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Tarification et coûts
Les tarifs assurance emprunteur ont-ils augmenté en 2025-2026 ? Tendances et causes
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Les contrats groupe bancaires ont subi une hausse de 3 à 5 % en 2025 selon les données des comparateurs de marché. Les contrats en délégation individuelle sont restés stables, voire ont légèrement baissé sur les profils jeunes. L'écart entre les deux marchés s'est donc creusé d'une nouvelle coche.
Ces tendances ne viennent pas d'un choc ponctuel. Elles reflètent deux dynamiques structurelles opposées : un groupe soumis à des pressions de coût croissantes, une délégation maintenue par la concurrence forcée de la loi Lemoine.
Ce que les données disponibles indiquent
Les organismes officiels, ACPR (Autorité de Contrôle Prudentiel et de Résolution) et CCSF (Comité Consultatif du Secteur Financier), ne publient pas de séries temporelles détaillées sur les taux d'assurance emprunteur par type de contrat et par tranche d'âge. Leurs rapports agrègent les données à un niveau qui ne permet pas de suivre les évolutions annuelles fines.
Les données disponibles proviennent de trois sources complémentaires.
Le baromètre APCADE/April, publié annuellement, mesure les économies réalisées par les emprunteurs ayant changé d'assurance. Il ne publie pas de taux moyens mais permet de déduire les tendances d'écart entre groupe et délégation.
Les comparateurs de marché (Assurland, Magnolia, Mafusee) collectent les grilles tarifaires des principaux assureurs. Ils constatent sur 2025 une hausse de 3 à 5 % des primes groupe sur les tranches d'âge les plus élevées (50-70 ans), et une relative stabilité sur les profils jeunes.
Les données de la Banque de France sur les taux de crédit permettent de contextualiser : les taux immobiliers sont passés de 4,30 % fin 2023 à environ 3,20-3,40 % début 2026. Cette baisse des taux de crédit n'a pas entraîné de baisse des primes d'assurance.
La conclusion de ces trois sources convergentes : l'assurance emprunteur suit une logique tarifaire indépendante du crédit immobilier.
L'évolution du groupe : une hausse modérée mais structurelle
Les chiffres disponibles
Les comparateurs de marché signalent une hausse des primes groupe de l'ordre de 3 à 5 % en 2025 sur l'ensemble des tranches d'âge. La hausse est plus marquée sur les profils 50-65 ans (+5 à 8 %) que sur les profils jeunes (+2 à 3 %).
Ces données ne sont pas officielles au sens de l'ACPR, mais elles sont cohérentes avec trois facteurs structurels documentés.
Facteur 1 : le vieillissement du portefeuille
L'allongement de la durée des prêts et l'accès tardif à la propriété font que la population des emprunteurs vieillit. Un emprunteur de 55 ans en 2026 représente un risque statistique de sinistre deux fois plus élevé qu'en 2010, ce qui pèse sur les grilles tarifaires mutualisées.
Facteur 2 : l'inflation des coûts médicaux
L'indemnisation des sinistres ITT (incapacité temporaire totale) et IPT (invalidité permanente totale) est corrélée aux revenus des assurés. La hausse des salaires moyens en France (+3 à 4 % par an entre 2022 et 2025) a mécaniquement augmenté le coût des prestations versées en cas de sinistre.
Facteur 3 : la hausse des coûts de réassurance
Les assureurs cèdent une partie de leur risque à des réassureurs internationaux. Les taux de réassurance ont augmenté en 2023-2024 (impact des crises sanitaires post-Covid, hausse des catastrophes naturelles), ce qui se répercute progressivement sur les primes des assurés finaux.
Ce que ces hausses signifient pour vous
Une hausse de 5 % sur un taux groupe de 0,85 % (profil 57 ans) donne un nouveau taux de 0,89 %. En valeur absolue sur un prêt de 150 000 € sur 15 ans, c'est une prime annuelle supplémentaire de 60 €, soit 900 € sur la durée totale. Pas dramatique isolément.
Mais cette hausse s'accumule. Depuis 2020, les primes groupe ont progressé de 12 à 18 % selon les tranches d'âge. Sur un prêt long, cet effet cumulé dépasse 3 000 à 5 000 €.
La délégation : pourquoi les tarifs résistent à la hausse
La pression concurrentielle post-Lemoine
La loi Lemoine, entrée en vigueur en juin 2022, a instauré la résiliation à tout moment de son assurance emprunteur, sans délai ni pénalité après la première année. Cette mesure a changé le rapport de force entre assureurs.
Avant Lemoine, la fidélisation était quasi automatique : un emprunteur restait avec le contrat de sa banque par inertie et par méconnaissance de ses droits. Après Lemoine, chaque assureur sait que son contrat peut être résilié demain si un concurrent propose mieux.
Cette pression a contraint les assureurs alternatifs à maintenir leurs tarifs. Elle a aussi incité certaines banques à légèrement réviser leurs offres groupe à la baisse sur les profils jeunes, pour limiter les départs vers la délégation.
La segmentation fine des risques
Les assureurs alternatifs utilisent des grilles tarifaires personnalisées. Un profil jeune non-fumeur sans antécédent paie très peu, ce qui permet à l'assureur de rester compétitif sur ce segment sans rogner ses marges sur les profils à risque.
Le groupe, à l'inverse, mutualise. La hausse des coûts sur les profils âgés se répercute sur tous les assurés de la tranche. Un emprunteur de 38 ans en bonne santé finance partiellement les sinistres de ses co-assurés de 58 ans.
La numérisation réduit les coûts de gestion
Les contrats en délégation distribuent depuis 5 ans via des plateformes numériques qui ont réduit les coûts d'acquisition client et de gestion de sinistres. Ces économies d'échelle permettent de maintenir des tarifs bas même quand les coûts de réassurance augmentent.
L'effet Lemoine sur le comportement des emprunteurs
Depuis juin 2022, les données du marché montrent une accélération du nombre de changements d'assurance. La part de la délégation dans le stock total de prêts est passée de 16 % en 2021 à 19 % fin 2025. La progression est réelle mais plus lente que prévu par les promoteurs de la réforme.
Pourquoi si lent ? Le baromètre APCADE 2025-2026 pointe deux obstacles majeurs : 38 % des banques dépassent le délai légal de 10 jours ouvrés pour répondre à une demande de substitution, et 41 % des emprunteurs rencontrent des difficultés administratives lors de la démarche. La résiliation infra-annuelle est un droit, mais son exercice reste freiné.
Ces obstacles sont légalement contestables. La DGCCRF a prononcé 700 000 € d'amendes contre quatre banques en octobre 2025 pour non-respect de la procédure de substitution. La pression réglementaire augmente.
Le benchmark 2026 en perspective historique
Pour mesurer l'évolution tarifaire, il faut une référence comparative. Le benchmark des taux 2026 permet cette lecture.
Tranche d'âge | Taux groupe estimé 2024 | Taux groupe 2026 | Variation |
|---|---|---|---|
Moins de 35 ans | 0,22-0,36 % | 0,25-0,38 % | +3 % env. |
35-45 ans | 0,28-0,40 % | 0,30-0,42 % | +3-5 % |
46-55 ans | 0,38-0,62 % | 0,40-0,65 % | +5 % |
55-60 ans | 0,76-0,86 % | 0,80-0,90 % | +4-5 % |
60-65 ans | 1,05-1,18 % | 1,10-1,23 % | +5 % |
65-70 ans | 1,33-1,43 % | 1,40-1,50 % | +5-7 % |
Estimations basées sur les données comparateurs 2024-2025-2026. Sources : Assurland, baromètre APCADE/April. Les données officielles ACPR agrègent sans distinction par type de contrat.
Les taux délégation pour les profils standards ont peu évolué sur la même période. L'écart groupe/délégation s'est donc marginalement creusé, surtout sur les tranches 55-70 ans où la hausse groupe est la plus marquée.
Ce que les taux de crédit ne changent pas
Une question revient souvent : si les taux de crédit ont baissé depuis leur pic de 2023, est-ce que les taux d'assurance ont suivi ?
Non. Les deux marchés suivent des logiques indépendantes.
Les taux de crédit dépendent de la politique monétaire de la BCE, des taux OAT et des marges bancaires. L'assurance dépend de la sinistralité des portefeuilles, des coûts de réassurance et de la démographie des emprunteurs.
La baisse des taux de crédit (de ~4,30 % fin 2023 à ~3,30-3,40 % en 2026) a fait baisser les mensualités crédit. Elle n'a aucun impact sur la prime d'assurance. Un emprunteur qui profite de la baisse des taux pour renégocier son crédit doit aussi réévaluer son assurance, car la prime groupe reste calculée sur le capital initial et n'évolue pas avec le taux d'intérêt.
Perspectives 2026-2027 : les tendances prévisibles
Sans choc macro-économique majeur, deux tendances devraient se confirmer d'ici fin 2027.
Côté groupe. Une hausse modérée de 3 à 5 % par an semble probable, portée par l'inflation des coûts médicaux et le vieillissement du portefeuille. Les banques feront face à un arbitrage : maintenir leurs marges au risque d'accélérer les départs vers la délégation, ou réduire leurs taux pour fidéliser les profils jeunes à forte valeur commerciale.
Côté délégation. La pression concurrentielle devrait maintenir les tarifs stables sur les profils standards. La seule hausse prévisible concerne les profils à risque aggravé (65 ans et plus, antécédents lourds), où la sinistralité réelle augmente et où les assureurs alternatifs ont moins de marge de manœuvre.
L'écart groupe/délégation. Il devrait continuer de se creuser lentement. Chaque point de hausse groupe qui ne se répercute pas en délégation renforce l'argument économique de la substitution. La délégation gagne du terrain, mais la domination bancaire reste forte : au rythme actuel (+1 point de marché par an), la parité ne sera pas atteinte avant 2030.
Consultez le simulateur Kidonk pour estimer l'impact de ces tendances sur votre situation personnelle en 2026.
FAQ - Évolution des tarifs assurance emprunteur 2024-2026
Les tarifs d'assurance emprunteur ont-ils augmenté en 2025 ?
Oui, selon les données des comparateurs de marché. Les contrats groupe ont subi une hausse de 3 à 5 % en 2025 selon les tranches d'âge, plus marquée sur les profils 50-70 ans (+5 à 8 %). Les contrats en délégation individuelle sont restés globalement stables pour les profils standards, en raison de la pression concurrentielle instaurée par la loi Lemoine depuis 2022.
Pourquoi les taux d'assurance augmentent-ils quand les taux de crédit baissent ?
Les deux marchés suivent des logiques indépendantes. Les taux de crédit dépendent de la politique monétaire et des marchés obligataires. Les primes d'assurance dépendent de la sinistralité réelle des portefeuilles, des coûts de réassurance et de la démographie des emprunteurs. La baisse des taux de crédit depuis 2024 n'a pas d'impact sur les primes d'assurance emprunteur.
La loi Lemoine a-t-elle fait baisser les tarifs d'assurance emprunteur ?
Indirectement, oui. La résiliation infra-annuelle, instaurée en juin 2022, a créé une pression concurrentielle qui a maintenu les tarifs délégation stables ou à la baisse sur les profils jeunes. Certaines banques ont aussi revu leurs offres groupe sur les jeunes profils pour limiter les départs. Mais la progression de la délégation reste lente : 19 % du stock fin 2025, contre 16 % en 2021.
L'assurance emprunteur coûtera-t-elle plus cher en 2027 qu'en 2026 ?
Très probablement pour les contrats groupe, avec une hausse prévisible de 3 à 5 % par an portée par le vieillissement du portefeuille et l'inflation des coûts médicaux. Les contrats délégation devraient rester stables sur les profils standards, mais peuvent subir des hausses sur les profils âgés (65 ans et plus) où la sinistralité réelle augmente.
Comment savoir si mon taux actuel a augmenté depuis la souscription ?
Si vous avez un contrat groupe sur capital initial, votre prime mensuelle n'a pas changé depuis la souscription (c'est sa définition). Si vous avez un contrat délégation sur capital restant dû, votre prime a normalement baissé chaque année à mesure de vos remboursements. Comparez votre prime actuelle à votre tableau initial pour vérifier. Si votre prime délégation a augmenté, vérifiez si votre assureur a appliqué une révision de tarif, ce qui peut déclencher un droit à résiliation.
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