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Garanties fondamentales
Combien rembourse l'assurance invalidité sur votre crédit immobilier ?
17 févr. 2026
Vous venez d'être reconnu en invalidité permanente. Taux à 70%. IPT validée par le médecin-conseil. Vous pensez que vos mensualités de 1 400 euros seront intégralement prises en charge. Vous recevez le premier virement de votre assurance. 890 euros. Pas 1 400. Vous appelez votre assureur. La réponse tombe comme un couperet : "Indemnisation indemnitaire, coordination avec vos IJSS et votre prévoyance d'entreprise."
Vous n'avez rien compris. Moi non plus au début.
Le problème, c'est que les assurances emprunteur ne remboursent pas toutes de la même façon. Certaines versent un montant forfaitaire défini au contrat. D'autres calculent ce qu'elles vous doivent en fonction de vos autres revenus. Et personne ne vous a jamais expliqué la différence. Jusqu'à maintenant.
Deux logiques d'indemnisation : indemnitaire vs forfaitaire
Indemnisation indemnitaire : calcul sur la perte de revenus nette
L'indemnisation indemnitaire, c'est le mode "je compense votre perte réelle de revenus". L'assureur ne paie pas bêtement vos mensualités. Il calcule d'abord combien vous perdez financièrement à cause de votre invalidité. Puis il déduit tout ce que vous touchez déjà par ailleurs. Sécurité sociale, prévoyance d'entreprise, pension d'invalidité. Et il complète le reste.
Prenons un exemple. Avant votre invalidité, vous gagniez 3 500 euros net. Après l'accident, vous ne travaillez plus. La Sécurité sociale vous verse 1 200 euros de pension d'invalidité. Votre prévoyance d'entreprise ajoute 800 euros. Total : 2 000 euros. Vous perdez donc 1 500 euros par mois (3 500 - 2 000).
Votre mensualité de crédit est de 1 400 euros. En mode indemnitaire, l'assurance regarde votre perte de revenus (1 500 euros) et votre mensualité (1 400 euros). Elle prend le plus petit des deux. Donc elle vous verse 1 400 euros. Vos mensualités sont payées. Nickel.
Mais imaginons que votre prévoyance d'entreprise soit plus généreuse. Sécurité sociale : 1 200 euros. Prévoyance : 1 600 euros. Total : 2 800 euros. Vous ne perdez que 700 euros (3 500 - 2 800). L'assureur ne vous versera que 700 euros. Pas les 1 400 euros de mensualité. Les 700 euros manquants seront à votre charge.
Vous voyez le problème ? En mode indemnitaire, plus vous êtes bien couvert par ailleurs, moins l'assurance emprunteur paie. C'est ce qu'on appelle la "coordination des prestations". Et c'est écrit en tout petit dans vos conditions générales. Généralement sous l'expression "principe indemnitaire" ou "non-cumul des indemnités".
Selon Ameli.fr, la pension d'invalidité de la Sécurité sociale varie selon votre catégorie (1, 2 ou 3) et vos revenus antérieurs. Si vous avez une bonne prévoyance d'entreprise en plus, vous pouvez rapidement dépasser 80% de vos anciens revenus. Et l'assurance emprunteur peut alors refuser de payer quoi que ce soit.
Indemnisation forfaitaire : pourcentage de la mensualité défini au contrat, indépendant des revenus
L'indemnisation forfaitaire, c'est plus simple. Et plus protecteur. L'assureur s'engage à payer un montant fixe, défini au contrat, sans tenir compte de vos autres revenus. Si vous êtes en IPT et assuré à 100% en mode forfaitaire, l'assurance paie 100% de votre mensualité. Point. Que vous touchiez par ailleurs 500 euros ou 2 500 euros, ça ne change rien.
Exemple concret. Mensualité : 1 400 euros. Vous êtes en IPT, assuré à 100% en forfaitaire. L'assurance vous verse 1 400 euros tous les mois. En plus de votre pension d'invalidité (1 200 euros) et de votre prévoyance d'entreprise (1 600 euros). Total encaissé : 4 200 euros par mois. Soit plus que votre ancien salaire de 3 500 euros.
C'est pour cela que les assurances en mode forfaitaire coûtent généralement plus cher en prime. Parce qu'elles ne peuvent pas se défausser sur vos autres revenus. Elles paient quoi qu'il arrive. Pour vous, c'est la tranquillité absolue. Pas de calculs compliqués. Pas de mauvaises surprises. Vos mensualités sont couvertes, peu importe ce que vous touchez par ailleurs.
Mais attention. Tous les contrats en mode forfaitaire ne couvrent pas à 100%. Certains contrats forfaitaires plafonnent à 80% de la mensualité. D'autres à 90%. Lisez bien vos conditions particulières. Le mot "forfaitaire" ne suffit pas. Il faut vérifier le pourcentage exact de prise en charge.
Un conseil ? Si vous avez déjà une bonne prévoyance d'entreprise, privilégiez un contrat forfaitaire. Sinon, vous risquez de payer une assurance emprunteur qui ne servira jamais à rien. Et si vous n'avez pas de prévoyance d'entreprise (indépendant, freelance), l'indemnitaire ou le forfaitaire reviennent souvent au même. Mais le forfaitaire reste plus clair.
Comparez votre contrat actuel pour savoir si vous êtes en mode indemnitaire ou forfaitaire. Et surtout, vérifiez si ce mode est adapté à votre situation professionnelle.
IPP vs IPT : impact direct sur le montant remboursé
IPP (33-66%) : prise en charge partielle des mensualités, selon le taux et les conditions du contrat
L'IPP, on l'a dit, c'est la zone grise. Taux d'invalidité entre 33% et 66%. Vous pouvez encore travailler, mais à capacité réduite. Et l'assurance ne rembourse qu'une partie de vos mensualités.
Mais quelle partie exactement ? Ça dépend de votre contrat. Trois logiques coexistent.
Logique 1 : proportionnelle au taux. Vous avez un taux IPP de 45%. Mensualité de 1 200 euros. L'assurance vous verse 45% de 1 200 euros, soit 540 euros. Les 660 euros restants sont à votre charge. Simple. Mais brutal si vous ne pouvez vraiment plus travailler à plein temps.
Logique 2 : par paliers. Certains contrats définissent des tranches. Entre 33% et 50% d'invalidité : 30% de la mensualité remboursée. Entre 51% et 65% : 50% de la mensualité. Avec un taux de 52%, vous touchez donc 50% de vos mensualités (600 euros sur 1 200 euros), pas 52%.
Logique 3 : forfait IPP unique. Quelques contrats versent un forfait fixe dès que vous êtes reconnu en IPP, quel que soit votre taux exact. Par exemple, 40% de la mensualité systématiquement pour toute IPP entre 33% et 66%. C'est rare, mais ça existe.
Et bien sûr, tout cela peut être croisé avec le mode indemnitaire ou forfaitaire. Un contrat IPP en mode indemnitaire va d'abord calculer votre perte de revenus, puis appliquer le pourcentage IPP. Résultat : vous pouvez vous retrouver avec une indemnisation ridicule.
Cas vécu (anonymisé). Artisan, 50 ans, taux IPP de 40% après un accident. Mensualité : 1 100 euros. Contrat en mode indemnitaire + IPP proportionnelle. Il touche 1 000 euros de pension d'invalidité + 600 euros de prévoyance (total 1 600 euros). Avant, il gagnait 2 800 euros. Perte de revenus : 1 200 euros. L'assurance calcule : 40% de 1 200 euros = 480 euros. C'est tout ce qu'il reçoit. Il doit assumer 620 euros de mensualité (1 100 - 480) avec 1 600 euros de revenus. Plus toutes ses autres charges. Il a dû revendre sa camionnette et son matériel pour tenir.
Moralité ? L'IPP en mode indemnitaire, c'est souvent une arnaque. Si vous avez un métier physique, exigez un contrat IPP en mode forfaitaire. Ou au minimum, un contrat avec des paliers généreux.
IPT (≥ 66%) : prise en charge totale des mensualités ou du capital restant dû, selon les contrats
L'IPT, c'est normalement plus protecteur. Vous ne pouvez plus travailler. L'assurance prend tout en charge. Enfin, en théorie.
En pratique, trois configurations existent.
Configuration 1 : remboursement du capital en une fois. Vous devez encore 180 000 euros. L'assurance les verse à la banque. Votre crédit est soldé. Vous n'avez plus rien à payer. C'est le mode le plus propre. Pas de gestion mensuelle. Pas de coordination avec d'autres revenus. Terminé.
Configuration 2 : prise en charge des mensualités en mode forfaitaire. L'assurance paie 100% de vos mensualités tous les mois jusqu'à la fin du prêt. Que vous touchiez par ailleurs 800 euros ou 2 500 euros, elle s'en fiche. Elle paie. Point. Vos mensualités sont couvertes. Vous pouvez vivre avec vos autres revenus (pension d'invalidité, prévoyance).
Configuration 3 : prise en charge des mensualités en mode indemnitaire. L'assurance calcule votre perte de revenus. Elle déduit vos pensions et prévoyances. Et elle ne verse que la différence, dans la limite de votre mensualité. Si vous avez une bonne prévoyance d'entreprise, elle peut ne rien payer du tout. Ou juste 200 euros sur une mensualité de 1 300 euros.
Vous voyez le problème ? Même en IPT (invalidité totale, incapacité de travailler), vous pouvez vous retrouver à devoir payer une partie de vos mensualités si votre contrat est en mode indemnitaire. C'est pour cela qu'il faut absolument vérifier ce point avant de signer. Ou avant de changer d'assurance.
Un détail qui peut tout changer : certains contrats indemnitaires plafonnent la coordination. Par exemple, ils ne déduisent que les indemnités journalières de la Sécurité sociale, mais pas la prévoyance d'entreprise. Ou ils appliquent un plafond de déduction à 50% de la mensualité. Résultat : même en mode indemnitaire, vous êtes assuré de toucher au moins 50% de votre mensualité. C'est mieux que rien.
Conseil pratique ? Demandez à votre assureur de vous faire une simulation chiffrée. Avec vos revenus actuels, votre prévoyance d'entreprise (si vous en avez une), et une hypothèse d'IPT ou d'IPP. Vous verrez noir sur blanc combien l'assurance paierait réellement. Et là, vous pourrez décider en connaissance de cause si votre contrat tient la route.
Rôle clé de la quotité assurée
100% sur un emprunteur vs 50/50 sur deux emprunteurs
La quotité, c'est le pourcentage du prêt que vous assurez. Si vous êtes seul emprunteur, vous devez être assuré au minimum à 100%. Sinon, la banque refuse le crédit. Mais si vous êtes deux, vous avez le choix. 50/50, 60/40, 70/30, ou même 100/100.
Quotité 50/50. Chacun assure la moitié du prêt. Si l'un tombe en IPT, l'assurance rembourse 50% du capital ou 50% des mensualités. L'autre emprunteur doit assumer les 50% restants seul. Avec un seul salaire (le sien) et éventuellement une pension d'invalidité réduite pour l'autre. C'est tendu.
Exemple chiffré. Prêt de 300 000 euros. Mensualité : 1 500 euros. Couple assuré 50/50. L'un tombe en IPT. L'assurance rembourse 150 000 euros de capital (ou 750 euros de mensualité tous les mois). L'autre emprunteur doit rembourser les 150 000 euros restants (ou payer 750 euros par mois). Avec son seul salaire de 2 800 euros. Moins les 750 euros de crédit, il lui reste 2 050 euros. Pour payer le loyer (non, ils n'ont pas fini de payer la maison), les courses, les charges. Plus aider financièrement son conjoint en invalidité. Ça ne passe pas.
Quotité 100/100. Chacun assure 100% du prêt. Si l'un tombe en IPT, l'assurance rembourse 100% du capital ou 100% des mensualités. L'autre emprunteur n'a plus rien à payer. Le crédit continue de se rembourser normalement. Ou il est soldé directement. Le couple peut tenir financièrement malgré la perte de revenus.
Oui, la quotité 100/100 coûte plus cher. Environ 40% à 60% de plus que le 50/50 en primes d'assurance. Sur un crédit de 300 000 euros à 1,5% sur 25 ans, ça représente environ 60 à 80 euros de plus par mois. Mais le jour où l'un tombe en invalidité, ces 60 euros mensuels économisés pendant 10 ans ne font pas le poids face aux 750 euros de mensualité à assumer seul.
Un arbitrage existe pour les couples aux revenus très déséquilibrés. Si l'un gagne 4 000 euros et l'autre 1 500 euros, une quotité 70/30 ou 80/20 peut suffire. Celui qui gagne le plus est assuré à 70% ou 80%. Comme ça, s'il tombe en invalidité, l'autre n'assume que 20% ou 30% du crédit. Avec 1 500 euros de salaire, payer 300 euros de mensualité (20% de 1 500 euros), c'est gérable. Payer 750 euros (50%), non.
Mais attention. Si c'est celui qui gagne peu qui tombe en invalidité, l'assurance ne rembourse que 20% ou 30%. Celui qui gagne bien devra assumer 70% ou 80% du crédit. Avec 4 000 euros, payer 1 200 euros de mensualité (80% de 1 500 euros), ça passe encore. Mais il faut aussi compenser la perte du salaire de l'autre. Faites vos calculs avant.
Comment répartir la quotité en fonction des revenus et des risques
Trois critères pour bien calibrer votre quotité.
Critère 1 : les revenus. Plus l'écart de revenus est important, plus vous pouvez vous permettre une quotité déséquilibrée. Si les deux gagnent à peu près pareil (2 500 et 2 800 euros), partez sur du 100/100. Si c'est 4 500 et 1 800 euros, du 70/30 peut suffire.
Critère 2 : le métier. Si l'un exerce un métier à risque (BTP, artisan, agriculteur, pompier) et l'autre un métier de bureau, assurez celui à risque plus fortement. 80/20 par exemple. Parce que statistiquement, c'est lui qui a le plus de chances de tomber en invalidité.
Critère 3 : l'âge et la santé. Si l'un a 45 ans et l'autre 52 ans, le plus âgé a un risque d'invalidité plus élevé. Idem si l'un a des antécédents médicaux (diabète, problèmes cardiaques) et l'autre non. Assurez le profil à risque plus fortement.
Un outil utile ? Le simulateur Kidonk. Vous entrez vos revenus, vos métiers, vos âges. Et il vous recommande la quotité la plus adaptée. En deux minutes, vous savez si votre répartition actuelle tient la route. Ou si vous devriez ajuster.
Dernier point important : vous pouvez changer votre quotité en changeant d'assurance. Depuis la loi Lemoine, vous pouvez résilier à tout moment. Si vous vous êtes assuré 50/50 il y a 5 ans et que vous réalisez maintenant que c'est insuffisant, passez à 70/30 ou 100/100. Ça coûtera plus cher, oui. Mais vous dormirez mieux.
Cas pratiques : 3 scénarios chiffrés
Scénario 1 : emprunteur unique, IPT, mode forfaitaire
Profil : Thomas, 47 ans, ingénieur informatique. Célibataire. Prêt de 220 000 euros sur 20 ans. Mensualité : 1 250 euros. Assuré à 100% en décès, PTIA et IPT. Contrat en mode forfaitaire.
Événement : AVC à 49 ans. Séquelles neurologiques importantes. Impossibilité de travailler. Taux d'invalidité : 72%. IPT reconnue.
Revenus avant invalidité : 3 800 euros net par mois.
Revenus après invalidité :
Pension d'invalidité Sécurité sociale (catégorie 2) : 1 350 euros
Prévoyance d'entreprise : 1 100 euros
Total : 2 450 euros
Indemnisation assurance emprunteur (mode forfaitaire) : 1 250 euros par mois (100% de la mensualité), versés directement à la banque jusqu'à la fin du prêt.
Bilan financier :
Revenus mensuels : 2 450 euros
Mensualité crédit : 0 euro (prise en charge par l'assurance)
Revenus disponibles : 2 450 euros
Thomas peut vivre avec 2 450 euros par mois. C'est moins confortable qu'avant (3 800 euros), mais il n'a plus de crédit à payer. Il garde son appartement. Il peut se concentrer sur sa santé et éventuellement une reconversion professionnelle légère.
Si le contrat avait été en mode indemnitaire : Perte de revenus = 3 800 - 2 450 = 1 350 euros. L'assurance aurait versé 1 250 euros (le plus petit entre la mensualité et la perte de revenus). Même résultat. Mais uniquement parce que la perte de revenus (1 350 euros) est supérieure à la mensualité (1 250 euros). Si Thomas avait eu une prévoyance plus généreuse, le mode indemnitaire aurait payé moins.
Scénario 2 : couple avec IPP sur l'un des deux, mode indemnitaire
Profil : Claire et Julien, 51 et 54 ans. Prêt de 280 000 euros sur 22 ans. Mensualité : 1 400 euros. Assurés tous les deux à 50/50 en décès, PTIA, IPT et IPP. Contrat en mode indemnitaire.
Événement : Julien développe une arthrose sévère du genou à 56 ans. Taux d'invalidité : 42%. IPP reconnue (entre 33% et 66%). Il continue à travailler à mi-temps dans un poste adapté.
Revenus avant invalidité :
Claire : 3 200 euros
Julien : 3 000 euros
Total : 6 200 euros
Revenus après invalidité :
Claire : 3 200 euros (inchangé)
Julien mi-temps : 1 500 euros
Pension d'invalidité Sécurité sociale (Julien) : 800 euros
Prévoyance d'entreprise (Julien) : 600 euros
Total : 6 100 euros
Perte de revenus de Julien : 3 000 - (1 500 + 800 + 600) = 100 euros seulement.
Indemnisation assurance emprunteur (mode indemnitaire + IPP 42%) :
Quotité de Julien : 50% du prêt
Mensualité couverte par Julien : 700 euros (50% de 1 400 euros)
Taux IPP : 42%
Perte de revenus : 100 euros
Calcul : l'assurance verse le minimum entre (42% de 700 euros) et (100 euros) = 100 euros.
Résultat : L'assurance verse 100 euros par mois. Les 600 euros restants (700 - 100) sur la part de Julien doivent être payés par le couple.
Bilan financier :
Revenus mensuels : 6 100 euros
Mensualité crédit : 1 400 euros
Dont pris en charge par l'assurance : 100 euros
Reste à payer : 1 300 euros
Revenus disponibles : 4 800 euros
Le couple s'en sort. Mais l'assurance emprunteur ne sert presque à rien (100 euros sur 1 400 euros). Si le contrat avait été en mode forfaitaire IPP, ils auraient touché 42% de 700 euros = 294 euros. Soit presque 3 fois plus.
Scénario 3 : emprunteur à mi-temps après invalidité, effet sur les prestations
Profil : Sophie, 53 ans, responsable logistique. Prêt de 190 000 euros sur 18 ans. Mensualité : 1 150 euros. Assurée à 100% en décès, PTIA, IPT et IPP. Contrat en mode forfaitaire.
Événement : Cancer du sein à 54 ans. Traitement lourd. Séquelles (fatigue chronique, neuropathie). Taux d'invalidité : 48%. IPP reconnue. Elle reprend à mi-temps thérapeutique.
Revenus avant invalidité : 3 400 euros net.
Revenus après invalidité :
Mi-temps thérapeutique : 1 700 euros
Pension d'invalidité Sécurité sociale (catégorie 1) : 950 euros
Pas de prévoyance d'entreprise (entreprise < 50 salariés)
Total : 2 650 euros
Indemnisation assurance emprunteur (mode forfaitaire + IPP 48%) :
Mensualité : 1 150 euros
Taux IPP : 48%
Contrat forfaitaire : l'assurance verse 48% de 1 150 euros = 552 euros par mois.
Bilan financier :
Revenus mensuels : 2 650 euros
Mensualité crédit : 1 150 euros
Dont pris en charge par l'assurance : 552 euros
Reste à payer : 598 euros
Revenus disponibles : 2 052 euros
Sophie s'en sort juste. Mais c'est serré. Si elle n'avait pas eu la garantie IPP (uniquement IPT dans son contrat), elle aurait dû payer 1 150 euros avec 2 650 euros de revenus. Impossible. Elle aurait probablement dû vendre son appartement.
Point important : Sophie travaille à mi-temps. Certains contrats IPP excluent les personnes qui reprennent une activité professionnelle, même partielle. Ils considèrent que si vous pouvez travailler, même à mi-temps, vous n'êtes pas "invalide" au sens du contrat. Vérifiez ce point dans vos conditions générales. Cherchez les mots "reprise d'activité" ou "activité professionnelle résiduelle". Si c'est exclu, vous ne toucherez rien en IPP si vous reprenez, même à 20%.
À retenir : l'indemnisation, ça se calcule avant
Forfaitaire ou indemnitaire. IPP ou IPT. Quotité 50/50 ou 100/100. Ces trois variables croisées déterminent combien vous toucherez réellement si vous basculez en invalidité. Et personne ne vous les explique clairement au moment de signer.
Résultat ? Vous pensez être bien couvert. Et le jour où vous tombez malade, vous découvrez que votre assurance ne paie que 30% de vos mensualités. Ou qu'elle déduit toutes vos autres prestations et ne verse rien du tout.
Ne laissez pas ça au hasard. Trois actions concrètes :
Demandez une simulation chiffrée à votre assureur actuel. Avec vos revenus, votre prévoyance, votre mensualité. Vous verrez noir sur blanc combien ils paieraient en IPT ou IPP.
Vérifiez votre mode d'indemnisation. Forfaitaire ou indemnitaire ? Si c'est indemnitaire et que vous avez une bonne prévoyance d'entreprise, changez de contrat.
Ajustez votre quotité si vous êtes en couple. 50/50, c'est rarement suffisant. Passez au minimum à 70/30, idéalement 100/100.
Testez notre simulateur. Deux minutes pour comprendre où vous en êtes. Et surtout, pour savoir si votre famille tiendra financièrement le jour où la vie vous met un coup de frein brutal.


