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Assurance individuelle emprunteur : comment construire une couverture vraiment adaptée à votre profil

L'assurance individuelle ne se choisit pas comme une formule prédéfinie. Elle se construit, pièce par pièce, autour de votre profil réel.

C'est précisément ce qui la distingue du contrat groupe bancaire : là où la banque impose un taux unique et des options standards, l'assurance individuelle vous donne la main. Quotités, niveau de garanties, franchises, options complémentaires, exclusions à racheter : chaque paramètre est ajustable. Mais encore faut-il savoir quoi ajuster, et pourquoi.

Ce guide vous accompagne en cinq étapes pour construire une couverture qui colle exactement à votre situation en 2026.

Pourquoi le contrat groupe ne suffit plus à partir de 45 ans

À 30 ans, le groupe bancaire est souvent acceptable. Le taux mutualise les risques entre jeunes emprunteurs globalement sains, et l'écart avec un contrat individuel reste limité.

Passé 45 ans, la logique s'inverse.

Le contrat groupe applique un taux unique par tranche d'âge, calculé sur le capital initial emprunté. À 55 ans, ce taux dépasse couramment 0,80 à 0,90 % du capital initial, contre 0,40 à 0,60 % en délégation pour un profil équivalent. Sur un crédit de 250 000 euros sur 15 ans, l'écart représente plus de 15 000 euros de cotisations en trop.

Et le tarif n'est pas le seul problème. Les garanties du groupe se dégradent avec l'âge. L'ITT s'arrête à 65 ans. La franchise peut passer à 180 jours après 60 ans. Certaines pathologies courantes chez les 50-65 ans (dos chronique, dépression légère, hypertension traitée) se retrouvent exclues d'office.

L'assurance individuelle, elle, évalue votre dossier médical réel et vous propose une couverture proportionnée à ce que vous représentez effectivement comme risque. Pas à la moyenne de vos voisins.

Étape 1 - Choisir ses quotités : la décision la plus structurante

La quotité, c'est le pourcentage du capital couvert sur votre tête. La banque exige que le total des quotités des co-emprunteurs atteigne 100 %. Au-delà, vous surprotégez le prêt.

Pour un emprunteur seul

100 % sur votre tête. Aucune discussion. Toute décision différente expose votre succession.

Pour un couple

C'est là que le choix devient stratégique. Trois configurations possibles :

Configuration

Situation adaptée

Risque principal

50 % / 50 %

Revenus équivalents, profils similaires

Laisse 50 % à charge si l'un est invalide

70 % / 30 %

Apporteur principal identifiable

Sous-couverture du conjoint actif secondaire

100 % / 100 %

Revenus inégaux, risque professionnel asymétrique

Surprime mais protection totale

Un couple où l'un apporte 75 % des revenus et souscrit à 50 % s'expose à un reste à charge mensuel insoutenable en cas d'invalidité de l'apporteur. L'assurance individuelle permet à chaque co-emprunteur de souscrire à sa propre quotité optimale, avec son propre assureur si nécessaire. Le groupe impose une formule unique pour les deux.

Pour approfondir la logique des quotités pour les couples, l'article dédié à l'optimisation des quotités détaille les calculs par profil type.

Étape 2 - Identifier les garanties socles : ce qui n'est pas optionnel

Quatre garanties forment le socle de tout contrat sérieux.

Décès. Remboursement du capital restant dû à hauteur de votre quotité en cas de décès. Incontournable.

PTIA (Perte totale et irréversible d'autonomie). Couvre l'état de dépendance absolue nécessitant l'assistance d'une tierce personne pour les actes de la vie courante. Souvent associée au décès dans les contrats.

ITT (Incapacité temporaire totale de travail). Prend en charge les mensualités si vous êtes arrêté à 100 % pendant plus de 90 jours (franchise standard). La définition contractuelle de l'ITT varie selon les assureurs : certains exigent l'impossibilité d'exercer toute profession ("forfaitaire"), d'autres seulement la vôtre ("indemnitaire"). La définition indemnitaire est nettement plus protectrice.

IPT (Invalidité permanente totale). Déclenche la prise en charge si votre taux d'invalidité dépasse 66 %. En dessous, vous n'êtes pas couvert sauf si vous avez souscrit une IPP.

Ces quatre garanties sont présentes dans tous les contrats groupe et dans tous les contrats individuels. La vraie différence se joue sur leurs conditions d'application : les vraies différences entre garanties individuelles et groupe les détaillent point par point.

Étape 3 - Choisir ses options : le vrai terrain de différenciation

C'est ici que l'assurance individuelle déploie toute sa valeur. Les options disponibles varient d'un assureur à l'autre. Les plus pertinentes selon les profils :

IPP (Invalidité permanente partielle)

Couvre les invalités entre 33 % et 66 %. Pertinente pour les profils physiques (artisans, agriculteurs, professions de santé) chez qui une invalidité partielle peut réduire significativement la capacité de travail sans atteindre le seuil IPT.

Coût moyen en TAEA supplémentaire : +0,02 à +0,05 point.

ITP (Incapacité temporaire partielle)

Déclenche une prise en charge proratisée si vous travaillez à mi-temps thérapeutique. Le groupe bancaire standard ne couvre pas l'ITP, ou la plafonne à quelques mois. En individuel, certains contrats maintiennent la couverture pendant 3 ans.

Coût : +0,01 à +0,03 point. Très pertinent pour les TNS et les professions libérales.

MNO (Maladies non objectivables)

Le dos, la fibromyalgie, le burn-out, les troubles psy légers : autant de pathologies souvent exclues du groupe. Certains contrats individuels les couvrent via une option MNO. Elle ne s'applique généralement qu'après 30 ou 90 jours d'arrêt continu.

Pertinent pour les cadres sous pression, les profils ayant des antécédents de lombalgie ou d'épisodes dépressifs résolus.

Perte d'emploi

Couvre une partie des mensualités en cas de licenciement. Conditions strictes : CDI, période d'essai expirée, chômage indemnisé. TNS et fonctionnaires exclus. Pour un salarié en CDI stable, l'option peut valoir le coût sur les premières années du crédit.

Dépendance

Pertinente uniquement si vous empruntez au-delà de 65 ans ou sur une durée longue. La garantie décès/PTIA couvre déjà la dépendance absolue — l'option dépendance étend la couverture aux états intermédiaires.

Étape 4 - Gérer les exclusions et envisager le rachat

Toute assurance individuelle peut comporter des exclusions. Elles résultent de votre déclaration de santé : une pathologie signalée peut déboucher sur une exclusion partielle ou totale de la garantie correspondante.

Deux types d'exclusions :

Exclusion absolue. L'assureur ne prend pas en charge les sinistres liés à la pathologie déclarée, quelle qu'en soit la gravité. Exemple : exclusion des affections dorsales pour un candidat ayant signalé deux hernie discales.

Exclusion partielle (avec surprime possible). L'assureur couvre la pathologie mais avec une prime supérieure au taux de base, ou avec un délai de carence.

La stratégie : ne pas accepter une exclusion absolue sans avoir exploré le rachat. De nombreux assureurs individuels proposent un rachat d'exclusion moyennant une surprime et, parfois, des examens médicaux complémentaires.

Le rachat est possible à la souscription ou en cours de contrat si votre état de santé s'est amélioré. Pour les détails de procédure, consultez le guide complet sur le rachat d'exclusions.

Si votre profil de santé est complexe, un courtier spécialisé en assurance emprunteur peut obtenir des conditions qu'un particulier ne négocie jamais seul.

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Étape 5 - Prévoir l'évolution dans le temps

L'avantage que le groupe ne peut jamais vous offrir : la révision de votre couverture en cours de crédit.

La loi Lemoine (2022) a instauré la résiliation annuelle de l'assurance emprunteur à date anniversaire, sans frais ni justification. Elle s'applique à tous les contrats souscrits depuis le 1er septembre 2022. L'article L.313-30 du Code de la consommation encadre le droit à la délégation d'assurance depuis la loi Lagarde.

Ce droit devient un outil actif si votre situation change :

Arrêt du tabac. Après 2 ans d'abstinence, vous pouvez ressoumettre un questionnaire de santé et bénéficier du taux non-fumeur. Économie possible : 20 à 30 % sur la cotisation.

Rémission d'un cancer. La convention AERAS et le droit à l'oubli (5 ans après la fin du protocole thérapeutique pour la plupart des cancers) permettent de ne plus déclarer l'antécédent. Un nouveau contrat peut alors être souscrit sans surprime.

Perte de poids significative. Un IMC passé de 35 à 26 peut sortir d'une tranche de surprime. La renégociation du contrat est légitime.

Retour à l'emploi stable. Fin d'une période de travail en CDD ou de travail indépendant : un nouveau statut salarié en CDI peut améliorer votre cotation risque.

Chaque amélioration de santé ou de situation professionnelle est une occasion de faire jouer la concurrence. La délégation annuelle le rend possible. Le groupe, lui, ne réévalue jamais à la baisse.

Le tableau de synthèse : profil par profil

Profil

Quotité recommandée

Options prioritaires

Point de vigilance

Salarié sain < 40 ans

100 % (seul) ou 50/50 (couple équilibré)

Socle uniquement

Vérifier définition ITT indemnitaire

TNS / profession libérale

100 %

ITP + IPP

Franchise ITT à négocier (30 jours)

Couple mono-revenu

100 % sur apporteur + 30 % conjoint min

Décès + ITT renforcé

Quotité 50/50 insuffisante

Cadre 45-55 ans

100 %

MNO + IPP

Exclusions dos/psy à rachat

Santé avec antécédents

100 %

Rachat exclusion ciblé

Comparer avec/sans surprime

Senior 60-70 ans

100 %

Limiter les options superflues

Vérifier âge limite garanties

Pour aller plus loin

FAQ

Peut-on avoir deux assureurs différents sur le même crédit immobilier ?
Oui. En assurance individuelle, chaque co-emprunteur peut choisir son propre assureur. C'est même souvent la stratégie optimale pour un couple aux profils très différents : l'un souscrit auprès d'un assureur spécialisé en profils sains, l'autre auprès d'un opérateur acceptant les antécédents. La banque ne peut pas s'y opposer dès lors que les garanties minimales sont couvertes (équivalence de garanties).

Quelle est la franchise la plus courante en assurance individuelle ?
La franchise standard est de 90 jours en ITT. Certains contrats proposent 30 jours, notamment pour les TNS dont les revenus chutent dès le premier arrêt de travail. Une franchise à 30 jours coûte plus cher mais protège dès le troisième mois d'arrêt. À négocier selon votre capacité à absorber un arrêt court sans couverture.

L'assurance individuelle couvre-t-elle les maladies chroniques ?
Cela dépend du contrat. Les maladies chroniques déclarées au questionnaire médical peuvent entraîner une surprime ou une exclusion partielle. En revanche, une maladie chronique bien contrôlée (diabète de type 2 sous traitement stable, hypertension normalisée) peut être couverte sans exclusion dans un contrat individuel, ce que le groupe refuse systématiquement. Un courtier spécialisé peut identifier les assureurs les plus ouverts à ce type de dossier.

La loi Lemoine oblige-t-elle la banque à accepter mon nouveau contrat individuel ?
Oui. Depuis le 1er septembre 2022, vous pouvez résilier votre assurance emprunteur à tout moment, sans attendre la date anniversaire pour les contrats souscrits après cette date. La banque dispose de 10 jours ouvrés pour accepter ou refuser le nouveau contrat. Elle ne peut refuser que si les garanties proposées sont inférieures aux siennes sur au moins un critère de la liste standardisée de l'ACPR. L'article L.313-30 du Code de la consommation encadre ce droit.

Vaut-il mieux choisir un taux fixe ou un taux sur capital restant dû en assurance individuelle ?
En assurance individuelle, les contrats sont quasi exclusivement calculés sur le capital restant dû. Cela signifie que votre cotisation diminue au fil des remboursements, contrairement au groupe qui calcule souvent sur le capital initial. Sur 20 ans, cette différence peut représenter plusieurs milliers d'euros d'économies supplémentaires, indépendamment du taux affiché.

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