Fondamentaux

Garanties fondamentales

PTIA, invalidité, incapacité, dépendance : les vraies différences

10 févr. 2026

Quatre mots. Quatre réalités distinctes. Et pourtant, ils se ressemblent assez pour que la confusion règne, même chez des emprunteurs avertis.

PTIA. Invalidité. Incapacité. Dépendance. Chacun de ces termes correspond à une situation médicale précise, une garantie spécifique, et un niveau de prise en charge différent. Confondre l'un avec l'autre, c'est risquer de croire qu'on est protégé quand on ne l'est qu'à moitié. Ou pire : découvrir au pire moment que la garantie qu'on imaginait jouer n'était pas la bonne.

Alors on démêle tout. Avec des définitions claires, des exemples de la vraie vie, et les questions concrètes à poser à son assureur.

Invalidité, incapacité, dépendance : ce que disent les contrats

Avant d'entrer dans le détail, un principe fondamental : les contrats d'assurance emprunteur n'utilisent pas tous les mêmes définitions. Ce qui compte n'est pas le nom de la garantie, mais la définition contractuelle qui lui est attachée. Deux contrats peuvent tous deux mentionner "l'invalidité" et couvrir des réalités très différentes.

Cela dit, il existe une architecture commune à la grande majorité des contrats. La voici.

L'incapacité temporaire de travail (ITT) correspond à l'impossibilité temporaire d'exercer son activité professionnelle, à la suite d'un accident ou d'une maladie. Le mot clé : temporaire. L'état peut s'améliorer. Pendant cette période, l'assureur prend généralement en charge vos mensualités de crédit, en totalité ou en partie selon votre contrat. Quand vous reprenez le travail, la garantie cesse.

L'invalidité permanente désigne, elle, une incapacité durable d'exercer une activité professionnelle. Elle se décline en deux sous-catégories dans la plupart des contrats. L'invalidité permanente partielle (IPP) correspond à un taux d'invalidité compris entre 33 et 66 % environ. L'invalidité permanente totale (IPT) entre en jeu au-delà de 66 % : vous ne pouvez plus exercer aucune activité professionnelle, mais vous restez autonome dans votre vie quotidienne.

La PTIA occupe l'échelon le plus haut. Elle combine l'incapacité absolue et définitive de travailler avec l'impossibilité d'effectuer seul les actes essentiels de la vie courante, ce qui nécessite le recours permanent à une tierce personne. C'est la garantie la plus grave, et celle que la banque exige systématiquement.

La dépendance, enfin, est une notion plus large, qui dépasse le cadre de l'assurance emprunteur. Elle désigne le besoin d'aide humaine ou technique pour accomplir les actes du quotidien, quelle qu'en soit la cause : âge, maladie, handicap. Elle fait l'objet de contrats spécifiques, distincts de l'assurance de prêt.

Service-Public.fr rappelle que la Sécurité sociale classe l'invalidité en trois catégories : la première pour les personnes capables d'exercer une activité rémunérée, la deuxième pour celles absolument incapables d'exercer une profession, et la troisième pour celles qui, en plus, ont besoin de l'assistance d'une tierce personne au quotidien. C'est cette troisième catégorie qui correspond à la PTIA dans le vocabulaire de l'assurance emprunteur.

Où se situe la PTIA dans cette échelle ?

Imaginez une échelle d'invalidité. En bas, l'arrêt maladie classique : temporaire, récupérable. En haut, la PTIA : permanente, totale, avec perte d'autonomie.

Entre les deux, plusieurs paliers.

L'IPP (invalidité permanente partielle) correspond à un taux d'invalidité fonctionnelle de 33 à 65 %. Vous avez des séquelles permanentes, mais vous pouvez encore travailler, parfois dans un poste aménagé. L'assureur peut intervenir partiellement selon les termes du contrat, mais la prise en charge est limitée.

L'IPT (invalidité permanente totale) se déclenche à partir de 66 % de taux d'invalidité. Vous ne pouvez plus exercer aucune profession. Mais vous êtes encore autonome pour vous habiller, vous nourrir, vous laver. C'est un critère déterminant : l'autonomie quotidienne est préservée.

La PTIA franchit un seuil supplémentaire. L'Assurance Maladie la définit comme une situation où la personne ne peut plus exercer d'activité professionnelle et a besoin de l'aide d'une autre personne pour les gestes essentiels de la vie courante. Ce double critère, professionnel et quotidien, est non négociable.

En résumé, voilà comment se superposent ces niveaux :

ITT → incapacité temporaire, amélioration possible IPP → invalidité partielle permanente, activité réduite mais possible IPT → plus d'activité professionnelle, autonomie quotidienne conservée PTIA → plus d'activité professionnelle, plus d'autonomie quotidienne

Chaque niveau correspond à une garantie distincte dans votre contrat. Et chaque garantie a ses propres seuils, ses propres exclusions, ses propres modalités d'indemnisation.

PTIA vs invalidité "classique" : exemples concrets

Les définitions, c'est utile. Les situations de vie, c'est parlant. Voici quatre profils types pour illustrer où s'arrête l'une et où commence l'autre.

Cas 1 : Sophie, 58 ans, accident de moto, paraplégie

Sophie est paraplégique suite à un accident. Elle ne marche plus, mais elle gère seule son quotidien depuis son fauteuil roulant : elle se lave, s'habille, prépare ses repas de manière autonome. Elle ne peut pas reprendre son métier de commerciale terrain.

Verdict : IPT probable. Son taux d'invalidité fonctionnelle dépasse 66 %, elle ne peut plus travailler dans sa profession. Mais elle n'a pas besoin d'une tierce personne pour les actes essentiels. La PTIA ne s'applique pas.

Cas 2 : Henri, 62 ans, AVC sévère avec séquelles cognitives et motrices

Henri a subi un AVC massif. Il ne reconnaît plus les visages familiers, ne peut pas se lever seul, a besoin d'aide pour s'habiller et se nourrir. Tout travail est exclu définitivement.

Verdict : PTIA probable. Les deux critères sont réunis : incapacité totale et définitive de travailler, besoin permanent d'une tierce personne pour au moins trois actes essentiels. Le médecin-conseil de l'assureur devra confirmer après expertise.

Cas 3 : Françoise, 51 ans, lombalgie chronique sévère

Françoise souffre de douleurs invalidantes au dos depuis trois ans. Elle ne peut plus exercer son métier de sage-femme, mais reste autonome au quotidien et pourrait théoriquement occuper un poste sédentaire. Son taux d'invalidité est évalué à 45 %.

Verdict : IPP ou IPT selon le contrat et l'évaluation médicale. Pas de PTIA. Les contrats qui définissent l'invalidité par rapport au métier initial peuvent activer l'IPT ; ceux qui retiennent "toute activité professionnelle" seront plus restrictifs.

Cas 4 : Robert, 67 ans, maladie d'Alzheimer débutante

Robert vient d'être diagnostiqué. Pour l'instant, il gère encore les actes quotidiens avec quelques aides ponctuelles. Sa garantie PTIA prend fin à 65 ans selon son contrat.

Verdict : ni PTIA ni autre garantie. La limite d'âge contractuelle a mis fin à la couverture. C'est un angle mort fréquent chez les emprunteurs seniors que nous détaillons dans notre article Assurance emprunteur et dépendance : êtes-vous vraiment bien couvert ?.

PTIA vs dépendance : deux univers qui se touchent sans se confondre

C'est la confusion la plus répandue, et la plus coûteuse.

La PTIA est une garantie de prêt immobilier. Son objectif est unique : rembourser votre crédit si vous ne pouvez plus travailler et que vous avez perdu votre autonomie. Elle ne finance pas votre prise en charge au quotidien. Elle ne paie pas une aide à domicile, une place en EHPAD, ou des équipements d'adaptation du logement. Elle solde votre dette bancaire, point.

L'assurance dépendance, elle, est un contrat distinct. Elle verse une rente mensuelle ou un capital pour financer votre maintien à domicile, votre hébergement en établissement spécialisé, ou l'aide humaine dont vous avez besoin. C'est une protection pour votre vie quotidienne, pas pour votre banque.

Autrement dit : la PTIA protège votre patrimoine immobilier. L'assurance dépendance protège votre qualité de vie.

Les deux peuvent coexister, et dans bien des cas, elles devraient coexister. Mais elles ne se remplacent pas. Un emprunteur qui croit être protégé contre la dépendance par sa seule garantie PTIA fait une erreur qui peut coûter très cher, surtout après 65 ans, quand la garantie PTIA arrive souvent à échéance.

La DREES publie régulièrement des données qui donnent la mesure de l'enjeu : au-delà de 75 ans, 15 % des personnes sont en situation de perte d'autonomie, dont une part significative avec une dépendance sévère. Ces chiffres sont issus de l'édition 2024 du panorama de l'aide sociale aux personnes âgées, qui documente également la hausse constante des dépenses de prise en charge.

Pour comprendre comment articuler ces deux niveaux de protection, consultez notre article Assurance emprunteur et dépendance : êtes-vous vraiment bien couvert ?.

Comment lire son contrat pour ne pas se tromper ?

La définition contractuelle prime sur tout le reste. C'est le principe de base, et c'est là que se jouent les litiges.

Trois documents sont à lire avec attention avant de signer, ou de comparer des offres.

La notice d'information (ou fiche standardisée d'information, FSI). C'est le document de référence que la banque doit vous remettre avant toute souscription. Elle précise les garanties, leurs définitions et leurs conditions d'activation. Lisez la définition de la PTIA et vérifiez si elle mentionne explicitement "toute activité professionnelle" ou seulement "votre activité". La nuance est énorme.

Le barème d'invalidité. C'est la grille qui traduit une situation médicale en taux d'invalidité. Certains contrats utilisent le barème de la Sécurité sociale ; d'autres ont leur propre barème, souvent plus restrictif. Vérifiez ce point systématiquement.

La liste des actes de la vie courante retenus pour la PTIA. Combien d'actes faut-il être incapable d'effectuer seul pour que la PTIA soit reconnue ? Trois ? Quatre ? Et quels actes : se lever, se laver, s'habiller, se nourrir, se déplacer, communiquer ? Chaque contrat fait ses propres choix. Plus la liste est longue et le seuil élevé, plus il sera difficile d'obtenir la reconnaissance.

Trois questions concrètes à poser à votre conseiller ou courtier : la PTIA dans ce contrat exige-t-elle l'aide pour combien d'actes essentiels ? La définition retenue est-elle celle de la Sécurité sociale ou une définition propre à l'assureur ? Quelle est la limite d'âge de la garantie PTIA ?

Si vous êtes en situation de risque aggravé de santé, la convention AERAS offre un cadre protecteur avec un examen à trois niveaux. Elle prévoit notamment, si la garantie invalidité complète n'est pas accessible, de proposer au minimum la couverture PTIA. Un filet de sécurité à ne pas ignorer.

Pour aller directement à l'essentiel, notre article PTIA : comprendre la couverture "perte d'autonomie" de votre crédit immobilier pose les fondations. Et si vous empruntez à deux, la question des quotités mérite une attention particulière : PTIA et co-emprunteurs : comment choisir vos quotités.

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