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Décès et PTIA : pourquoi il n'y a (presque) pas de délai de carence
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En bref : en assurance emprunteur, la garantie décès et la garantie PTIA ne comportent quasiment jamais de délai de carence. Vous êtes couvert dès la signature. Seule exception légale : le suicide, exclu la première année, sauf pour un prêt finançant la résidence principale, couvert dès la souscription dans la limite d'un plancher légal de 120 000 euros.
Vous signez votre offre de prêt un lundi. Vous décédez accidentellement le mardi. Votre assurance rembourse-t-elle le capital restant dû ?
Oui, dans l'immense majorité des contrats emprunteur. Contrairement à l'ITT ou à la perte d'emploi, la garantie décès est active quasiment dès le premier jour.
Pourquoi la garantie décès n'impose (presque) jamais de carence
Le délai de carence protège l'assureur contre une souscription opportuniste, faite en connaissance d'un risque déjà là. Pour le décès, ce raisonnement s'applique mal.
Un décès, sauf maladie déjà déclarée et dissimulée au questionnaire de santé, n'est pas un événement anticipable à court terme par l'assuré. L'assureur n'a donc pas de raison structurelle d'imposer une attente.
Résultat : sur les contrats d'assurance emprunteur, groupe comme délégation, la carence décès est quasi systématiquement nulle. Le service-public.gouv.fr confirme que le contrat peut techniquement en prévoir une, mais la pratique du marché en assurance de prêt reste la couverture immédiate.
La PTIA suit la même logique
La perte totale et irréversible d'autonomie (PTIA) est la garantie la plus proche du décès dans ses effets contractuels : elle entraîne le remboursement intégral du capital restant dû, comme si l'assuré était décédé.
Elle obéit donc à la même logique de carence quasi nulle. Un assuré ne peut pas anticiper une PTIA de la même manière qu'il pourrait anticiper un arrêt de travail programmé.
La garantie décès en assurance emprunteur détaille le fonctionnement complet de cette couverture, hors carence.
L'exception suicide : ce que prévoit vraiment la loi
C'est le seul cas légalement encadré. L'article L132-7 du Code des assurances pose une règle claire.
Première année du contrat : l'assurance décès est de nul effet si l'assuré se donne volontairement la mort. Aucune indemnisation n'est versée aux bénéficiaires pendant cette période.
À partir de la deuxième année : le suicide doit obligatoirement être couvert. L'assureur ne peut pas exclure ce risque au-delà de la première année.
En cas d'augmentation de garantie en cours de contrat, par exemple lors d'un rachat de crédit, ce délai de deux ans repart pour la seule part de garantie ajoutée.
Résidence principale : une couverture immédiate jusqu'à 120 000 euros
L'article L132-7 prévoit une exception majeure pour les prêts finançant l'achat d'une résidence principale, souscrits en contrat groupe. Dans ce cas précis, le suicide est couvert dès la souscription, sans attendre la deuxième année.
Cette couverture immédiate s'applique dans la limite d'un plancher légal fixé par l'article R132-5 du Code des assurances : 120 000 euros minimum par assuré. Certains assureurs choisissent de couvrir au-delà de ce plancher, dans leurs conditions générales propres.
Pour un prêt de 250 000 euros financé en résidence principale, la part au-delà de 120 000 euros peut donc, selon le contrat, rester soumise à l'exclusion de première année. Vérifiez ce point précis dans les conditions particulières, pas seulement dans la plaquette commerciale.
Situation | Couverture suicide |
|---|---|
Contrat classique, hors résidence principale | Exclu la 1ère année, couvert dès la 2ème |
Prêt résidence principale, contrat groupe | Couvert dès la souscription, jusqu'à 120 000 € minimum |
Part du prêt au-delà de 120 000 € | Selon contrat, parfois soumise à l'exclusion 1ère année |
Les exclusions de la garantie décès recensent l'ensemble des cas de non-couverture, au-delà du seul suicide.
Un exemple chiffré : Sophie, 34 ans, prêt de 280 000 euros
Sophie signe en février 2026 un prêt de 280 000 euros pour sa résidence principale, en contrat groupe bancaire.
Six mois plus tard, elle décède dans un accident de voiture. Sa garantie décès s'applique intégralement : les 280 000 euros restants dus sont remboursés à la banque. Aucune carence ne s'applique aux décès accidentels.
Un scénario différent : si Sophie s'était suicidée pendant cette même période, sa banque aurait perçu au minimum 120 000 euros, grâce au plancher légal applicable à la résidence principale. Le solde, entre 120 000 et 280 000 euros, aurait dépendu des conditions générales exactes de son contrat.
Le calcul du remboursement en cas de décès présente cinq exemples chiffrés selon la quotité choisie.
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Pourquoi l'assurance emprunteur diffère des contrats obsèques ou prévoyance classiques
Une confusion fréquente : penser que l'assurance décès d'un crédit immobilier fonctionne comme un contrat obsèques ou une assurance-vie classique souscrite en dehors d'un prêt. Ce n'est pas le cas sur la question de la carence.
Les contrats obsèques et certaines assurances-vie individuelles appliquent souvent une carence de plusieurs mois, parfois jusqu'à un an, en particulier pour un décès d'origine médicale. Cette prudence s'explique par l'absence de questionnaire de santé approfondi à la souscription de ces produits, plus accessibles et moins sélectifs.
L'assurance emprunteur fonctionne à l'inverse. Elle repose sur un questionnaire de santé détaillé, complété à la souscription. Cette sélection médicale en amont permet à l'assureur de se passer d'une carence générale sur le décès : le risque a déjà été évalué et tarifé au cas par cas.
Ne confondez donc pas les pratiques observées sur les produits d'épargne ou de prévoyance grand public avec celles de l'assurance de prêt immobilier, structurellement différentes sur ce point précis.
Carence et quotité : ce qui change pour un couple d'emprunteurs
Pour un prêt souscrit à deux, chaque co-emprunteur dispose généralement de sa propre garantie décès, avec sa propre quotité assurée. La carence, elle, s'applique de façon strictement individuelle.
Si l'un des deux emprunteurs a un antécédent médical déclaré nécessitant une surprime, cela n'allonge pas automatiquement la carence de son conjoint. Chaque quotité suit les conditions générales de la personne assurée, garantie par garantie.
En cas de décès de l'un des deux emprunteurs pendant la période couverte par la carence de son propre contrat uniquement, seule sa part de quotité est concernée par une éventuelle carence. La garantie du second emprunteur continue de fonctionner selon ses propres conditions, indépendamment du sinistre survenu sur la première tête assurée.
Le calcul du remboursement selon la quotité illustre ce mécanisme avec cinq configurations chiffrées différentes.
Et en cas d'accident, la carence existe-t-elle vraiment ?
Non. Pour un décès d'origine accidentelle, aucune carence ne s'applique, quel que soit le moment du sinistre après la signature. Le mois qui suit la souscription est aussi bien couvert que la dixième année du prêt.
La seule zone de vigilance concerne la déclaration de santé à la souscription. Si l'assuré a menti sur un antécédent médical en lien avec le décès, l'assureur peut invoquer la nullité du contrat pour fausse déclaration, indépendamment de toute question de carence.
Comment vérifier la carence décès de votre contrat
Trois réflexes avant de signer ou de changer d'assurance :
Chercher la clause suicide dans les conditions générales. Elle doit mentionner explicitement le délai de deux ans et, le cas échéant, l'exception résidence principale.
Vérifier le plafond de couverture immédiate si votre prêt dépasse 120 000 euros. Certains assureurs alternatifs couvrent l'intégralité du capital dès la souscription, un avantage réel en cas de rachat important.
Contrôler l'absence de carence générale sur la garantie décès elle-même, distincte de la clause suicide. Ce point figure dans le tableau récapitulatif des garanties, en annexe du contrat.
Comment vérifier le délai de carence avant de signer propose une checklist complète, applicable à toutes les garanties.
Pour aller plus loin
Carence assurance emprunteur : les délais avant d'être couvert, garantie par garantie
Invalidité IPT/IPP : quel délai de carence en assurance emprunteur ?
Fin de carence : à partir de quand êtes-vous vraiment couvert ?
Carence assurance groupe vs individuelle : qui vous couvre le plus vite ?
Délai de carence à vérifier avant de signer : la checklist de l'emprunteur
FAQ : carence de la garantie décès et PTIA
Y a-t-il un délai de carence pour la garantie décès en assurance emprunteur ?
Non, dans la quasi-totalité des contrats. La couverture décès est active dès la signature. Seule exception : le suicide, exclu pendant la première année sauf pour les prêts finançant la résidence principale.
Suis-je couvert si je décède accidentellement juste après la signature ?
Oui. Aucune carence ne s'applique aux décès d'origine accidentelle, quelle que soit la date du sinistre après la souscription. Le capital restant dû est remboursé intégralement, dans la limite de la quotité assurée.
Le suicide est-il vraiment exclu la première année du prêt ?
Oui, sauf exception. L'article L132-7 du Code des assurances exclut le suicide la première année. Pour un prêt finançant la résidence principale en contrat groupe, la couverture s'applique dès la souscription, dans la limite d'un plancher légal de 120 000 euros.
Que couvre exactement le plancher de 120 000 euros ?
Il garantit une couverture immédiate du suicide dès la souscription, pour la part du prêt jusqu'à ce montant, sur les prêts finançant la résidence principale en contrat groupe. Au-delà, la couverture dépend des conditions générales propres à chaque assureur.
La carence PTIA est-elle différente de la carence décès ?
Non. La PTIA suit la même logique : une carence quasi nulle dans la grande majorité des contrats emprunteur, car elle correspond à un risque tout aussi difficile à anticiper que le décès pour l'assuré.
Pour un couple d'emprunteurs, la carence s'applique-t-elle aux deux personnes en même temps ?
Non, la carence est individuelle. Chaque co-emprunteur suit les conditions générales de sa propre quotité. Un antécédent médical déclaré par l'un des deux n'allonge pas la carence de l'autre, sauf clause contractuelle spécifique.
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