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Contre-proposition assurance emprunteur : surprime ou exclusion, comment décoder et décider en 48 h ?
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En bref : Une contre-proposition en assurance emprunteur prend deux formes : une surprime (taux majoré) ou une exclusion de garantie (pathologie ou activité non couverte). Vous n'êtes jamais obligé d'accepter. La première étape est de calculer le surcoût réel en euros sur la durée totale du prêt, puis de comparer avec au moins deux autres assureurs. Une surprime de 50 % représente en moyenne 8 000 à 20 000 euros supplémentaires sur 20 ans selon le capital emprunté.
La lettre est arrivée. Elle ne dit pas "refus". Elle dit "acceptation sous conditions". Et ces conditions vous mettent mal à l'aise.
C'est la contre-proposition. La réponse la plus fréquente pour les profils à risque aggravé : diabétiques, personnes en surpoids, ex-fumeurs, professions physiques, antécédents cardiaques légers. L'assureur veut bien vous couvrir, mais à ses conditions.
Voici comment lire ce document, calculer ce qu'il vous coûte vraiment, et décider en 48 heures.
Qu'est-ce qu'une contre-proposition ? Les 3 formes possibles
La contre-proposition n'est pas un refus. C'est une acceptation conditionnelle. Elle peut prendre trois formes, parfois combinées :
La surprime : votre taux d'assurance est majoré d'un pourcentage défini. Une surprime de 75 % sur un taux de base de 0,20 % porte votre taux réel à 0,35 %. Elle s'applique à toutes les garanties ou à certaines seulement.
L'exclusion de garantie : une pathologie, une activité ou une cause précise est exclue du contrat. En cas de sinistre lié à cette cause, l'assureur ne paie pas. Les exclusions les plus courantes : pathologies dorsales, affections psychiatriques, sports à risque pratiqués régulièrement.
La limitation de garantie : une garantie est accordée mais avec des conditions restrictives. Exemple : l'ITT est couverte avec une franchise portée à 180 jours au lieu de 90 jours standard, ou avec une durée d'indemnisation plafonnée à 24 mois.
Ces trois formes peuvent se cumuler. Vous pouvez recevoir une surprime de 50 % ET une exclusion dorsale ET une franchise ITT allongée sur le même contrat.
Décoder la lettre de contre-proposition : les 5 éléments à lire en priorité
La lettre de contre-proposition contient plusieurs informations techniques. Voici ce qui compte vraiment.
1. Le taux de surprime en pourcentage : "majoration de 100 %" ne signifie pas que vous payez 100 % de plus au total. Cela signifie que le taux d'assurance est doublé. Si votre taux de base était de 0,25 %, il passe à 0,50 %.
2. La ou les garanties concernées : la surprime s'applique-t-elle à toutes les garanties ou seulement à l'ITT ? Une surprime limitée à la garantie invalidité a un impact bien moindre qu'une majoration globale.
3. La définition précise de l'exclusion : "exclusion des pathologies rachidiennes" couvre-t-elle uniquement les hernies discales ou aussi les douleurs lombaires fonctionnelles ? Les libellés vagues sont à clarifier par écrit avant signature.
4. La durée de validité de la proposition : en général 30 à 90 jours. Passé ce délai, l'assureur peut revoir ses conditions.
5. La clause de révision : certains contrats prévoient une révision des conditions après 2 ou 3 ans si votre état de santé s'améliore. Cette clause vaut de l'or si votre pathologie est traitable.
Calculer le coût réel d'une surprime : 3 exemples chiffrés
Le pourcentage de surprime ne dit rien. Ce qui compte, c'est l'euro supplémentaire sur 20 ans.
Exemple 1 - Marc, 45 ans, diabète type 2 contrôlé
Capital : 200 000 euros. Durée : 20 ans. Taux de base : 0,25 %. Surprime proposée : 100 %.
Taux réel : 0,50 % du capital initial
Prime mensuelle standard : 200 000 x 0,25 % / 12 = 41,67 euros
Prime mensuelle avec surprime : 200 000 x 0,50 % / 12 = 83,33 euros
Surcoût mensuel : 41,67 euros
Surcoût total sur 20 ans : 10 000 euros
Exemple 2 - Claire, 52 ans, profession BTP
Capital : 180 000 euros. Durée : 15 ans. Taux de base : 0,40 %. Surprime proposée : 75 % sur ITT uniquement.
ITT représente environ 35 % de la prime totale
Surcoût annuel : 180 000 x 0,40 % x 75 % x 35 % = 189 euros/an
Surcoût total sur 15 ans : 2 835 euros
Exemple 3 - Thomas, 38 ans, IMC 33, non-fumeur
Capital : 300 000 euros. Durée : 25 ans. Taux de base : 0,18 %. Surprime proposée : 50 %.
Taux réel : 0,27 %
Surcoût mensuel : 300 000 x 0,09 % / 12 = 22,50 euros
Surcoût total sur 25 ans : 6 750 euros
Ces 6 750 euros peuvent disparaître avec un devis en délégation individuelle auprès d'un autre assureur. Thomas a 25 ans devant lui pour optimiser. Calculez votre situation sur le simulateur Kidonk avant de signer quoi que ce soit.
L'exclusion de garantie : évaluer le risque réel
Une exclusion n'est pas neutre. Mais son impact dépend entièrement de votre situation personnelle.
Questions à poser avant d'accepter une exclusion :
Quelle est la probabilité réelle que cette pathologie déclenche un sinistre pendant la durée du prêt ? Une exclusion dorsale sur un prêt de 7 ans restant avec un dos traité et stabilisé est très différente d'une exclusion sur 25 ans avec des rechutes régulières.
Le prêt finance-t-il votre résidence principale ? Pour un investissement locatif, les loyers constituent un filet de sécurité. Pour votre logement, l'exclusion d'ITT sur une pathologie active peut créer une exposition réelle.
Avez-vous d'autres revenus ou protections ? Un fonctionnaire titulaire bénéficiant du maintien de salaire en arrêt maladie est moins exposé qu'un indépendant dont les revenus cessent dès le premier jour d'arrêt.
Que peut-on négocier, et comment formuler la demande ?
Les contre-propositions ne sont pas gravées dans le marbre. Deux éléments sont potentiellement négociables.
La surprime peut être réduite si vous fournissez des éléments médicaux complémentaires non présents dans le dossier initial. Un bilan récent montrant une amélioration de vos marqueurs biologiques, un compte-rendu de spécialiste attestant d'une stabilisation, une lettre de votre médecin traitant détaillant votre suivi.
Adressez cette demande par écrit au médecin-conseil de l'assureur via le service souscription. Formulez-la comme une demande de révision sur la base d'éléments complémentaires, pas comme une contestation.
L'exclusion peut être levée moyennant surprime dans certains cas. La plupart des assureurs proposent un "rachat d'exclusion" : vous payez une prime additionnelle pour que la garantie s'applique malgré la pathologie exclue. Demandez le coût de ce rachat avant de renoncer.
La formule de calcul des surprimes et leur mécanisme de ventilation vous aideront à vérifier si la contre-proposition est cohérente avec les pratiques du marché.
Accepter ou chercher ailleurs : la règle des 3 devis
Une contre-proposition d'un assureur ne représente pas le prix du marché pour votre profil. Elle représente le prix de cet assureur pour votre profil.
Avant de signer, obtenez au moins deux autres devis auprès d'assureurs en délégation individuelle. Les grilles varient significativement. Sur un profil diabétique contrôlé, la surprime peut aller de 50 % à 200 % selon la compagnie.
Les courtiers spécialisés risques aggravés ont accès à des assureurs que vous ne pouvez pas contacter directement. Ils connaissent les grilles et orientent votre dossier vers les assureurs les plus réceptifs à votre profil. C'est souvent la manière la plus rapide de trouver mieux que la contre-proposition reçue.
Refuser la contre-proposition : ce que ça implique pour votre crédit
Refuser une contre-proposition ne bloque pas automatiquement votre crédit. Voici ce qui se passe concrètement.
Si vous refusez et trouvez une couverture équivalente ailleurs à des conditions meilleures : aucun problème. Vous soumettez cette nouvelle assurance à votre banque via la procédure de délégation.
Si vous refusez sans alternative et que la contre-proposition était l'unique offre disponible : la banque peut conditionner le crédit à une assurance. Sans assurance acceptable, le crédit peut être bloqué.
Si vous refusez et cherchez d'autres assureurs sans succès : la convention AERAS s'applique. Elle force un réexamen de votre dossier par trois niveaux successifs avant tout refus définitif. Le guide AERAS post-refus détaille cette procédure.
Selon service-public.gouv.fr, votre banque dispose de 10 jours ouvrés pour accepter ou refuser un contrat de délégation. Profitez de ce délai pour explorer vos alternatives avant de signer la contre-proposition initiale.
Pour aller plus loin
Guide complet : acceptation, refus, contre-proposition en assurance emprunteur
Les critères exacts qui font basculer vers une contre-proposition ou un refus
Refus assureur vs refus banque : deux situations, deux recours
Refusé ici : comment trouver l'assureur qui accepte votre profil
FAQ
Puis-je négocier une surprime assurance emprunteur à la baisse ?
Oui, en fournissant des éléments médicaux complémentaires qui n'étaient pas dans le dossier initial : bilan récent montrant une amélioration des marqueurs biologiques, compte-rendu de spécialiste, attestation de stabilisation. La demande doit être adressée par écrit au médecin-conseil de l'assureur. Le résultat n'est pas garanti, mais la démarche est légitime et parfois efficace.
Une exclusion de garantie peut-elle être levée plus tard ?
Dans certains cas, oui. Si votre état de santé s'améliore de façon documentée, vous pouvez demander une révision des conditions. Certains contrats prévoient une clause de révision automatique après 2 ou 3 ans. Demandez-la explicitement lors de la souscription. La levée d'exclusion est soumise à l'accord du médecin-conseil.
Combien de temps ai-je pour répondre à une contre-proposition ?
En général 30 à 90 jours selon l'assureur. Passé ce délai, l'assureur peut modifier ses conditions ou vous demander de redéposer un dossier. Profitez de ce délai pour obtenir deux ou trois devis concurrents et comparer le coût total réel.
La banque peut-elle m'obliger à accepter la contre-proposition de son assurance groupe ?
Non. La loi Lagarde (article L.313-30 du Code de la consommation) garantit votre droit à la délégation d'assurance. La banque ne peut pas vous imposer son contrat groupe. Elle peut seulement exiger des garanties minimales équivalentes à celles définies dans sa Fiche Standardisée d'Information.

