Fondamentaux

Garanties fondamentales

Comment prouver votre IPP : expertise médicale et documents à fournir

24 févr. 2026

Vous déclarez votre invalidité à l'assureur. Vous envoyez vos certificats médicaux. Et là, silence radio pendant des semaines.

Puis un courrier arrive : "Nous programmons une expertise médicale".

C'est quoi, exactement ? Qui est ce médecin expert ? Comment se déroule l'examen ? Quels documents apporter ? Comment se préparer pour maximiser ses chances d'obtenir le bon taux d'invalidité ?

La plupart des gens arrivent à cette expertise sans rien savoir du processus. Et ils découvrent trop tard qu'ils auraient pu mieux défendre leur dossier.

Ce guide vous explique tout. Le processus complet, de la déclaration à la fixation du taux. Les documents indispensables. Les pièges à éviter. Et surtout, comment vous préparer pour que le médecin expert comprenne vraiment l'impact de votre invalidité sur votre vie.

Le processus complet de déclaration IPP

Retraçons le parcours étape par étape. Parce que l'expertise n'est qu'une étape dans un processus plus large.

Étape 1 : Déclaration du sinistre

Dès que votre état de santé se stabilise (on parle de "consolidation"), vous devez déclarer votre invalidité à l'assureur.

Délai : Généralement sous 6 mois à partir de la consolidation. Vérifiez votre contrat, certains prévoient des délais plus courts.

Comment déclarer ?
Par courrier recommandé avec AR ou via l'espace client en ligne (selon les assureurs).

Documents à joindre dès cette étape :

  • Formulaire de déclaration de sinistre (fourni par l'assureur)

  • Certificat médical de votre médecin traitant décrivant vos séquelles

  • Tous les comptes-rendus médicaux (hospitalisation, opérations, examens)

  • Si accident du travail ou maladie professionnelle : attestation de reconnaissance par la Sécu

Cette première déclaration lance le chrono. L'assureur a généralement 30 jours pour vous répondre.

Étape 2 : Instruction du dossier

L'assureur examine vos documents. Il vérifie :

  • Que votre contrat couvre bien l'IPP (seuil, garanties)

  • Que vous êtes à jour de vos cotisations

  • Qu'il n'y a pas d'exclusion applicable (affection antérieure non déclarée, activité à risque)

  • Que la consolidation est effective (votre état est stabilisé)

Si le dossier est recevable, l'assureur mandate un médecin expert.

Délai : Comptez 15 à 45 jours entre la déclaration et la convocation à l'expertise.

Étape 3 : Convocation à l'expertise médicale

Vous recevez un courrier (recommandé) vous convoquant chez le médecin expert.

Informations dans la convocation :

  • Nom et adresse du médecin expert

  • Date et heure du rendez-vous

  • Liste des documents à apporter

  • Rappel de vos droits (vous pouvez vous faire accompagner, demander un report si empêchement majeur)

Important : Vous avez le droit de demander un report pour motif légitime (ex : vous êtes hospitalisé). Mais attention, un report injustifié peut être considéré comme une obstruction et retarder votre indemnisation.

Étape 4 : L'expertise médicale (on y revient en détail après)

Rendez-vous avec le médecin expert. Examen médical. Discussion. C'est le moment clé.

Durée : Entre 30 minutes et 2 heures selon la complexité de votre cas.

Étape 5 : Rapport d'expertise et fixation du taux

Le médecin expert rédige un rapport (10 à 30 pages selon les cas) et fixe votre taux d'invalidité.

Délai : 15 à 45 jours après l'expertise.

Le rapport est envoyé à l'assureur. Vous en recevez une copie.

Étape 6 : Décision de l'assureur

Sur la base du rapport, l'assureur prend sa décision :

  • Acceptation de la prise en charge IPP avec le taux fixé

  • Refus motivé (taux inférieur au seuil contractuel, exclusion applicable)

  • Demande de compléments d'information

Délai : 15 jours après réception du rapport d'expertise.

Si acceptation, l'indemnisation démarre généralement le mois suivant.

Délai total moyen

De la déclaration à la première indemnisation, comptez 3 à 6 mois en moyenne. Parfois plus si le dossier est complexe ou s'il y a contestation.

L'expertise médicale en détail

C'est le moment de vérité. Tout se joue ici. Voici comment ça se passe concrètement.

Qui est le médecin expert ?

Le médecin expert est un médecin indépendant mandaté (et payé) par l'assureur. Il n'est ni votre médecin, ni le médecin de l'assureur, mais un tiers censé être neutre.

Qualifications : Généralement spécialiste dans le domaine correspondant à votre pathologie (orthopédiste pour problèmes osseux, neurologue pour AVC, cardiologue pour problèmes cardiaques).

Rôle : Évaluer objectivement votre taux d'invalidité selon les barèmes officiels.

Neutralité ? En théorie, oui. En pratique, c'est l'assureur qui le paie. Il y a donc un biais potentiel. C'est pour ça qu'il faut bien préparer votre dossier.

Déroulement de l'expertise (étape par étape)

Accueil et vérification d'identité (5 min)
Vous présentez votre pièce d'identité. L'expert vérifie que c'est bien vous.

Présentation de votre dossier médical (10-15 min)
Vous donnez tous les documents que vous avez apportés. L'expert les consulte.

Interrogatoire médical (15-30 min)
L'expert vous pose des questions :

  • Antécédents médicaux

  • Historique de la pathologie ou de l'accident

  • Traitements suivis

  • Évolution depuis la consolidation

  • Impact sur votre vie quotidienne

  • Impact sur votre travail

C'est LE moment crucial. Soyez précis, factuel, honnête. Ne minimisez pas vos difficultés, mais n'en rajoutez pas non plus. L'expert sait détecter les exagérations.

Examen clinique (20-40 min)
L'expert vous examine physiquement :

  • Tests de mobilité (amplitude articulaire)

  • Tests de force musculaire

  • Tests de sensibilité (si neuropathie)

  • Examen neurologique (si séquelles cérébrales ou nerveuses)

  • Examen des cicatrices

Il prend des mesures précises, note tout.

Discussion et questions (10-15 min)
L'expert vous demande si vous avez des questions, si vous voulez ajouter des éléments. Profitez-en pour souligner les points que vous jugez importants.

Fin de l'expertise
L'expert vous explique la suite : il va rédiger son rapport sous 15 à 45 jours. Vous le recevrez par courrier.

Vos droits pendant l'expertise

Vous avez plusieurs droits fondamentaux :

Droit d'être accompagné
Vous pouvez venir avec un proche, votre médecin traitant, ou même votre propre médecin expert (à vos frais). Cette personne peut assister à l'expertise et poser des questions.

Droit de refuser certains actes
Si l'expert demande un examen que vous jugez invasif ou non justifié, vous pouvez refuser. Mais attention, un refus injustifié peut nuire à votre dossier.

Droit d'accès au rapport
Vous devez recevoir une copie complète du rapport d'expertise. Si l'assureur ne vous l'envoie pas spontanément, réclamez-le par courrier recommandé.

Droit de contestation
Si vous estimez que l'expertise est biaisée ou le taux injuste, vous pouvez demander une contre-expertise (on y revient).

Documents indispensables à apporter

Plus votre dossier est complet, mieux l'expert peut évaluer votre situation. Voici la liste exhaustive.

Documents médicaux obligatoires

Tous les comptes-rendus d'hospitalisation
Du jour de l'accident ou du diagnostic jusqu'à aujourd'hui. N'oubliez rien.

Comptes-rendus opératoires
Si vous avez été opéré, apportez les comptes-rendus détaillés des interventions.

Résultats d'examens complémentaires

  • IRM, scanner, radiographies

  • Examens biologiques (analyses de sang)

  • Tests fonctionnels (épreuves d'effort, spirométrie, tests neuropsychologiques)

  • Électromyogrammes (si atteinte nerveuse)

Certificats médicaux de votre médecin traitant
Un certificat circonstancié décrivant :

  • Vos séquelles

  • Leur impact fonctionnel

  • Les limitations qu'elles entraînent

  • L'évolution depuis la consolidation

Ordonnances en cours
Liste de tous vos traitements actuels (médicaments, kinésithérapie, appareillage).

Documents administratifs

Attestation de reconnaissance par la Sécurité sociale
Si vous avez été reconnu en invalidité, incapacité ou IPP par la Sécu, apportez l'attestation. Ça renforce votre dossier.

Si accident du travail : Notification de taux d'IPP par la CPAM
Si maladie professionnelle : Tableau de maladie professionnelle et taux
Si invalidité Sécu : Notification de pension d'invalidité avec catégorie

Attestation employeur (si vous travaillez encore)
Précisant votre temps de travail actuel (mi-temps, 80%, télétravail adapté) et les aménagements de poste éventuels.

Justificatifs de perte de revenus
Bulletins de salaire avant/après l'invalidité. Ça prouve concrètement l'impact financier.

Documents professionnels

Fiche de poste ou descriptif de votre métier
Surtout si votre contrat prévoit une évaluation en invalidité professionnelle. Décrivez précisément ce que vous faisiez avant et ce que vous ne pouvez plus faire.

Aménagements de poste
Si votre employeur a dû adapter votre poste (bureau assis/debout, logiciels spécifiques, réduction des déplacements), documentez-le.

Documents personnels (facultatifs mais utiles)

Journal de bord des difficultés quotidiennes
Si vous tenez un carnet notant vos douleurs, vos limitations, vos difficultés au jour le jour, apportez-le. Ça montre la réalité concrète de votre handicap.

Photos ou vidéos
Si vos séquelles sont visibles (cicatrices importantes, déformations, atrophie musculaire) ou si elles limitent votre mobilité, des photos peuvent aider.

Témoignages de proches
Attestations de votre conjoint, de collègues, de vos enfants décrivant l'impact de votre invalidité sur votre vie familiale et sociale. À utiliser avec parcimonie (l'expert privilégie les éléments médicaux).

Checklist : n'oubliez rien

Document

Statut

Où le trouver ?

Comptes-rendus hospitalisation

✅ Obligatoire

Hôpital, médecin traitant

Comptes-rendus opératoires

✅ Obligatoire

Chirurgien, hôpital

IRM / Scanner / Radios

✅ Obligatoire

Centre d'imagerie, hôpital

Certificat médical détaillé

✅ Obligatoire

Médecin traitant (à demander)

Ordonnances en cours

✅ Obligatoire

Pharmacie, médecin

Reconnaissance Sécu (si applicable)

⚠️ Recommandé

CPAM, Ameli.fr

Bulletins de salaire

⚠️ Recommandé

Employeur

Fiche de poste

⚠️ Recommandé

Service RH

Journal de bord

💡 Facultatif

Vous-même

Constituez un dossier papier organisé par ordre chronologique. Faites des copies, gardez les originaux.

Les barèmes médicaux utilisés

On en a parlé dans notre article sur les seuils IPP, mais approfondissons.

Barème du Concours médical (le plus utilisé)

C'est la bible des médecins experts en France. Publié et mis à jour régulièrement, il liste des milliers de pathologies avec un taux ou une fourchette de taux.

Comment il fonctionne :
Chaque séquelle est associée à un taux. Le médecin expert localise votre pathologie dans le barème, adapte le taux à votre situation spécifique (sévérité, âge, profession), et applique les règles de cumul si vous avez plusieurs séquelles.

Exemples de taux (fourchettes indicatives) :

Séquelle

Taux IPP

Amputation d'un pouce

15-20%

Amputation d'un avant-bras

50-60%

Perte totale de la vision d'un œil

25-30%

Cécité totale

85-100%

Surdité totale d'une oreille

10-15%

Surdité totale bilatérale

60-70%

Lombosciatique chronique invalidante

15-30%

Hernie discale opérée avec séquelles

10-20%

Fracture col du fémur avec séquelles

15-35%

Amputation d'une jambe sous le genou

40-50%

Amputation d'une jambe au-dessus du genou

60-70%

AVC avec hémiparésie légère

30-50%

AVC avec hémiplégie sévère

70-90%

Infarctus du myocarde avec insuffisance cardiaque

30-60%

Diabète type 1 bien équilibré

10-15%

Diabète type 1 avec complications (rétinopathie, neuropathie)

40-60%

Polyarthrite rhumatoïde modérée

20-40%

Polyarthrite rhumatoïde sévère avec déformations

50-80%

Ces fourchettes montrent bien que le taux final dépend de la sévérité de chaque cas.

Barème de l'Union des Assurances de Paris (UAP)

Alternative au barème du Concours médical. Fonctionne sur les mêmes principes, avec des taux parfois légèrement différents (écart de quelques points).

Les assureurs précisent généralement dans leurs Conditions Générales quel barème sera utilisé.

Règles de cumul des séquelles

Si vous avez plusieurs séquelles, on ne les additionne pas simplement. On applique la formule de Balthazard (ou formule de cumul).

Formule : Taux global = Taux 1 + [(100 - Taux 1) × Taux 2 / 100]

Si vous avez 3 séquelles ou plus, on cumule progressivement.

Exemple concret :
Vous avez trois séquelles suite à un accident de la route :

  • Fracture du bras : 20%

  • Fracture de la jambe : 25%

  • Traumatisme crânien léger : 15%

Addition simple (FAUX) : 20 + 25 + 15 = 60%
Cumul réel (JUSTE) :

  1. On part du taux le plus élevé : 25% (jambe)

  2. On ajoute le deuxième : 25 + [(100-25) × 20/100] = 25 + 15 = 40%

  3. On ajoute le troisième : 40 + [(100-40) × 15/100] = 40 + 9 = 49%

Résultat : 49% au lieu de 60%. La différence est énorme. Vous passez de l'IPP (indemnisation partielle) à... l'IPP aussi, mais avec un taux moindre.

Cette règle évite que des cumuls de petites séquelles donnent des taux aberrants supérieurs à 100%.

Comment bien se préparer à l'expertise

Vous ne pouvez pas tricher. Mais vous pouvez maximiser vos chances que l'expert comprenne vraiment votre situation.

Conseil 1 : Soyez factuel et précis

Ne dites pas "j'ai très mal". Dites "j'ai des douleurs lombaires cotées 7/10 sur l'échelle EVA, présentes 5 jours sur 7, aggravées par la station debout prolongée".

Ne dites pas "je ne peux plus rien faire". Dites "je ne peux plus porter plus de 5 kg, je ne peux plus rester debout plus de 30 minutes, je ne peux plus conduire plus d'une heure".

La précision donne de la crédibilité.

Conseil 2 : Décrivez votre quotidien

L'expert comprend mieux quand vous illustrez concrètement :

  • "Avant, je faisais mes courses seul. Aujourd'hui, j'ai besoin d'aide pour porter les sacs."

  • "Je ne peux plus jouer au foot avec mes enfants."

  • "Je dois faire des pauses toutes les heures au travail."

Ça humanise votre dossier.

Conseil 3 : Ne minimisez pas, mais n'exagérez pas non plus

Certains ont tendance à minimiser par pudeur ou stoïcisme. Erreur. Dites tout.

D'autres exagèrent en pensant obtenir un taux plus élevé. Grave erreur. Les médecins experts sont formés pour détecter les incohérences. Si vous dites que vous ne pouvez pas lever le bras et qu'on vous voit le faire naturellement, votre crédibilité s'effondre.

Soyez honnête. C'est la meilleure stratégie.

Conseil 4 : Apportez TOUS vos documents

Mieux vaut trop que pas assez. Un document que vous pensez anodin peut s'avérer crucial.

Conseil 5 : Demandez à votre médecin traitant un certificat circonstancié

Pas juste "M. X présente des séquelles suite à un AVC". Mais un certificat détaillé de 2-3 pages avec :

  • Description précise des séquelles

  • Examens cliniques réalisés (mobilité, force, sensibilité)

  • Traitements en cours et leur efficacité

  • Évolution depuis la consolidation

  • Pronostic (amélioration possible ? séquelles définitives ?)

  • Impact fonctionnel ET professionnel

Ce certificat est votre meilleur allié.

Conseil 6 : Si possible, faites-vous accompagner

Votre conjoint, un ami, votre médecin traitant. Cette personne peut :

  • Vous rassurer (c'est stressant)

  • Compléter vos réponses si vous oubliez des éléments

  • Témoigner de l'impact de votre invalidité au quotidien

  • Prendre des notes pendant l'expertise

Que faire si le taux fixé vous semble injuste ?

Le rapport arrive. Le taux est de 28%. Vous pensiez être à 38% minimum. Vous êtes sous le seuil IPP (33%). Vous ne touchez rien.

Vous avez des recours. On les a déjà évoqués dans l'article sur les seuils IPP, mais résumons.

Option 1 : Demander des explications à l'assureur

Contactez l'assureur. Demandez pourquoi tel taux a été retenu. Parfois, c'est une erreur matérielle (séquelle oubliée, mauvaise application du barème).

Option 2 : Faire établir un certificat médical complémentaire

Si des éléments n'ont pas été pris en compte, demandez à votre médecin un certificat complémentaire les détaillant. Envoyez-le à l'assureur en demandant une réévaluation.

Option 3 : Contre-expertise médicale

Vous mandatez votre propre médecin expert (600 à 1500€). Il procède à une nouvelle évaluation et rédige un rapport.

Si son taux est nettement supérieur à celui de l'expert de l'assureur, vous avez un argument pour contester.

Attention : l'assureur n'est pas obligé d'accepter la contre-expertise. Mais dans la pratique, si le rapport est solide, il ouvre souvent une négociation.

Option 4 : Expertise contradictoire (tierce expertise)

Si le désaccord persiste, vous pouvez demander une tierce expertise : un troisième médecin expert, choisi d'un commun accord entre vous et l'assureur, procède à un nouvel examen.

Son avis s'impose aux deux parties (selon les contrats).

Coût : partagé entre vous et l'assureur (50/50 généralement).

Option 5 : Médiation

Saisissez le Médiateur de l'assurance (gratuit). Il examine le dossier et rend un avis. Cet avis n'est pas contraignant, mais il a un poids moral.

Site : La Médiation de l'Assurance

Option 6 : Justice

Dernier recours. Saisine du tribunal. Procédure longue (2 à 4 ans), coûteuse (avocat obligatoire), aléatoire.

Privilégiez toujours la négociation et la médiation avant.

Besoin d'aide pour contester ? 👉 Nos partenaires courtiers et assureurs peuvent vous accompagner

Les pièges classiques à éviter

Quelques erreurs fréquentes qui peuvent plomber votre dossier.

Piège 1 : Arriver sans tous les documents

Vous vous présentez à l'expertise avec juste un certificat médical. L'expert ne peut pas évaluer correctement. Résultat : taux sous-estimé.

Solution : Checklist complète (voir plus haut).

Piège 2 : Être trop stoïque

"Oui, j'ai un peu mal, mais ça va." L'expert retient "ça va". Votre taux sera minoré.

Solution : Décrivez factuellement la réalité de vos douleurs et limitations.

Piège 3 : Exagérer

À l'inverse, si vous en rajoutez (simulations, incohérences), l'expert le détecte. Votre crédibilité s'effondre. Il peut même soupçonner une tentative de fraude.

Solution : Honnêteté absolue.

Piège 4 : Ne pas mentionner toutes les séquelles

Vous vous concentrez sur la séquelle principale (ex : fracture du bras) et oubliez de mentionner les séquelles secondaires (douleurs chroniques, troubles du sommeil, anxiété post-traumatique).

Or, avec le cumul, ces petites séquelles peuvent faire passer votre taux de 32% à 38%.

Solution : Listez TOUTES vos séquelles, même celles qui vous semblent mineures.

Piège 5 : Ne pas demander une copie du rapport

Certains assureurs envoient juste le résultat (taux fixé) sans le rapport complet. Vous ne pouvez pas contester efficacement.

Solution : Exigez systématiquement le rapport complet.

Piège 6 : Laisser passer les délais

Vous avez 2 mois pour contester après réception du rapport. Passé ce délai, c'est trop tard.

Solution : Dès réception, lisez le rapport et agissez rapidement si besoin.

Synthèse : votre plan d'action

Récapitulons. Voici votre plan d'action complet pour maximiser vos chances.

Avant l'expertise

Constituez un dossier médical complet
Tous les documents listés plus haut. Organisez-les chronologiquement.

Demandez un certificat circonstancié à votre médecin
2-3 pages détaillées sur vos séquelles et leur impact.

Listez toutes vos séquelles
Même les "petites". Le cumul peut changer la donne.

Préparez vos réponses
Notez à l'avance les limitations concrètes que vous rencontrez au quotidien et au travail.

Décidez si vous vous faites accompagner
Conjoint, ami, médecin traitant. Prévenez l'expert à l'avance.

Pendant l'expertise

Soyez factuel, précis, honnête
Ni minimisation, ni exagération.

Décrivez votre quotidien concrètement
Illustrez avec des exemples précis.

Mentionnez toutes les séquelles
N'oubliez rien.

Posez des questions
Si vous ne comprenez pas une question ou un geste, demandez.

Prenez des notes
Ou faites-les prendre par votre accompagnant.

Après l'expertise

Demandez une copie du rapport complet
Par courrier recommandé si l'assureur ne l'envoie pas spontanément.

Analysez le rapport en détail
Vérifiez que toutes vos séquelles ont été prises en compte. Vérifiez le calcul du cumul.

Si le taux vous semble injuste : agissez vite
Vous avez 2 mois. Contre-expertise, médiation, ou négociation.

Si le taux est accepté : vérifiez le calcul de l'indemnisation
Assurez-vous que l'assureur applique bien la formule et votre quotité.

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