 125 € | ~19 000-20 000 € |
L'écart entre franchise totale et différé partiel peut paraître faible en valeur absolue. Mais si la vente tarde de 6 mois supplémentaires en franchise totale, la capitalisation ajoute encore 1 800 à 3 000 € au montant final. Le différé partiel est presque toujours la structure la plus sûre.
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Le prêt relais et le taux d'endettement HCSF
Le prêt relais n'est pas sans impact sur votre capacité d'endettement. La recommandation du HCSF impose un taux d'endettement maximal de 35 % des revenus nets, assurance emprunteur comprise.
En différé partiel, vos mensualités incluent les intérêts du relais + la prime d'assurance du relais. Ces charges entrent dans le calcul des 35 %. Si vous ajoutez les mensualités du nouveau prêt principal, le taux d'endettement total peut rapidement atteindre ou dépasser le seuil.
Exemple : revenus nets 4 000 €/mois. Seuil 35 % = 1 400 €/mois.
Nouveau prêt principal (350 000 € / 25 ans / 3,5 %) + assurance : 1 010 €/mois
Intérêts relais + assurance relais : 688 €/mois
Total : 1 698 €/mois → dépasse le seuil de 35 %
Dans ce cas, la banque peut refuser le dossier ou exiger un co-emprunteur. Réduire la prime d'assurance du relais par la délégation libère quelques dizaines d'euros, parfois suffisant pour rester sous le seuil.
La délégation d'assurance sur un prêt relais : vaut-elle le coup ?
La question est légitime. La durée courte du relais (12 à 24 mois) rend l'économie en valeur absolue plus limitée que sur un prêt à 20 ans. Mais elle n'est pas nulle.
Sur un prêt relais de 300 000 €, 18 mois :
Contrat groupe TAEA 0,40 %/an : 300 000 × 0,40 % / 12 × 18 = 1 800 € de primes
Délégation individuelle TAEA 0,22 %/an : 300 000 × 0,22 % / 12 × 18 = 990 € de primes
Économie : 810 € sur 18 mois
Pour un relais plus court (12 mois) ou un capital plus faible (150 000 €), l'économie tombe à 150-350 €. C'est là que la décision de déléguer devient moins évidente.
Quand déléguer vaut clairement le coup
Capital supérieur à 200 000 € : l'économie dépasse 400 € même sur 12 mois. Le temps administratif (généralement 10 jours ouvrés de réponse de la banque) est largement compensé.
Durée proche de 18-24 mois : l'économie double. Si votre bien est long à vendre (marché atone, prix de vente ambitieux), la durée réelle peut dépasser la durée initiale.
Vous avez déjà un contrat en délégation : certains assureurs individuels proposent d'étendre votre contrat existant au prêt relais. La démarche est alors quasi nulle en effort.
L'article L.313-30 du Code de la consommation garantit le droit à la délégation sur un prêt relais exactement comme sur un prêt classique. La banque ne peut pas s'y opposer si les garanties sont équivalentes.
Prêt relais et loi Lemoine : une interaction à connaître
La loi Lemoine (art. L.521-1 du Code de la consommation) supprime le questionnaire médical pour les prêts inférieurs à 200 000 € remboursés avant 60 ans. Les prêts relais y sont soumis comme les autres.
Mais il y a une subtilité pratique : le prêt relais et le prêt principal constituent deux crédits distincts. Les seuils Lemoine s'appliquent indépendamment à chacun.
Si votre prêt relais est de 160 000 € et votre prêt principal de 250 000 €, la dispense de questionnaire s'applique au relais mais pas au prêt principal (si vous avez plus de 40 ans et que le prêt principal court jusqu'à vos 70 ans). Deux démarches d'assurance distinctes, deux logiques distinctes.
Ce que votre banque ne dira pas sur le prêt relais
La plupart des banques proposent par défaut la franchise totale. C'est le plus simple à vendre : zéro charge mensuelle, le client perçoit le gain immédiat sans visualiser les intérêts composés qui s'accumulent.
Or le différé partiel est presque toujours plus avantageux sur le coût total. Et il permet une meilleure visibilité : vous connaissez exactement ce que vous payez chaque mois.
Avant de signer, posez systématiquement cette question : "Quel est le coût total en intérêts et assurance selon les trois structures disponibles ?"
Si le conseiller ne peut pas vous répondre chiffres en main, c'est un signal. Ces chiffres doivent figurer dans la fiche d'information standardisée (FISE) ou dans le document de simulation du prêt relais.
Le comparatif global des types de prêts et de leurs spécificités assurance donne la vue d'ensemble pour positionner le prêt relais dans votre stratégie de financement.
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FAQ
Doit-on assurer un prêt relais ?
Oui, en pratique. La banque exige une assurance emprunteur comme condition d'octroi du prêt relais. Les garanties minimales requises sont généralement décès et PTIA, les mêmes que pour un prêt locatif, car le relais est lié à un bien qui sera vendu, pas occupé. Certaines banques demandent aussi l'ITT selon votre profil.
Quelle est la différence entre franchise totale et différé partiel pour un prêt relais ?
En franchise totale, vous ne payez rien pendant la durée du relais : intérêts et assurance se capitalisent et sont remboursés en bloc à la vente. En différé partiel, vous payez chaque mois les intérêts et la prime d'assurance, mais pas le capital. Le coût total est similaire, mais la franchise totale expose à un alourdissement si la vente tarde : les intérêts capitalisés produisent eux-mêmes des intérêts.
Peut-on faire une délégation d'assurance sur un prêt relais ?
Oui. L'article L.313-30 du Code de la consommation s'applique aux prêts relais comme à tout crédit immobilier. La délégation vaut particulièrement le coup si le capital dépasse 200 000 € ou si la durée prévue est proche de 18 à 24 mois. L'économie peut atteindre 500 à 1 000 € selon les TAEA comparés.
Combien coûte l'assurance d'un prêt relais de 300 000 € ?
En contrat groupe standard (TAEA 0,35-0,45 %/an), la prime mensuelle est de 87 à 112 €, soit 1 570 à 2 016 € sur 18 mois. En délégation individuelle (TAEA 0,18-0,25 %/an), la prime descend à 45 à 63 €/mois, soit 810 à 1 134 € sur 18 mois. Économie possible : 750 à 1 200 € selon les contrats et votre profil.
Le prêt relais entre-t-il dans le calcul du taux d'endettement HCSF ?
Oui. En différé partiel, les intérêts mensuels et la prime d'assurance du prêt relais s'additionnent aux mensualités du nouveau prêt principal dans le calcul du taux d'endettement de 35 %. En franchise totale, aucun flux mensuel n'est comptabilisé pendant la durée du relais, mais la banque tient compte du montant à rembourser lors de la vente dans son évaluation du risque global.

