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Tarification et coûts
Couple mono-revenu : quelle quotité d'assurance emprunteur pour protéger vraiment l'apporteur principal ?
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En bref : Pour un couple mono-revenu, mettre 100 % de quotité sur le seul apporteur est le minimum recommandé. Si cet apporteur décède, le prêt est soldé et le conjoint sans revenus n'est pas exposé. La quotité à 0 % sur le conjoint sans revenu est souvent acceptée par les banques, mais elle expose le foyer si c'est ce conjoint qui décède le premier. Le compromis habituel : 100/50 (total 150 %), qui protège les deux têtes à moindre coût que le 100/100.
Un seul salaire pour rembourser deux personnes. C'est la réalité de nombreux couples avec un parent au foyer, un conjoint en reconversion, ou simplement deux projets de vie différents.
La question de la quotité est alors cruciale. Si l'apporteur disparaît, le conjoint doit-il encore rembourser ? Si le conjoint sans revenu décède en premier, quelle charge reste sur l'apporteur ?
Voici les trois scénarios possibles, leurs risques réels et leur coût.
Les 3 scénarios pour un couple mono-revenu
Scénario A : 100/0 (seul l'apporteur est assuré)
L'apporteur est couvert à 100 %. Si l'apporteur décède, le prêt est soldé. Le conjoint sans revenus ne doit rien.
Mais si le conjoint sans revenus décède en premier, l'assurance ne rembourse rien. L'apporteur continue à rembourser seul. C'est exactement la même situation qu'avant le sinistre.
Pourquoi ça pose problème : même un conjoint sans revenus représente une contribution réelle au foyer (garde des enfants, gestion du quotidien, etc.). Son décès peut entraîner des dépenses supplémentaires non anticipées (garde d'enfants, aide à domicile) qui alourdissent la charge de l'apporteur.
Scénario B : 100/50 (total 150 %)
C'est le compromis le plus courant pour les couples mono-revenus.
L'apporteur est couvert à 100 % : si il/elle décède, prêt soldé.
Le conjoint est couvert à 50 % : si il/elle décède, l'assurance rembourse 50 % du capital restant dû. L'apporteur n'a plus que 50 % à rembourser.
Coût : 50 % de plus que si seul l'apporteur était assuré à 100 %. Mais la protection est bidirectionnelle.
Scénario C : 100/100 (total 200 %)
Protection maximale. Quel que soit le co-emprunteur touché, le prêt est soldé.
Coût : le double du scénario A. Justifié uniquement si le conjoint sans revenus représente un risque réel (problème de santé, profession à risque, enfants très jeunes).
Peut-on vraiment faire du 100/0 ?
Oui, techniquement. Certaines banques l'acceptent. D'autres exigent une couverture minimale sur les deux têtes.
La loi n'impose aucun minimum par tête, seulement 100 % au total. Une quotité 100/0 respecte donc le plancher légal.
Mais le 100/0 est rare en pratique pour deux raisons.
La banque peut le refuser si elle estime que le co-emprunteur sans assurance représente un risque opérationnel (si cet emprunteur signe aussi le prêt, il est co-débiteur, et son décès crée une complexité juridique).
Le risque réel est trop asymétrique. Si le conjoint sans revenus décède en premier, l'apporteur assume 100 % du prêt seul, sans aucun remboursement de l'assurance. Dans un contexte de budget familial tendu, c'est une fragilité.
La solution souvent recommandée par les courtiers : 100/30 ou 100/50 au minimum, selon le budget.
Exemple chiffré : famille avec enfants, un seul salaire
Profil : Camille, 38 ans, gagne 4 200 €/mois (seule apporteuse). Arnaud, 40 ans, parent au foyer, deux enfants de 6 et 8 ans. Prêt de 320 000 € sur 20 ans à 3,5 %. TAEA Camille (délégation) : 0,17 %. TAEA Arnaud : 0,15 %.
Mensualité crédit (hors assurance) : 1 858 €/mois.
Quotité | Prime mensuelle | Coût total 20 ans | Si Camille décède | Si Arnaud décède |
|---|---|---|---|---|
100/0 | 45 €/mois | 4 960 € | Prêt soldé | Arnaud doit encore 100 % |
100/30 | 59 €/mois | 6 490 € | Prêt soldé | Arnaud doit encore 70 % |
100/50 | 67 €/mois | 7 370 € | Prêt soldé | Arnaud doit encore 50 % |
100/100 | 88 €/mois | 9 680 € | Prêt soldé | Prêt soldé |
Estimations avec facteur d'amortissement 0,55, TAEA Camille 0,17 % et Arnaud 0,15 %.
L'analyse
Si Camille décède (le scénario le plus critique), le prêt est soldé dans tous les cas dès que sa quotité est de 100 %. Arnaud et les enfants sont protégés.
La différence se joue sur le scénario où Arnaud décède en premier.
Avec 100/0 : Camille continue à rembourser 1 858 €/mois seule. Elle est seule, avec deux enfants, et doit peut-être financer une garde payante. C'est une charge très lourde.
Avec 100/50 : si Arnaud décède (capital restant dû de 245 000 € après 5 ans), l'assurance rembourse 50 % = 122 500 €. Camille n'a plus que 122 500 € à rembourser sur 15 ans. Mensualité résiduelle : 875 €/mois. Gérable avec 4 200 €/mois.
Le surcoût du 100/50 par rapport au 100/0 : 22 €/mois, soit 2 410 € sur 20 ans. Pour couvrir le risque de devoir financer seul une garde d'enfants et un prêt, c'est un investissement raisonnable.
Verdict : pour ce profil, 100/50 est la stratégie optimale.
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Quid si le conjoint sans revenu a une profession à risque ?
Certains conjoints "sans revenus" ont en réalité une activité à risque : bénévolat intense en hauteur, sport de combat, activité agricole non rémunérée. Même sans salaire, leur profil de risque justifie une couverture.
Pour un conjoint avec un risque professionnel avéré ou une problème de santé, augmenter sa quotité de 30 à 50 % (voire 70 %) est pertinent. Le TAEA sur cette tête sera peut-être plus élevé, mais la protection financière du foyer sera réelle.
Les contrats en délégation d'assurance permettent de moduler les quotités par garantie. Une quotité décès élevée sur le conjoint à risque, et une quotité ITT nulle (puisqu'il ne travaille pas), peut être une solution optimisée.
La situation juridique du co-emprunteur sans revenus
Le co-emprunteur est co-débiteur solidaire. Même sans revenus, il s'engage sur le prêt. En cas de décès de l'apporteur, si la quotité est à 100 % sur l'apporteur, l'assurance solde le prêt et le conjoint est libéré.
En cas de divorce ou de séparation, la situation se complique. Le conjoint co-emprunteur reste solidairement responsable du remboursement, assurance ou non. La loi Lemoine (art. L.521-1 à L.521-5 du Code de la consommation) facilite la résiliation infra-annuelle, mais le contrat de prêt lui-même doit être renégocié pour sortir un co-emprunteur.
Pour les démarches de mise à jour du contrat suite à un changement de situation, service-public.gouv.fr détaille les procédures de délégation et de modification d'assurance.
Mono-revenu et prêt relais ou résidence secondaire
Pour un prêt relais ou une résidence secondaire, la logique est la même mais l'enjeu est moindre. Il ne s'agit pas du logement principal. En cas de sinistre, le foyer ne perd pas son toit.
Dans ces cas, certains couples mono-revenus optent pour 100/0 sur le prêt secondaire, tout en maintenant 100/100 sur la résidence principale. C'est une stratégie d'allocation de budget d'assurance cohérente.
Pour aller plus loin
50/50 ou asymétrique : quelle répartition selon votre situation ?
Couple avec écart d'âge : adapter la quotité au différentiel de tarif
Co-emprunteur surprimé : stratégie de quotité asymétrique pour limiter la facture
Calculer la quotité optimale : méthode en 4 étapes et tableau de décision
Questions fréquentes
Un couple mono-revenu doit-il obligatoirement assurer le conjoint sans revenus ?
Non, légalement. La quotité minimale requise est de 100 % au total. Une répartition 100/0 (seul l'apporteur assuré) est possible si la banque l'accepte. En pratique, les banques préfèrent une couverture sur les deux têtes pour limiter les risques juridiques liés au décès du co-débiteur non assuré. La plupart des conseillers recommandent au minimum 100/30.
Quelle quotité pour le conjoint sans revenus ?
Le minimum utile est 30 % (100/30 au total). Cela permet de rembourser 30 % du capital si ce conjoint décède, allégeant la charge de l'apporteur survivant. Le 50 % (100/50 au total) est plus protecteur et ne coûte qu'une vingtaine d'euros de plus par mois sur un prêt standard. Le 100/100 reste justifié si le conjoint sans revenus a un risque de santé ou de décès élevé.
Si l'apporteur est en CDI et le conjoint en CDD, quelle quotité recommander ?
Traiter la situation comme un couple mono-revenu partiel. Mettre au minimum 70-80 % sur l'apporteur stable, et 30-50 % sur le conjoint en CDD. Si le CDD n'est pas renouvelé, le foyer dépend quasi entièrement de l'apporteur CDI. La quotité doit refléter ce déséquilibre potentiel, pas seulement la situation actuelle.
La quotité peut-elle être modifiée si le conjoint recommence à travailler ?
Oui, avec un avenant au contrat. Si le conjoint sans revenus trouve un emploi et contribue désormais 40 % des revenus du foyer, rééquilibrer les quotités (par exemple de 100/30 à 70/30) peut être pertinent pour réduire le coût de l'assurance. Cela nécessite l'accord de l'assureur et éventuellement de la banque, avec possible questionnaire médical.
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