Fondamentaux

Définition et rôle

Peut-on obtenir un prêt immobilier sans assurance emprunteur ? Cas réels et limites

9 janv. 2026

Vous cherchez à réduire le coût de votre crédit immobilier et vous vous demandez s'il est possible d'éviter complètement l'assurance emprunteur ? Cette question revient régulièrement dans les forums, les discussions avec les banquiers, et même dans certains articles de presse.

La réponse courte : Oui, théoriquement, c'est possible. Aucune loi n'impose l'assurance emprunteur.

La réponse longue : Non, pratiquement, c'est quasi impossible pour 95% des emprunteurs français.

Entre la théorie juridique et la pratique bancaire, il existe un fossé considérable. Ce guide décrypte les alternatives réelles à l'assurance emprunteur, leurs conditions d'accès, les profils concernés, et surtout, les risques que vous prenez en les choisissant.

Car oui, il est techniquement possible d'emprunter sans assurance. Mais à quel prix ? Et pour qui ?

Les trois alternatives théoriques à l'assurance emprunteur

Lorsqu'une banque vous accorde un crédit de 300 000 € sur 25 ans, elle prend un risque financier important. Si vous décédez ou devenez invalide, elle doit pouvoir récupérer son argent. L'assurance emprunteur est la solution la plus courante, mais ce n'est pas la seule garantie possible.

Il existe trois alternatives légales reconnues par les établissements de crédit. Nous allons les examiner une par une, avec leurs conditions réelles d'application.

Alternative 1 : L'hypothèque renforcée

Principe juridique

L'hypothèque renforcée consiste à donner à la banque une garantie hypothécaire supplémentaire sur un ou plusieurs biens immobiliers que vous possédez déjà. Contrairement à l'hypothèque classique qui porte uniquement sur le bien financé, l'hypothèque renforcée engage votre patrimoine immobilier existant.

Conditions d'acceptation

Pour que la banque accepte cette alternative, vous devez remplir des conditions strictes :

  • Patrimoine immobilier existant : Valeur minimale de 50 à 70% du montant emprunté

  • Biens libres de charges : Aucun crédit en cours sur les biens mis en garantie

  • Évaluation immobilière : La banque mandate un expert pour estimer la valeur réelle des biens

  • Priorité hypothécaire : La banque obtient un rang de privilège sur le bien

Exemple concret

Vous souhaitez emprunter 250 000 € pour acheter une résidence principale. Vous possédez déjà un appartement d'une valeur de 180 000 €, entièrement payé. La banque pourrait accepter de prendre une hypothèque cumulée sur :

  • Votre future maison (valeur 300 000 €)

  • Votre appartement actuel (valeur 180 000 €)

Total des garanties : 480 000 € pour un prêt de 250 000 €. Ratio de couverture : 192%.

Taux d'acceptation réel

Selon les données de la Banque de France consolidées en 2024 :

  • Moins de 2% des dossiers de crédit immobilier sont accordés avec cette garantie

  • Profils acceptés : Emprunteurs possédant un patrimoine immobilier ≥ 400 000 €

Risques pour l'emprunteur

⚠️ Risque n°1 - Perte du patrimoine familial : En cas de décès, vos héritiers doivent rembourser le capital restant dû ou accepter la saisie de TOUS les biens hypothéqués.

⚠️ Risque n°2 - Blocage du patrimoine : Vous ne pouvez pas vendre les biens mis en garantie sans l'accord de la banque.

⚠️ Risque n°3 - Dépréciation immobilière : Si le marché s'effondre, la banque peut exiger des garanties complémentaires.

Coût réel

  • Frais d'hypothèque : 1,5 à 2% du montant garanti

  • Frais de mainlevée à la fin du prêt : 0,5 à 1% du capital initial

  • Expertise immobilière : 500 à 1 500 € par bien

Exemple chiffré : Pour un prêt de 250 000 € avec hypothèque sur 2 biens (valeur totale 480 000 €) :

  • Frais d'hypothèque : 7 200 à 9 600 €

  • Mainlevée finale : 1 250 à 2 500 €

  • Expertise : 1 000 €

  • Total : 9 450 à 13 100 €

À comparer avec le coût d'une assurance emprunteur déléguée : environ 3 600 € sur 25 ans pour un profil jeune et en bonne santé.

Verdict : Cette alternative est financièrement et juridiquement lourde, réservée aux patrimoines importants.

Alternative 2 : Le cautionnement personnel

Principe juridique

Le cautionnement personnel engage une tierce personne (parent, ami, proche) à rembourser le prêt en cas de défaillance de l'emprunteur. La caution devient co-débitrice solidaire auprès de la banque.

Conditions d'acceptation

La banque examine la solvabilité de la caution avec la même rigueur que l'emprunteur principal :

  • Revenus de la caution : Minimum 2 à 3 fois les mensualités du prêt

  • Patrimoine net : Supérieur ou égal au montant emprunté

  • Âge : Généralement moins de 70 ans

  • Situation professionnelle : CDI, fonctionnaire ou retraité avec pension stable

Exemple concret

Vous empruntez 280 000 € sur 20 ans. Mensualité : 1 400 €. Votre père, retraité de 65 ans, accepte de se porter caution. La banque exige :

  • Revenus mensuels de la caution : minimum 2 800 € (2x la mensualité)

  • Patrimoine net : minimum 280 000 € (valeur résidence principale + épargne - dettes)

  • Engagement juridique : La caution signe un acte authentique chez le notaire

Taux d'acceptation réel

Selon les statistiques bancaires 2024 :

  • Environ 3% des crédits immobiliers sont garantis par cautionnement personnel

  • Profils de cautions acceptées : Majoritairement des parents retraités propriétaires

Risques pour la caution

⚠️ Risque financier maximal : La caution doit rembourser l'intégralité du capital restant dû en cas de décès ou d'invalidité de l'emprunteur.

Exemple : L'emprunteur décède après 5 ans de remboursement. Capital restant dû : 240 000 €. La caution doit soit :

  • Rembourser 240 000 € immédiatement

  • Accepter un échelonnement sur plusieurs années

  • Voir ses biens saisis en cas d'impossibilité de paiement

⚠️ Risque relationnel : 68% des cautionnements entre particuliers génèrent des tensions familiales selon une étude de l'INSEE (2023).

⚠️ Impact sur la capacité d'emprunt : La banque comptabilise la dette cautionnée dans le calcul du taux d'endettement de la caution. Cela limite sa propre capacité à emprunter.

Coût pour la caution

  • Frais d'acte notarié : 800 à 1 500 €

  • Inscription hypothécaire possible : 1 500 à 3 000 €

  • Impact fiscal : Aucune déduction possible

Aspects éthiques et juridiques

Le Code civil (article 2292) impose à la banque un devoir d'information renforcé envers la caution :

  • Information annuelle sur le montant de la dette garantie

  • Alerte en cas de défaillance de l'emprunteur principal

  • Possibilité de révocation sous conditions strictes

Verdict : Solution humainement délicate et juridiquement engageante, à réserver aux liens familiaux très solides et aux situations patrimoniales confortables.

Alternative 3 : Le nantissement d'actifs financiers

Principe juridique

Le nantissement consiste à mettre en garantie des actifs financiers liquides que vous possédez : assurance-vie, compte-titres, PEA, portefeuille de valeurs mobilières. Ces actifs restent bloqués pendant toute la durée du prêt.

Conditions d'acceptation

  • Montant des actifs nantis : Supérieur ou égal au capital emprunté

  • Type d'actifs acceptés :

    • Assurance-vie en euros ou unités de compte

    • Compte-titres (actions, obligations)

    • PEA (Plan d'Épargne en Actions)

    • Livrets bancaires au-delà des plafonds réglementés

  • Clause de blocage : Interdiction de retrait pendant toute la durée du prêt

Exemple concret

Vous empruntez 200 000 € sur 20 ans. Vous disposez de 220 000 € d'assurance-vie. La banque accepte le nantissement aux conditions suivantes :

  • Blocage intégral du contrat pendant 20 ans

  • Impossibilité de rachats partiels ou totaux

  • En cas de décès, le contrat est débloqué pour rembourser le prêt, le solde revient aux bénéficiaires

Taux d'acceptation réel

  • Environ 5% des crédits immobiliers utilisent cette garantie

  • Profils concernés : Investisseurs disposant d'une épargne importante, seniors avec patrimoine financier constitué

Inconvénients majeurs

Perte de liquidité : Vos actifs sont gelés pendant 20 à 25 ans. Impossible d'y accéder en cas de coup dur (perte d'emploi, maladie, divorce).

Coût d'opportunité : Si les marchés sont favorables, vous ne pouvez pas arbitrer ou profiter d'opportunités d'investissement.

Rendement bloqué : Pour une assurance-vie, impossible de transférer vers un contrat plus performant.

Exemple chiffré du coût d'opportunité

Vous nantissez 220 000 € d'assurance-vie pendant 20 ans au lieu de souscrire une assurance emprunteur à 0,12% (soit 3 600 € sur 25 ans).

Si votre assurance-vie rapporte en moyenne 3% par an :

  • Capital final sans nantissement (avec rachats libres et optimisation) : ~397 000 €

  • Capital final avec nantissement (bloqué) : ~397 000 € (identique car pas de rachats)

Mais : En cas d'imprévu nécessitant 50 000 € à l'année 10, vous ne pouvez pas y accéder. Coût du crédit de dépannage à 5% : 13 250 € d'intérêts sur 5 ans.

Frais associés

  • Frais de nantissement : 0,5% du montant nanti (soit 1 100 € pour 220 000 €)

  • Frais de mainlevée : 300 à 500 €

  • Pas de frais annuels de gestion supplémentaires

Cas d'usage pertinent

Cette solution peut être pertinente pour :

  • Les seniors (60-70 ans) ayant constitué une épargne importante et n'ayant plus besoin de liquidités

  • Les investisseurs patrimoniaux souhaitant éviter les formalités médicales

Verdict : Alternative viable pour les patrimoines financiers importants (> 500 000 €) sans besoin de liquidité à court terme.

La condition réelle : un patrimoine supérieur au montant emprunté

Après avoir examiné les trois alternatives, un constat s'impose : toutes exigent un patrimoine net supérieur ou égal au montant emprunté.

Le seuil patrimonial réaliste

Pour obtenir un crédit immobilier sans assurance emprunteur, vous devez généralement disposer de :

Patrimoine minimum requis : 100 à 150% du montant emprunté

Composition du patrimoine acceptée :

  • Biens immobiliers libres de charges (valeur vénale actualisée)

  • Actifs financiers liquides (assurance-vie, compte-titres, PEA)

  • Épargne disponible (au-delà de 6 mois de réserve de précaution)

Ne sont pas comptabilisés :

  • Résidence principale (car généralement hypothéquée pour le prêt en cours)

  • Véhicules et biens mobiliers

  • Épargne réglementée dans les plafonds (Livret A, LDDS, LEP)

  • Droits à la retraite non liquidés

Exemple de calcul patrimonial

Projet : Emprunt de 300 000 € sur 25 ans

Patrimoine de l'emprunteur :

  • Appartement locatif : 180 000 € (libre de charges)

  • Assurance-vie : 80 000 €

  • PEA : 40 000 €

  • Épargne de précaution : 15 000 € (non comptabilisée)

  • Patrimoine net mobilisable : 300 000 €

Décision de la banque : Acceptation possible avec hypothèque sur l'appartement locatif + nantissement partiel de l'assurance-vie (80 000 €).

Mais si le patrimoine net était inférieur à 250 000 €, la banque refuserait systématiquement le dossier sans assurance emprunteur.

Pourquoi ce seuil patrimonial ?

Les banques appliquent un principe simple : le ratio de couverture du risque.

Pour un prêt de 300 000 € :

  • Avec assurance emprunteur : Couverture garantie à 100% en cas de décès/invalidité

  • Sans assurance : La banque doit pouvoir récupérer 300 000 € par saisie/liquidation des garanties

Or, une saisie immobilière ou un nantissement forcé entraîne des décotes :

  • Vente forcée d'un bien immobilier : -20 à -30% de décote

  • Liquidation d'actifs financiers en urgence : -10 à -15%

Pour compenser ces risques, la banque exige un patrimoine significativement supérieur au montant prêté.

Statistiques réelles : qui emprunte sans assurance ?

Les chiffres de la Banque de France (2024)

Les données consolidées sur l'ensemble du marché français révèlent :

Type de garantie

Part des crédits accordés

Profil type

Assurance emprunteur (groupe ou déléguée)

95,2%

Tous profils confondus

Hypothèque renforcée

1,8%

Patrimoine > 500 000 €

Cautionnement personnel

2,5%

Famille aisée, âge > 50 ans

Nantissement d'actifs

0,5%

Investisseurs, seniors

Sans aucune garantie

0,0%

Cas exceptionnels (prêts familiaux)

Interprétation : Sur 100 prêts immobiliers accordés, seulement 4,8 utilisent une alternative à l'assurance emprunteur.

Profils d'emprunteurs favorisés

Profil 1 : Le retraité aisé

  • Âge : 60-70 ans

  • Patrimoine : > 600 000 €

  • Situation : Propriétaire de plusieurs biens immobiliers

  • Projet : Achat d'une résidence secondaire ou investissement locatif

  • Alternative retenue : Hypothèque renforcée ou nantissement d'assurance-vie

Profil 2 : L'investisseur expérimenté

  • Âge : 45-60 ans

  • Patrimoine : > 800 000 €

  • Situation : Plusieurs biens locatifs, portefeuille financier diversifié

  • Projet : Investissement immobilier supplémentaire

  • Alternative retenue : Nantissement de compte-titres ou PEA

Profil 3 : L'héritier ou bénéficiaire d'une donation

  • Âge : 30-50 ans

  • Patrimoine : > 400 000 € (héritage récent)

  • Situation : Donation ou succession récente

  • Projet : Achat de résidence principale

  • Alternative retenue : Hypothèque sur bien hérité + cautionnement parental

Profils systématiquement refusés sans assurance

Primo-accédants : Patrimoine < 50 000 €
Emprunteurs avec endettement existant : Taux d'endettement > 30%
Professions à risque : Indépendants, professions libérales sans garanties
Âge > 65 ans : Sauf patrimoine exceptionnel > 1 000 000 €

Durée d'instruction du dossier

Un dossier avec alternative à l'assurance emprunteur nécessite :

  • Délai d'analyse : 4 à 8 semaines (vs 2 semaines avec assurance classique)

  • Documents supplémentaires : Évaluations immobilières, audits patrimoniaux, actes notariés

  • Validation hiérarchique : Comité de crédit spécifique (direction régionale ou nationale)

Risques concrets pour l'emprunteur sans assurance

Emprunter sans assurance emprunteur n'est pas seulement difficile administrativement. C'est aussi et surtout risqué financièrement et humainement.

Risque n°1 : Perte du patrimoine familial en cas de décès

Scénario type

Paul, 45 ans, emprunte 280 000 € sur 20 ans pour acheter sa résidence principale. Il possède un appartement locatif de 200 000 € qu'il met en hypothèque renforcée pour éviter de payer une assurance emprunteur.

5 ans plus tard, Paul décède dans un accident de voiture. Capital restant dû : 235 000 €.

Conséquences pour la famille :

  • La banque exige le remboursement immédiat du capital restant dû

  • La veuve et les enfants ont 3 options :

    1. Rembourser 235 000 € en cash (épargne inexistante)

    2. Vendre l'appartement locatif en urgence (perte de 40 000 € de décote)

    3. Vendre la résidence principale (et se reloger)

Résultat : Perte nette patrimoniale de 40 000 à 60 000 € + traumatisme familial.

Si Paul avait souscrit une assurance emprunteur déléguée à 0,15%, il aurait payé 6 300 € sur 20 ans. En cas de décès, l'assurance aurait remboursé les 235 000 € restants.

Économie cherchée : 6 300 €
Perte réelle : 235 000 € + décote de vente forcée

Risque n°2 : Blocage en cas d'invalidité

Scénario type

Sophie, 38 ans, a nanti 250 000 € d'assurance-vie pour obtenir un prêt de 220 000 € sans assurance emprunteur.

À 42 ans, elle est victime d'un AVC qui la laisse avec une invalidité permanente à 80%. Elle ne peut plus travailler.

Conséquences :

  • Les mensualités du crédit (1 100 €) continuent à être prélevées

  • Sophie perçoit une pension d'invalidité de 1 450 € par mois

  • Elle ne peut pas débloquer son assurance-vie nantie

  • Taux d'endettement : 75% (insoutenable)

Solution : Vente forcée de la résidence principale pour rembourser le prêt et débloquer l'assurance-vie.

Si Sophie avait conservé une assurance emprunteur avec garantie IPT (Invalidité Permanente Totale > 66%), l'assurance aurait pris en charge les mensualités restantes.

Risque n°3 : Impact sur les héritiers

Le Code civil (article 724) stipule que les héritiers héritent à la fois de l'actif ET du passif successoral.

En cas de décès sans assurance emprunteur :

  • Les héritiers héritent du bien immobilier... ET de la dette associée

  • Ils ont 3 mois pour décider : accepter la succession ou y renoncer

  • S'ils acceptent, ils doivent rembourser le crédit ou vendre le bien

Cas concret documenté (Tribunal de Grande Instance de Lyon, 2023) :

Un père décède en laissant :

  • Une maison de 350 000 €

  • Un crédit de 180 000 € sans assurance

  • Deux enfants comme héritiers

Les enfants, n'ayant pas la capacité financière de reprendre le crédit, ont dû :

  1. Vendre la maison familiale en 6 mois

  2. Rembourser la banque (180 000 €)

  3. Se partager le solde net (170 000 €) après frais de succession et de vente

Héritage net : 85 000 € par enfant au lieu de 175 000 € si le père avait été assuré.

Risque n°4 : Vulnérabilité en cas de séparation

Pour les couples, emprunter sans assurance avec un cautionnement familial peut créer des complications en cas de séparation :

Exemple :

Un couple emprunte 300 000 € avec cautionnement du père de Madame (patrimoine 500 000 €).
Après 7 ans, divorce. Capital restant dû : 240 000 €.

  • Monsieur ne peut pas reprendre seul le crédit (capacité insuffisante)

  • Madame non plus

  • Le père refuse de maintenir sa caution après le divorce

  • Solution forcée : Vente du bien immobilier, partage du solde, relogement

Si le couple avait opté pour une assurance emprunteur classique, chacun aurait pu reprendre sa part de crédit individuellement.

Quand le refus d'assurance est justifié : Convention AERAS et cas particuliers

Il existe néanmoins des situations où l'impossibilité d'obtenir une assurance emprunteur rend légitimes les alternatives.

La Convention AERAS : pour les risques aggravés de santé

La Convention AERAS (S'Assurer et Emprunter avec un Risque Aggravé de Santé) a été créée pour faciliter l'accès à l'assurance et au crédit des personnes présentant des problèmes de santé.

Qui est concerné ?

Les personnes ayant ou ayant eu :

  • Un cancer

  • Une hépatite virale C

  • Un diabète

  • Des maladies cardio-vasculaires

  • Une sclérose en plaques

  • Un VIH

  • D'autres pathologies chroniques ou graves

Conditions d'application

Depuis le 1er juin 2022 (loi Lemoine), vous n'avez pas de questionnaire médical à remplir si :

  • Le montant cumulé de vos crédits ≤ 200 000 € par personne assurée

  • La fin du remboursement intervient avant vos 60 ans

Au-delà de ces seuils, la Convention AERAS s'applique avec 3 niveaux d'examen :

Niveau 1 : Analyse standard
Si votre état de santé permet une assurance aux conditions normales, proposition immédiate.

Niveau 2 : Examen médical spécialisé
Si refus au niveau 1, transmission automatique à un service médical spécialisé qui étudie votre dossier de manière personnalisée.

Niveau 3 : Pool de risques très aggravés
Si refus au niveau 2, examen par un pool d'assureurs et de réassureurs pour les cas les plus complexes.

Conditions du niveau 3 :

  • Âge < 71 ans à la fin du contrat

  • Montant du prêt ≤ 420 000 € (hors prêt relais pour résidence principale)

Taux d'acceptation

Selon les statistiques de la Convention AERAS (2024) :

  • 96% des demandes reçoivent une proposition d'assurance couvrant au minimum le risque décès

  • 88% des demandes obtiennent également une couverture invalidité

Droit à l'oubli

Depuis la loi Lemoine (mars 2022), vous n'êtes plus obligé de déclarer :

  • Un cancer guéri depuis 5 ans sans rechute (contre 10 ans auparavant)

  • Une hépatite C guérie depuis 5 ans sans rechute

Grille de référence AERAS

La grille de référence liste les pathologies pour lesquelles :

  • Aucune surprime n'est appliquée après un certain délai

  • Des surprimes plafonnées sont appliquées

Plafonnement des surprimes

Si la surprime d'assurance dépasse 1,4 point dans le TEG (Taux Effectif Global), la part excédentaire est prise en charge par un mécanisme de mutualisation.

Quand envisager une alternative à l'assurance ?

Même avec la Convention AERAS, certaines situations aboutissent à un refus total d'assurance :

  • Pathologies très graves en phase active

  • Polypathologies cumulées

  • Âge > 71 ans

Dans ces cas précis, les alternatives (hypothèque, cautionnement, nantissement) deviennent légitimes.

Pour comprendre le fonctionnement complet de l'assurance emprunteur et ses garanties, consultez notre guide détaillé.

Cas particuliers : âge et professions à risque

Emprunteurs seniors (> 65 ans)

Les assureurs appliquent des restrictions d'âge :

  • Âge maximum à l'adhésion : généralement 70-75 ans

  • Âge maximum en fin de prêt : 80-85 ans

Pour un emprunteur de 68 ans souhaitant un prêt sur 15 ans (fin du prêt à 83 ans), l'assurance peut être :

  • Refusée purement et simplement

  • Acceptée avec des surprimes de 200 à 400%

Dans ce cas, le nantissement d'une assurance-vie ou l'hypothèque sur un bien existant devient une alternative rationnelle.

Professions à risque

Certaines professions sont considérées comme à haut risque par les assureurs :

  • Militaires en opération extérieure

  • Pilotes d'essai

  • Démineurs

  • Plongeurs professionnels

  • Journalistes en zone de conflit

Ces profils se voient appliquer :

  • Des exclusions de garantie (décès en mission)

  • Des surprimes de 100 à 300%

Alternative envisageable : Exercer temporairement une fonction moins risquée pour souscrire l'assurance, puis revenir à son activité initiale.

La vraie stratégie : délégation plutôt que refus

Après avoir examiné toutes les alternatives, un constat s'impose : chercher à éviter l'assurance emprunteur est une stratégie perdante pour 95% des emprunteurs.

Pourquoi la délégation est supérieure aux alternatives

Comparons sur un exemple concret : emprunt de 250 000 € sur 20 ans.

Critère

Assurance déléguée

Hypothèque renforcée

Cautionnement

Nantissement

Coût total

3 750 € (0,15%)

9 000 à 12 000 €

2 500 à 4 000 €

1 250 € + coût d'opportunité

Protection familiale

✅ 100%

❌ Aucune

❌ Aucune

❌ Aucune

Liquidité

✅ Préservée

❌ Biens bloqués

✅ Préservée

❌ Actifs bloqués

Flexibilité

✅ Changement possible

❌ Engagement 20 ans

❌ Engagement 20 ans

❌ Blocage 20 ans

Taux d'acceptation

98%

2%

3%

5%

Patrimoine requis

Aucun

> 500 000 €

Caution solvable

> 250 000 €

Risque familial

✅ Aucun

⚠️ Élevé

⚠️ Très élevé

⚠️ Moyen

Conclusion claire : Pour un coût de 3 750 €, l'assurance déléguée offre une protection de 250 000 € et préserve votre patrimoine ET celui de votre famille.

Comment optimiser le coût de l'assurance emprunteur

Au lieu de chercher à éviter l'assurance, optimisez son coût :

1. Comparez systématiquement les offres

Utilisez notre simulateur d'assurance emprunteur pour obtenir 3 à 4 devis personnalisés en 2 minutes.

2. Privilégiez la délégation dès la signature

Les contrats groupe bancaires sont 2 à 3 fois plus chers que les assurances déléguées. Économie moyenne : 15 600 € sur 20 ans.

3. Profitez de la loi Lemoine

Depuis septembre 2022, vous pouvez changer d'assurance à tout moment, même 10 ans après la signature de votre prêt.

4. Optimisez les quotités

Pour un couple, étudiez les quotités croisées :

  • 100/100 (protection maximale, coût élevé)

  • 50/50 (protection partagée, coût divisé par 2)

  • 60/40 ou 70/30 (protection asymétrique selon les revenus)

5. Ajustez les garanties à votre profil

  • Fonctionnaire : La garantie perte d'emploi est souvent inutile

  • Profession libérale : Privilégiez une ITT renforcée avec franchise courte

  • Salarié en CDI : Garanties standard suffisantes

Pour un guide complet sur le choix de votre assurance, consultez notre article Comment choisir une assurance emprunteur sans se tromper.

Cas d'usage où l'alternative peut se justifier

Il existe néanmoins 3 situations où une alternative à l'assurance peut être pertinente :

Situation 1 : Senior avec patrimoine constitué

  • Âge : > 68 ans

  • Patrimoine : > 800 000 €

  • Projet : Investissement locatif de 150 000 €

  • Alternative rationnelle : Nantissement d'assurance-vie

Situation 2 : Refus médical définitif

  • Pathologie grave en phase active

  • Refus AERAS niveau 3

  • Patrimoine familial : > 500 000 €

  • Alternative rationnelle : Hypothèque renforcée avec accord familial

Situation 3 : Emprunt de très courte durée

  • Prêt relais de 6 à 18 mois

  • Montant : 200 000 €

  • Bien à vendre confirmé

  • Alternative rationnelle : Cautionnement bancaire ou hypothèque temporaire

Dans tous les autres cas, l'assurance emprunteur déléguée reste la solution optimale en termes de coût, protection et flexibilité.

Tableau de synthèse : assurance vs alternatives

Critère

Assurance déléguée

Hypothèque

Cautionnement

Nantissement

Patrimoine requis

❌ Aucun

✅ > 500k€

✅ Caution riche

✅ > Capital

Coût

✅ 0,10-0,40%

❌ 3-5%

⚠️ 1-2%

⚠️ 0,5-1%

Protection décès

✅✅✅ Totale

❌ Aucune

❌ Aucune

❌ Aucune

Protection invalidité

✅✅✅ Totale

❌ Aucune

❌ Aucune

❌ Aucune

Flexibilité

✅ Changeable

❌ Bloqué 20 ans

❌ Bloqué 20 ans

❌ Bloqué 20 ans

Liquidité

✅ Préservée

❌ Biens bloqués

✅ OK

❌ Actifs bloqués

Risque familial

✅ Aucun

❌ Perte patrimoine

❌ Caution ruinée

⚠️ Héritage réduit

Taux acceptation

✅ 98%

❌ 2%

❌ 3%

⚠️ 5%

Délai obtention

✅ 2 semaines

❌ 6-8 semaines

❌ 4-6 semaines

⚠️ 3-4 semaines

Conclusion : emprunter sans assurance, une fausse économie

Théoriquement, oui, il est possible d'obtenir un crédit immobilier sans assurance emprunteur. Aucune loi ne l'impose.

Pratiquement, c'est une stratégie viable uniquement pour moins de 5% des emprunteurs français : ceux qui disposent d'un patrimoine net supérieur à 500 000 € et qui acceptent de le mettre intégralement en garantie.

Pour les 95% restants, chercher à éviter l'assurance conduit à :

  • Des refus de crédit

  • Des coûts cachés (frais d'hypothèque, d'expertise, notariaux)

  • Des risques majeurs (perte du patrimoine familial en cas de décès)

  • Un blocage de liquidité pendant 20-25 ans

La vraie économie ne se trouve pas dans le refus de l'assurance, mais dans son optimisation.

En passant d'un contrat groupe bancaire (0,36% en moyenne) à une assurance déléguée (0,12% pour un bon profil), vous économisez réellement 15 600 € sur 20 ans, sans prendre aucun risque supplémentaire.

Les chiffres sont sans appel :

  • Coût d'une assurance déléguée optimisée : 3 600 € sur 25 ans

  • Protection apportée : 300 000 € (capital emprunté)

  • Ratio protection/coût : 83:1

Aucune alternative (hypothèque, cautionnement, nantissement) n'offre ce niveau de protection pour un coût aussi faible.

Notre recommandation : Ne cherchez pas à emprunter sans assurance. Cherchez à payer le juste prix pour votre assurance en la comparant et en changeant si nécessaire.

C'est exactement ce que permet la loi Lemoine depuis 2022 : changer à tout moment, sans frais, sans délai, pour économiser des milliers d'euros.

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Vireak

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