Fondamentaux
Définition et rôle
De la loi Lagarde à la loi Lemoine : 15 ans de révolution dans votre assurance emprunteur
22 déc. 2025
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Introduction
Avant 2010, changer d'assurance emprunteur était pratiquement impossible. Aujourd'hui, vous pouvez le faire n'importe quand. Voici comment.
En moins de quinze ans, le paysage de l'assurance emprunteur en France a été bouleversé. Ce qui était autrefois un marché verrouillé par les banques est devenu un secteur où la concurrence joue enfin son rôle. Pour vous, emprunteur, cela se traduit par des économies concrètes : en moyenne 65€ par mois, soit plus de 15 600€ sur 20 ans, selon les données du Comité Consultatif du Secteur Financier.
Cette transformation n'est pas le fruit du hasard. Elle résulte d'une succession de lois qui ont progressivement libéralisé un marché longtemps captif. De la loi Lagarde en 2010 à la loi Lemoine en 2022, chaque texte a élargi vos droits et votre pouvoir de négociation. Comprendre cette évolution, c'est comprendre l'ampleur de vos possibilités actuelles. D'ailleurs, vous pouvez dès maintenant estimer vos économies potentielles grâce à notre simulateur.
Avant 2010 : l'ère du monopole bancaire
Replongeons-nous dans les années 2000. À cette époque, obtenir un crédit immobilier signifiait automatiquement souscrire l'assurance emprunteur proposée par votre banque. Pas de négociation, pas d'alternative. Le contrat d'assurance était présenté comme un passage obligé, presque une formalité administrative.
Cette pratique n'était encadrée par aucune réglementation spécifique. Les banques détenaient un monopole de fait sur l'assurance de leurs propres prêts. Sans concurrence réelle, les tarifs atteignaient des niveaux que nous considérerions aujourd'hui comme prohibitifs. Les emprunteurs les plus jeunes et en bonne santé subventionnaient indirectement les profils à risque, sans possibilité de bénéficier de leur excellent état de santé.
L'impact sur le coût global du crédit était considérable. L'assurance emprunteur représentait souvent le deuxième poste de dépense après les intérêts eux-mêmes, parfois jusqu'à 30% du coût total du crédit, comme le soulignait déjà un rapport du Sénat en 2012. Pourtant, rares étaient ceux qui remettaient en question ce système. L'information manquait, et l'idée même de séparer le prêt de son assurance semblait inconcevable.
2010 : Loi Lagarde, le premier pas vers la liberté
Christine Lagarde, alors ministre de l'Économie, fait voter en septembre 2010 une loi qui semble anodine mais qui pose le premier jalon d'une révolution. Son principe ? Vous avez désormais le droit de choisir votre assurance emprunteur librement, à condition qu'elle présente des garanties au moins équivalentes à celles proposées par votre banque.
C'est la naissance officielle de la "délégation d'assurance". Les banques ne peuvent plus refuser une assurance externe sous prétexte qu'elle ne vient pas de chez elles. Elles doivent l'accepter si le niveau de garanties est comparable. Une révolution ? Sur le papier, oui. Dans les faits, les choses s'avèrent plus complexes. Pour éviter les pièges et choisir la meilleure assurance emprunteur selon vos besoins sans vous tromper, consultez notre guide complet.
La loi présente une limitation majeure : ce droit au libre choix ne s'exerce qu'au moment de la souscription du prêt. Une fois le contrat signé avec l'assurance de la banque, impossible d'en changer. Cette fenêtre unique explique en partie l'adoption timide de la délégation. Entre 2008 et 2018, le taux de délégation passe seulement de 13% à 15%.
Pourquoi un tel échec relatif ? D'abord, l'inertie des clients. Dans le stress de l'achat immobilier, beaucoup acceptent l'offre globale de leur banque sans chercher ailleurs. Que vous soyez client chez Crédit Agricole, BNP Paribas ou Société Générale, la tentation du "tout en un" reste forte. Ensuite, la complexité administrative. Comparer des contrats d'assurance demande du temps et des connaissances techniques. Enfin, certaines banques développent des stratégies de contournement : taux d'intérêt moins avantageux pour ceux qui refusent leur assurance, exigences disproportionnées sur les garanties équivalentes.
Malgré tout, la brèche est ouverte. Le marché de l'assurance emprunteur ne sera plus jamais comme avant.
2014-2017 : de la loi Hamon à l'amendement Bourquin
La loi Lagarde a montré ses limites. Le législateur réagit avec deux textes successifs qui élargissent progressivement votre liberté de mouvement.
La loi Hamon de 2014 (loi n° 2014-344) marque une première amélioration. Vous pouvez désormais résilier votre assurance emprunteur durant la première année qui suit la signature de votre prêt. Un progrès réel, mais qui ne concerne qu'une courte période. Pour tous ceux qui ont déjà dépassé ce délai d'un an, rien ne change.
L'amendement Bourquin, voté en 2017 et applicable à partir de 2018, va plus loin. Il instaure un droit de résiliation annuel à la date anniversaire du contrat. Concrètement, chaque année, vous pouvez changer d'assurance emprunteur en respectant un préavis de deux mois avant cette date anniversaire.
Cette fois, la réforme touche potentiellement tous les emprunteurs, même ceux ayant souscrit des années auparavant. Le marché commence véritablement à s'ouvrir. Les assureurs alternatifs peuvent enfin espérer capter une part du stock de contrats existants, et pas seulement les nouveaux prêts. Pour comprendre comment les banques évaluent concrètement l'équivalence des garanties et quels critères elles utilisent, consultez notre guide dédié.
Tableau comparatif : vos droits évoluent
Aspect | Avant 2010 | Lagarde 2010 | Hamon 2014 | Bourquin 2018 |
|---|---|---|---|---|
Libre choix | Non | Oui (à la souscription) | Oui (à la souscription) | Oui (à la souscription) |
Changement possible | Jamais | À la signature uniquement | 1ère année | Chaque année |
Préavis requis | - | - | 15 jours | 2 mois avant anniversaire |
Frais de changement | - | Non | Non | Non |
Contrainte temporelle | - | Forte | Forte | Modérée |
Mais un obstacle demeure : la complexité administrative. Calculer sa date anniversaire, respecter les délais, constituer le dossier... Beaucoup renoncent face à ces contraintes.
2022 : Loi Lemoine, la révolution attendue
Le 28 février 2022, le Parlement vote la loi Lemoine. C'est le coup de maître qui achève la libéralisation du secteur. Trois mesures majeures transforment radicalement vos droits, comme l'explique en détail le site officiel Service-Public.fr.
Première révolution : la résiliation infra-annuelle. Fini les dates anniversaires et les préavis de deux mois. Désormais, vous pouvez changer d'assurance emprunteur n'importe quand, sans attendre, sans justifier. Vous trouvez une meilleure offre en mars ? Changez en mars. En octobre ? Changez en octobre. Cette liberté totale est un bouleversement culturel autant que juridique. Notre article sur la loi Lemoine expliquée détaille ce mécanisme de résiliation à tout moment.
Deuxième avancée : la suppression du questionnaire de santé. Pour les prêts de moins de 200 000€ par personne (soit 400 000€ pour un couple) dont le terme intervient avant les 60 ans de l'emprunteur, plus besoin de remplir un questionnaire médical. Cette mesure facilite l'accès au crédit pour des milliers de Français qui redoutaient de voir leur passé médical se transformer en obstacle. Les assureurs partenaires comme Swiss Life ou Allianz proposent désormais des contrats simplifiés pour ces profils.
Troisième progrès : le droit à l'oubli réduit. Pour les personnes ayant souffert d'un cancer ou d'une hépatite C, le délai après lequel elles n'ont plus à déclarer leur ancienne pathologie passe de 10 à 5 ans. Une mesure d'équité qui met fin à une discrimination insupportable.
L'impact est immédiat. En 2024, 83% des emprunteurs qui changent d'assurance le font hors période anniversaire, contre 65% l'année précédente. La simplification administrative porte ses fruits. Pour comprendre tous les aspects de cette réforme, consultez également notre article détaillé sur le fonctionnement de l'assurance emprunteur et la définition complète de l'assurance emprunteur.
💡 Bon à savoir
Grâce à la loi Lemoine, vous pouvez changer d'assurance aujourd'hui même si vous trouvez une meilleure offre. Pas besoin d'attendre la date anniversaire de votre contrat. Estimez en 2 minutes vos économies potentielles pour voir si le changement vaut le coup pour vous.
Tableau récapitulatif : 15 ans d'évolution de vos droits
Critère | Avant 2010 | Lagarde 2010 | Hamon 2014 | Bourquin 2018 | Lemoine 2022 |
|---|---|---|---|---|---|
Libre choix initial | ✗ | ✓ | ✓ | ✓ | ✓ |
Flexibilité temporelle | Aucune | Nulle | Faible | Modérée | Totale |
Préavis nécessaire | - | - | 15 jours | 2 mois | Aucun |
Frais de résiliation | - | Non | Non | Non | Non |
Questionnaire santé | Oui | Oui | Oui | Oui | Non (sous conditions) |
Droit à l'oubli | 10 ans | 10 ans | 10 ans | 10 ans | 5 ans |
Complexité administrative | - | Élevée | Élevée | Moyenne | Faible |
Et maintenant ? Les vrais défis en 2025
La loi est votée, les droits sont clairs. Pourtant, en 2025, le marché n'a pas encore atteint son plein potentiel de libéralisation. Trois chiffres illustrent cette situation paradoxale, selon les dernières données du CCSF.
77% des nouvelles souscriptions sont encore captées par les bancassureurs. Malgré toutes les réformes, la majorité des emprunteurs continue de choisir l'assurance proposée par leur banque au moment de la signature du prêt. L'inertie persiste, alimentée par la complexité apparente de la démarche et par le confort du "tout en un". C'est pourquoi comparer votre contrat actuel avec les offres du marché devient essentiel pour identifier les meilleures opportunités d'économies.
84% du stock de contrats reste entre les mains des bancassureurs. Certes, la loi Lemoine facilite les changements, mais convertir des millions de contrats existants prend du temps. Beaucoup d'emprunteurs ne savent tout simplement pas qu'ils peuvent changer, ou pensent que cela ne vaut pas le coup pour eux.
Les délais bancaires ralentissent encore les procédures. Bien que la loi impose des délais stricts, certains établissements traînent des pieds dans l'examen des dossiers de substitution. Cette résistance passive décourage les emprunteurs les moins déterminés.
Pourtant, les chiffres de satisfaction parlent d'eux-mêmes : 92% des personnes ayant changé d'assurance se déclarent satisfaites de leur démarche. Plus parlant encore, 43% économisent plus de 5 000€ sur la durée totale de leur prêt. Ces économies ne sont pas anecdotiques : elles représentent des vacances en famille, des travaux dans la maison, ou simplement une respiration dans un budget contraint. Découvrez pourquoi changer d'assurance emprunteur est l'une des décisions financières les plus rentables que vous puissiez prendre.
Conclusion : vos droits ont révolutionné. N'attendez plus.
En quinze ans, vous êtes passé d'une situation de captivité totale à une liberté quasi-absolue. La loi Lagarde a ouvert la porte, la loi Hamon et l'amendement Bourquin l'ont entrebâillée, la loi Lemoine l'a grande ouverte.
Aujourd'hui, rien ne vous empêche de faire jouer la concurrence. Pas de date à respecter, pas de préavis à calculer, pas de frais à payer. Vous trouvez moins cher avec des garanties équivalentes ? Changez. C'est votre droit le plus strict, et c'est désormais aussi simple qu'il devrait toujours l'avoir été.
Les économies potentielles sont réelles. Des milliers d'euros sur la durée de votre prêt ne se refusent pas, surtout dans un contexte économique tendu. La seule question qui compte vraiment est celle-ci : pourquoi payer plus que nécessaire ? Chez Kidonk, nous accompagnons chaque jour des emprunteurs dans cette démarche d'optimisation.
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Les 15 années d'évolution législative que nous venons de parcourir ont un seul objectif : vous permettre d'économiser. Ne laissez pas ces droits durement acquis inexploités.
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Pour en savoir plus, consultez notre guide complet sur l'assurance emprunteur.
À retenir :
15 ans de réformes ont transformé un marché captif en marché concurrentiel
La loi Lemoine (2022) vous permet de changer n'importe quand, sans frais ni préavis
Économies moyennes : 65€/mois, soit 15 600€ sur 20 ans
92% des personnes ayant changé sont satisfaites de leur d@émarche
Vos droits existent. Utilisez-les.


