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Calculer la quotité optimale pour un couple : méthode en 4 étapes et tableau de décision
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En bref : Calculer la quotité optimale d'un couple en assurance emprunteur repose sur 4 étapes : (1) calculer la part de revenu de chaque tête, (2) simuler la mensualité résiduelle du survivant pour chaque scénario de quotité, (3) comparer les TAEA individuels pour identifier un éventuel levier d'optimisation tarifaire, (4) croiser protection nécessaire et budget disponible. Il n'existe pas de quotité universelle : c'est toujours le résultat d'une équation personnelle.
Choisir sa quotité en assurance emprunteur sans calcul, c'est comme choisir son taux de crédit sans comparer. Vous faites confiance au conseiller de la banque. Parfois, ça marche. Souvent, ça coûte plus cher que nécessaire, ou ça protège moins bien qu'il ne le faudrait.
Voici la méthode complète, en quatre étapes, avec les formules exactes et un tableau de décision utilisable directement.
Étape 1 : calculer la part de revenu de chaque co-emprunteur
C'est le point de départ. La quotité recommandée pour une tête est directement liée à la part qu'elle représente dans les revenus totaux du foyer.
Formule
Quotité recommandée pour A = (Revenu mensuel net de A) / (Revenu mensuel net total du foyer) × 100
Exemples :
Situation | Revenu A | Revenu B | Quotité A recommandée | Quotité B recommandée |
|---|---|---|---|---|
Revenus égaux | 2 500 € | 2 500 € | 50 % | 50 % |
Écart modéré | 3 500 € | 1 500 € | 70 % | 30 % |
Fort déséquilibre | 4 200 € | 800 € | 84 % | 16 % (arrondir à 80/20) |
Mono-revenu | 3 800 € | 0 € | 100 % | 0 % (minimum recommandé : 30 %) |
C'est la quotité plancher. Elle garantit que le survivant est protégé à hauteur de la perte de revenus qu'il subit.
Mais la part de revenu n'est qu'un critère parmi quatre. Il faut aussi calculer ce que ça représente concrètement pour le survivant.
Étape 2 : simuler la mensualité résiduelle du survivant
C'est le calcul décisif. La mensualité résiduelle que le survivant doit assumer est directement fonction de la quotité choisie sur la tête décédée.
Formule
Mensualité résiduelle = CRD × (1 - quotité_tête_décédée) × [r(1+r)^n] / [(1+r)^n - 1]
Avec :
CRD = capital restant dû à la date estimée du sinistre
r = taux mensuel du crédit (taux annuel / 12)
n = nombre de mensualités restantes
Pour simplifier, si vous ne connaissez pas le CRD précis, utilisez la règle suivante : le CRD à mi-prêt représente environ 55-60 % du capital initial pour un prêt amortissable classique.
Application sur un cas concret
Prêt de 300 000 € sur 20 ans à 3,5 %. CRD au bout de 7 ans (mi-prêt environ) : 218 000 €.
Revenu du foyer : A gagne 3 500 €, B gagne 1 500 €.
Quotité A / B | Si A décède : mensualité B | Ratio mensualité / salaire B | Si B décède : mensualité A | Ratio mensualité / salaire A |
|---|---|---|---|---|
50/50 | 218 000 × 50 % → 109 000 € sur 13 ans à 3,5 % = 789 €/mois | 53 % | 789 €/mois | 23 % |
70/30 (A = 70 %) | 218 000 × 30 % → 65 400 € sur 13 ans = 473 €/mois | 32 % | 218 000 × 70 % → 152 600 € = 1 104 €/mois | 32 % |
100/50 (A = 100 %) | 0 €/mois | 0 % | 109 000 € sur 13 ans = 789 €/mois | 23 % |
Mensualité calculée avec r = 3,5 %/12, n = 156 mois. Facteur = 0,00714.
La règle de prudence : ne pas dépasser 35 % du revenu seul pour la mensualité résiduelle.
Avec le 50/50, si A décède, B doit assumer 789 €/mois avec seulement 1 500 €, soit 53 %. C'est au-dessus du seuil.
Avec le 70/30, le ratio tombe à 32 % pour B. Acceptable.
Avec le 100/50, B est totalement libéré si A décède. C'est la meilleure protection pour le co-emprunteur au plus faible revenu, à un coût intermédiaire.
Pour approfondir le calcul de la mensualité résiduelle par quotité, l'article 5 exemples chiffrés de remboursement en cas de décès selon la quotité donne des cas pratiques détaillés.
Étape 3 : comparer les TAEA individuels
Les TAEA peuvent différer entre les deux co-emprunteurs selon leur âge, leur état de santé, leur tabagisme et leur profession.
Si les TAEA diffèrent, mettre plus de quotité sur la tête la moins chère à assurer réduit la prime totale du foyer (à quotité totale identique de 100 %).
Formule de calcul du gain
Gain de l'asymétrique vs 50/50 = capital × (TAEA_B - TAEA_A) × (quotité_A - 50 %) × durée × facteur_amortissement
Avec TAEA_A < TAEA_B (A est la tête moins chère) et quotité_A > 50 %.
Exemple : A (35 ans, TAEA 0,15 %), B (47 ans, TAEA 0,28 %), capital 300 000 €, durée 20 ans.
Gain en passant de 50/50 à 70/30 (A = 70 %) :
= 300 000 × (0,0028 - 0,0015) × (70 % - 50 %) × 20 × 0,55
= 300 000 × 0,0013 × 20 % × 20 × 0,55
= 300 000 × 0,0013 × 0,20 × 11
= 858 €
Règle pratique
Si l'écart de TAEA entre les deux têtes est inférieur à 0,05 %, l'optimisation par la quotité génère moins de 300 € d'économie sur 20 ans. Négligeable. Concentrez-vous sur la protection.
Si l'écart dépasse 0,15 %, le levier devient significatif (1 000 € et plus sur 20 ans). Vaut la peine de simuler.
Les données de TAEA par âge figurent dans le guide complet sur la quotité couple et le benchmark des taux 2026.
Étape 4 : croiser protection nécessaire et budget
Les trois premières étapes vous donnent deux informations :
La quotité recommandée pour protéger suffisamment chaque co-emprunteur (étapes 1 et 2)
La quotité qui minimise le coût (étape 3)
Elles peuvent pointer dans des directions opposées. L'étape 4 consiste à trouver le bon équilibre.
Le tableau de décision
Profil du couple | Quotité recommandée | Raison principale |
|---|---|---|
Revenus égaux, même âge, sans enfant, épargne > 3 ans de mensualités | 50/50 | Coût minimal, protection suffisante avec l'épargne |
Revenus égaux, enfants à charge, peu d'épargne | 100/100 | Sérénité absolue justifiée par la vulnérabilité du foyer |
Écart de revenus > 30 %, sans enfant | 70/30 à 80/20 (plus sur la tête dominante) | Protection proportionnelle aux revenus |
Écart de revenus > 30 %, enfants à charge | 100/50 minimum | Prêt soldé si l'apporteur principal décède |
Mono-revenu, enfants jeunes | 100/50 | Apporteur couvert à 100 %, conjoint à 50 % minimum |
Écart d'âge > 10 ans, revenus équilibrés | 60/40 ou 70/30 (plus sur le plus jeune) | Levier tarifaire via le différentiel de TAEA |
Co-emprunteur surprimé, revenu modeste | 30 à 40 % sur la tête surprimée | Limiter la prime sur la tête chère |
Co-emprunteur surprimé, revenu dominant | 70 à 100 % sur la tête surprimée | Protection prioritaire malgré le coût |
Investisseurs, gros patrimoine | 50/50 | L'épargne couvre le risque résiduel |
Les 5 erreurs à éviter
Elles sont communes et coûtent cher.
Erreur 1 : accepter le 100/100 par défaut "pour être tranquille"
Le 100/100 est souvent la proposition de la banque. Il coûte le double du 50/50. Il est justifié dans certains cas, mais pas systématiquement. Calculez avant d'accepter.
Erreur 2 : croire que 70/30 coûte plus cher que 50/50
À quotité totale de 100 %, c'est faux. Le coût global est quasiment identique. C'est un arbitrage de protection, pas de budget.
Erreur 3 : ignorer la mensualité résiduelle
C'est le calcul que les banques ne font pas pour vous. Sans ce chiffre, vous ne savez pas si votre quotité vous protège vraiment.
Erreur 4 : ne pas tenir compte de l'épargne disponible
Une épargne solide change fondamentalement l'équation. Elle agit comme un filet de sécurité naturel et justifie une quotité totale plus basse.
Erreur 5 : ne jamais réévaluer
Votre situation change. Les revenus évoluent, les enfants grandissent, l'épargne se constitue. La loi Lemoine (art. L.521-1 du Code de la consommation) permet de changer d'assurance à tout moment. Réévaluez votre quotité tous les 5 ans.
Peut-on modifier sa quotité après signature ?
Oui, via un avenant au contrat. La procédure implique :
Obtenir l'accord de l'assureur (et éventuellement un nouveau questionnaire médical si la quotité augmente)
Soumettre le nouveau contrat à la banque pour validation
Attendre la réponse de la banque sous 10 jours ouvrés (délai légal)
Depuis la loi Lemoine 2022 et la résiliation infra-annuelle, il est possible de changer d'assureur à tout moment et de souscrire un contrat avec une quotité différente. La banque ne peut pas refuser si les garanties sont équivalentes (art. L.313-30 du Code de la consommation, loi Lagarde 2010). Les démarches sont détaillées sur service-public.gouv.fr.
En pratique, réévaluer sa quotité à l'occasion d'un changement de contrat (délégation, résiliation infra-annuelle) est le moment le plus simple.
Pour aller plus loin
50/50 ou asymétrique : quelle répartition selon votre situation ?
Couple mono-revenu : quelle quotité pour protéger l'apporteur principal ?
Couple avec écart d'âge : adapter la quotité au différentiel de tarif
Co-emprunteur surprimé : stratégie de quotité asymétrique pour limiter la facture
Questions fréquentes
Quelle formule pour calculer la mensualité résiduelle après sinistre ?
La formule est : CRD × (1 - quotité de la tête décédée) × [r(1+r)^n / ((1+r)^n - 1)]. CRD est le capital restant dû au moment du sinistre, r le taux mensuel du crédit (taux annuel / 12), n le nombre de mensualités restantes. Le résultat donne la mensualité mensuelle que le survivant doit assumer seul.
Comment savoir si ma quotité actuelle est suffisante ?
Calculez la mensualité résiduelle que vous devriez assumer si votre conjoint décédait demain (ou dans 5 ans). Si cette mensualité dépasse 33-35 % de votre revenu seul, votre quotité est insuffisante. La banque ne fait jamais ce calcul pour vous. C'est à vous de le demander ou de le faire via un simulateur.
Y a-t-il une quotité "parfaite" pour tous les couples ?
Non. La quotité optimale dépend de 5 variables : revenus respectifs, écart d'âge, TAEA individuels, présence d'enfants à charge, et niveau d'épargne. Un couple équilibré sans enfants peut être bien protégé avec 50/50. Un couple mono-revenu avec enfants a besoin de 100/50 au minimum. La méthode en 4 étapes permet de trouver votre solution spécifique.
Faut-il faire appel à un courtier pour optimiser sa quotité ?
Un courtier est utile pour trois raisons : il dispose des TAEA réels de plusieurs assureurs, il peut simuler plusieurs scénarios de quotité en parallèle, et il peut négocier des répartitions asymétriques que certaines banques refusent en direct. C'est particulièrement pertinent si l'un des co-emprunteurs est surprimé ou si le couple présente un écart d'âge significatif.
Appliquez la méthode en 4 étapes directement à votre situation : simulateur Kidonk.

