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Invalidité assurance crédit : quelles différences entre IPP, IPT et PTIA ?
16 févr. 2026
Vous avez signé votre crédit immobilier il y a cinq ans. Tout roule. Et puis un jour, l'accident. Une chute dans les escaliers, un diagnostic médical qui tombe comme un couperet. Vous vous retrouvez avec un taux d'invalidité de 45%. Votre banque parle de garanties IPP, IPT, PTIA. Vous hochez la tête. Mais franchement, vous ne savez pas vraiment ce que ça change pour vos mensualités.
Pas de panique. Ces trois lettres sont là pour vous protéger, pas pour vous embrouiller. Décryptons ensemble ce qui se cache derrière IPP, IPT et PTIA. Et surtout, ce que ça signifie concrètement si la vie vous met un coup de frein brutal.
Rappel : pourquoi la banque impose une assurance emprunteur ?
Avant de plonger dans les acronymes, une évidence. Quand vous empruntez 250 000 euros sur 20 ans, la banque prend un risque. Si vous ne pouvez plus payer, elle doit récupérer son argent. L'assurance emprunteur, c'est son filet de sécurité. Mais aussi le vôtre.
Imaginez. Vous êtes seul emprunteur. Un accident grave vous laisse dans l'incapacité de travailler. Sans assurance, vos proches héritent de votre dette. Avec une bonne couverture invalidité, c'est l'assurance qui prend le relais. La nuance est de taille.
Depuis la loi Lemoine de 2022, vous pouvez changer d'assurance à tout moment. Parfait pour ajuster vos garanties selon votre profil. Mais encore faut-il comprendre ce que vous signez.
PTIA : la perte totale et irréversible d'autonomie
Définition simple de la PTIA
La PTIA, c'est le niveau d'invalidité le plus grave. On parle d'une personne qui ne peut plus accomplir seule les actes élémentaires de la vie quotidienne. Se laver, s'habiller, se nourrir, se déplacer. Si vous avez besoin d'une aide permanente pour au moins trois de ces actes, vous entrez dans la catégorie PTIA.
Concrètement ? Un accident vasculaire cérébral sévère, un traumatisme crânien lourd, une tétraplégie. Des situations où votre autonomie est anéantie. La PTIA est souvent couplée à la garantie décès dans les contrats d'assurance emprunteur. Pourquoi ? Parce que l'impact sur le crédit est identique : impossible de continuer à rembourser.
Selon Service-Public.fr, la reconnaissance de la PTIA passe par un médecin-conseil qui évalue votre état de santé selon des barèmes précis. Pas de place à l'improvisation.
Comment la PTIA rembourse le capital restant dû
Quand la PTIA est reconnue, l'assurance rembourse généralement le capital restant dû en une seule fois. Admettons que vous deviez encore 180 000 euros à la banque. L'assureur verse cette somme directement à l'établissement prêteur. Votre crédit est soldé. Vos proches n'ont plus rien à payer.
Attention toutefois à la quotité. Si vous êtes assuré à 100%, tout est remboursé. Mais si vous êtes deux co-emprunteurs assurés chacun à 50%, seule la moitié du capital sera prise en charge. L'autre emprunteur devra continuer à assumer sa part. Un détail qui peut coûter cher en cas de mauvaise anticipation.
La PTIA n'est pas automatique. Il faut la déclarer rapidement, fournir un dossier médical solide et parfois passer par une contre-expertise. Les délais peuvent être longs. Plusieurs mois entre le diagnostic et le versement effectif. Mais une fois validée, la protection est totale.
IPT : l'invalidité permanente totale à partir de 66%
Seuil d'invalidité ≥ 66% et impossibilité d'exercer une activité professionnelle
L'IPT, c'est un cran en dessous de la PTIA. Vous n'avez pas perdu toute autonomie, mais vous ne pouvez plus exercer d'activité professionnelle. Le seuil ? Un taux d'invalidité égal ou supérieur à 66%. Ce taux est fixé par le médecin-conseil de votre assurance, parfois en coordination avec la Sécurité sociale.
Prenons un exemple. Vous êtes commercial, 52 ans. Un accident de voiture vous laisse avec des séquelles neurologiques et une mobilité réduite au bras droit. Vous pouvez encore vous habiller, manger seul, mais impossible de conduire ou de porter une mallette. Votre médecin estime votre invalidité à 70%. Vous basculez en IPT.
Contrairement à la PTIA, vous gardez une certaine autonomie dans votre vie quotidienne. Mais professionnellement, c'est terminé. Et c'est là que l'assurance intervient. Ameli.fr précise que la Sécurité sociale reconnaît l'invalidité dès que la capacité de gain est réduite d'au moins deux tiers.
En quoi l'IPT se distingue de la PTIA
La différence entre IPT et PTIA tient à l'autonomie. En PTIA, vous ne pouvez plus vivre sans assistance. En IPT, vous vivez de façon autonome, mais vous ne travaillez plus.
Autre distinction : le mode d'indemnisation. En PTIA, c'est souvent un remboursement total du capital. En IPT, cela dépend des contrats. Certains remboursent le capital restant dû en une fois. D'autres prennent en charge les mensualités mois après mois, à hauteur de votre quotité assurée.
Si vous êtes assuré à 100% en IPT, vos mensualités de crédit sont intégralement payées par l'assurance jusqu'à la fin du prêt. Si vous êtes assuré à 50%, l'assurance paie la moitié. Vous (ou votre co-emprunteur) assumez le reste. C'est pour cela qu'on dit souvent que l'IPT est une garantie essentielle pour les emprunteurs de 40 à 65 ans. C'est l'âge où le risque d'accident grave ou de maladie chronique monte en flèche.
IPP : entre 33% et 66%, l'invalidité permanente partielle
Taux entre 33 et 66%, incapacité partielle à exercer son métier
L'IPP, c'est la zone grise. Vous êtes diminué, mais pas totalement hors-jeu. Votre taux d'invalidité se situe entre 33% et 66%. Vous pouvez encore travailler, mais à capacité réduite. Parfois à temps partiel. Parfois dans un autre métier, moins exigeant physiquement.
Exemple concret. Vous êtes maçon, 48 ans. Une hernie discale chronique vous empêche de porter des charges lourdes. Votre médecin évalue votre invalidité à 40%. Vous pouvez vous reconvertir dans un poste administratif sur chantier. Mais vos revenus chutent. Et vos mensualités de crédit, elles, restent fixes.
C'est là que l'IPP entre en jeu. Mais attention, cette garantie n'est pas systématiquement incluse dans tous les contrats. Certains assureurs la proposent en option. D'autres l'intègrent d'office. Vérifiez bien votre contrat actuel. Ou changez d'assurance emprunteur pour une meilleure protection.
Prise en charge seulement partielle des mensualités
Avec l'IPP, l'assurance ne rembourse pas tout. La prise en charge est proportionnelle à votre taux d'invalidité. Si votre taux est de 40%, certains contrats couvrent 40% de vos mensualités. D'autres appliquent une grille spécifique définie au contrat.
Reprenons notre maçon. Mensualité de 1 200 euros. Taux IPP de 40%. Selon le contrat, l'assurance peut payer 480 euros par mois (40% de 1 200 euros). Vous devez assumer les 720 euros restants. C'est mieux que rien. Mais ce n'est pas non plus la protection totale offerte par l'IPT.
Certains contrats appliquent aussi des franchises. Pas de versement avant 90 jours d'invalidité, par exemple. Ou des limitations de durée. L'IPP peut être versée pendant 3 ans maximum dans certains contrats, puis s'arrêter même si votre état ne s'améliore pas. Là encore, tout dépend de ce que vous avez signé.
Un conseil ? Si vous avez un métier physique (BTP, artisan, agriculteur), l'IPP est indispensable. Ne la négligez pas. Elle représente souvent la différence entre tenir financièrement ou sombrer après un accident.
Quel combo de garanties pour un emprunteur de 40-65 ans ?
Résidence principale : décès, PTIA, IPT, IPP et ITT souvent exigés
Pour un crédit immobilier classique destiné à votre résidence principale, la banque impose généralement le pack complet. Décès, PTIA, IPT. Parfois IPP et ITT (incapacité temporaire de travail). Pourquoi ? Parce qu'entre 40 et 65 ans, les risques augmentent. Maladies cardiaques, cancers, accidents graves. La banque veut s'assurer que son prêt sera remboursé quoi qu'il arrive.
Si vous empruntez à deux, la répartition de la quotité devient stratégique. Imaginons un couple où l'un gagne 4 000 euros, l'autre 2 000 euros. Opter pour une quotité 100/100 (chacun assuré à 100%) coûte plus cher, mais offre une sécurité maximale. En cas d'invalidité de l'un, l'assurance rembourse tout. L'autre peut continuer à vivre sans porter seul le fardeau du crédit.
Alternative moins onéreuse : une répartition 70/30 ou 60/40, calée sur les revenus. Mais attention. Si celui qui gagne le plus tombe en IPT, l'autre devra assumer 30% ou 40% des mensualités. Pas toujours évident avec un seul salaire.
Comparez vos garanties actuelles pour voir si votre protection est vraiment adaptée à votre situation. Deux minutes de simulation peuvent vous faire économiser des milliers d'euros tout en renforçant vos garanties.
Cas d'un investissement locatif et garanties moins étendues
Pour un investissement locatif, la logique change. Vous empruntez pour louer, pas pour habiter. Les loyers perçus remboursent en partie (ou totalement) vos mensualités. La banque est donc moins exigeante sur les garanties. Souvent, décès et PTIA suffisent. L'IPT et l'IPP deviennent optionnelles.
Est-ce pour autant une bonne idée de les écarter ? Pas forcément. Si vous tombez en invalidité et que vous ne pouvez plus compléter les mensualités avec vos revenus personnels, vous risquez de vendre le bien en catastrophe. Ou pire, de subir une saisie.
Un investisseur avisé gardera au minimum la garantie IPT. Surtout s'il compte sur les revenus locatifs pour préparer sa retraite. Entre 50 et 65 ans, c'est justement la période où l'on veut sécuriser son patrimoine. Pas le démolir à cause d'une maladie ou d'un accident imprévu.
Dernier point : certains contrats permettent de moduler les garanties selon les prêts. IPT + IPP sur la résidence principale, décès + PTIA uniquement sur l'investissement locatif. C'est l'un des avantages de la délégation d'assurance. Vous taillez votre protection sur mesure, au lieu de subir un contrat groupe standardisé.
À retenir : trois niveaux, trois protections
PTIA : vous ne pouvez plus rien faire seul. L'assurance solde votre dette.
IPT : vous ne pouvez plus travailler. L'assurance rembourse le capital ou prend en charge vos mensualités.
IPP : vous travaillez à capacité réduite. L'assurance vous aide partiellement.
Ces trois garanties ne sont pas interchangeables. Elles correspondent à trois réalités différentes. Et toutes ne sont pas systématiquement incluses dans votre contrat. Entre 40 et 65 ans, un accident ou une maladie grave peut survenir sans prévenir. C'est exactement pour cela que ces garanties existent.
Ne signez jamais les yeux fermés. Comprenez ce que couvre réellement votre assurance. Et surtout, vérifiez si votre contrat actuel vous protège vraiment. Parce qu'entre ce que vous croyez être couvert et ce qui est écrit noir sur blanc dans les conditions générales, il y a parfois un monde.
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