Fondamentaux
Tarification et coûts
Post-infarctus et antécédents cardiaques : tarification assurance emprunteur en euros 2026
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En bref : Infarctus il y a 3 ans, FEVG au-dessus de 50 %, aucune récidive : surcoût de 40 à 80 euros par mois en délégation. Infarctus de moins d'un an ou FEVG inférieure à 35 % : refus fréquent en assurance classique, recours à l'AERAS nécessaire. Le délai et la fraction d'éjection sont les deux critères qui font tout.
Michel a eu un infarctus à 48 ans. Quatre ans plus tard, revascularisation réussie, FEVG à 56 %, aucune récidive. Il emprunte 220 000 euros. Son assurance en délégation lui coûte 60 euros de plus par mois qu'à un profil sain. C'est significatif. Mais c'est très loin du refus.
Ce que regarde l'assureur après un infarctus
Cinq critères structurent l'analyse du médecin-conseil :
La FEVG (fraction d'éjection ventriculaire gauche) : exprimée en pourcentage, elle mesure la puissance de contraction du coeur. Au-dessus de 50 %, le profil est favorable. Entre 35 et 50 %, il devient modérément aggravé. En dessous de 35 %, les refus sont fréquents.
Le délai depuis l'IDM : moins d'un an est presque toujours rédhibitoire pour la garantie ITT. Entre 1 et 3 ans, les conditions restent difficiles. Au-delà de 3 ans avec FEVG stable, les dossiers redeviennent instruisibles.
La revascularisation : stent ou pontage avec succès documenté par coronarographie plaide fortement en faveur de l'emprunteur. Une revascularisation incomplète ou des récidives ischémiques sont des signaux défavorables.
L'absence de récidive : tout second IDM ou AVC dans les 5 ans reclasse le profil en risque très élevé.
Les facteurs de risque résiduels : tabagisme actif, dyslipidémie non contrôlée, HTA mal traitée. Chaque facteur résiduel aggrave la grille.
Tableau post-infarctus : surcoûts selon délai et FEVG 2026
Base de calcul : capital 200 000 €, durée 20 ans, emprunteur de 50 ans.
Profil | FEVG | Surprime décès | Garantie ITT | Surcoût mensuel | Surcoût total 20 ans |
|---|---|---|---|---|---|
IDM > 5 ans, FEVG > 50 %, stable, sans récidive | > 50 % | +75 à +150 % | Exclusion coronarienne | +30 à 60 € | +7 200 à 14 400 € |
IDM 3-5 ans, FEVG 50-60 %, revascularisé | 50-60 % | +100 à +200 % | Exclusion ITT | +40 à 80 € | +9 600 à 19 200 € |
IDM 1-3 ans, FEVG > 50 % | > 50 % | +150 à +250 % | Refus ITT | +60 à 95 € | +14 400 à 22 800 € |
IDM 3-5 ans, FEVG 35-50 % | 35-50 % | +150 à +300 % | Refus ITT | +60 à 115 € | +14 400 à 27 600 € |
IDM < 1 an ou FEVG < 35 % | < 35 % | Refus ou AERAS | Refus | Variable | Variable |
La colonne "Garantie ITT" est le point de fracture. La garantie décès reste accessible dans presque tous les cas traçables. La garantie ITT disparaît dès que le délai est inférieur à 3 ans ou la FEVG insuffisante.
AVC : une grille proche mais distincte
L'AVC ischémique et l'infarctus du myocarde suivent des logiques tarifaires similaires mais avec quelques différences.
AVC ischémique, séquelles minimes
Délai > 12 mois, pas de récidive, IRM cérébrale stable : acceptation possible avec surprime +100 à +200 % sur le décès
Garantie ITT : exclusion neurovasculaire fréquente
AVC ischémique avec séquelles motrices ou cognitives
Surprimes de +200 à +350 %, refus ITT systématique
Selon la gravité, orientation vers l'AERAS niveau 2 ou 3
AVC hémorragique
Profil jugé plus grave que l'ischémique : surprimes élevées, délai d'attente plus long (souvent 24 mois minimum)
AERAS quasi systématique pour les gros capitaux
La différence avec l'IDM : l'assureur évalue les séquelles neurologiques résiduelles (score mRS, tests cognitifs), pas seulement la stabilité cardiovasculaire.
Deux personas chiffrés
Michel, 51 ans, IDM il y a 4 ans, FEVG 56 %
Infarctus à 47 ans. Stent posé avec succès. Suivi cardiologique régulier. Bilan lipidique normalisé. Pas de tabac depuis 5 ans. FEVG stable à 56 %. Prêt : 210 000 euros, 18 ans.
Profil : IDM de 4 ans, FEVG > 50 %, revascularisation complète. Fourchette attendue : +100 à +200 % sur la garantie décès.
Estimation en délégation individuelle :
Taux de base 51 ans : 0,20 % du capital restant dû
Prime mensuelle standard (capital moyen résiduel ~105 000 €) : environ 35 €/mois
Surprime +150 % (centré dans la fourchette) : environ 87,5 €/mois
Surcoût mensuel : +52 €
Surcoût total 18 ans : +11 232 €
Exclusion appliquée : affections coronariennes et cardiaques sur la garantie ITT. Michel est couvert en décès, mais un arrêt de travail lié à ses antécédents cardiaques n'activerait pas l'ITT.
Isabelle, 49 ans, IDM il y a 16 mois, FEVG 54 %
Infarctus récent. Stent actif posé. FEVG mesurée à 54 % lors du dernier contrôle. Facteurs de risque maîtrisés. Prêt : 185 000 euros, 15 ans.
Délai inférieur à 24 mois : conditions difficiles mais pas impossibles. En délégation, la garantie décès est accessible. La garantie ITT est refusée.
Conseil du courtier spécialisé : reporter le dépôt de dossier à 24 mois post-IDM. L'amélioration attendue des conditions représente 30 à 50 euros d'économie mensuelle.
Si le projet immobilier ne peut pas attendre : la convention AERAS permet une instruction accélérée. Capital 185 000 euros, remboursement avant 64 ans : Isabelle remplit les critères du niveau 3. L'écrêtement de la surprime à 1,4 point de TAEG s'applique si ses revenus sont inférieurs à 47 100 euros annuels.
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AERAS et plafond d'écrêtement pour les cardiaques
La convention AERAS, gérée conjointement par les assureurs, les banques et les associations de patients, est la voie principale pour les profils post-IDM récents ou avec FEVG basse.
Trois niveaux d'examen progressifs :
Niveau 1 : assureur direct avec grille standard
Niveau 2 : réassureur avec grilles médicales élargies
Niveau 3 : pool de réassurance aléatoire (profils les plus complexes)
Conditions niveau 3 : capital total ≤ 420 000 euros, remboursement terminé avant 71 ans.
Si une surprime est accordée au niveau 3, le mécanisme d'écrêtement plafonne la majoration à 1,4 point dans le TAEG. Conditions de revenus : moins de 47 100 euros annuels pour une personne seule (1 PASS 2025), moins de 70 650 euros pour un couple.
Informations complètes sur aeras-infos.fr et service-public.gouv.fr.
Stratégies pour améliorer son dossier cardiaque
Attendre le bon moment
24 mois post-IDM est le premier seuil. 3 ans est la zone de normalisation des grilles. 5 ans avec FEVG stable représente le profil optimal. Chaque année d'attente peut représenter 20 à 40 euros d'économie mensuelle sur la prime.
Optimiser les facteurs de risque résiduels
Arrêter le tabac (reclassement non-fumeur après 24 mois), contrôler le bilan lipidique, normaliser la tension. Ces éléments sont documentés dans le dossier médical et lus par le médecin-conseil.
Passer par un courtier spécialisé cardiovasculaire
Les grilles des assureurs individuel différencient l'IDM avec FEVG de 55 % et un IDM avec FEVG de 38 %. Les contrats groupe ne font pas cette distinction. Un courtier spécialisé en risques de santé aggravée accède à ces grilles fines.
Si votre dossier inclut d'autres facteurs de risque (hypertension, diabète), l'effet multiplicateur des pathologies cumulées explique comment les coefficients s'accumulent.
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Pour aller plus loin
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FAQ
Peut-on obtenir une assurance emprunteur après un infarctus ?
Oui, dans la grande majorité des cas. La garantie décès est accessible avec une surprime variable selon le délai et la FEVG. La garantie ITT est plus souvent exclue ou refusée, surtout pour les infarctus récents. Au-delà de 3 à 5 ans avec stabilité cardiovasculaire documentée, les conditions s'améliorent significativement. La convention AERAS reste la voie pour les dossiers refusés en première instruction.
La FEVG influence-t-elle directement le montant de la surprime ?
Oui, c'est l'un des deux critères centraux avec le délai post-IDM. Une FEVG supérieure à 50 % est rassurante pour l'assureur. Entre 35 et 50 %, la surprime s'alourdit et l'exclusion ITT devient systématique. En dessous de 35 %, les refus en assurance classique sont fréquents, avec orientation vers l'AERAS.
Quelle différence entre antécédent cardiaque et cardiopathie ischémique active ?
Un antécédent cardiaque (IDM résolu, revascularisé, stabilisé) est tarifé avec une surprime, mais l'accès à l'assurance reste possible. Une cardiopathie ischémique active ou évolutive (ischémie résiduelle, angine instable, insuffisance cardiaque décompensée) est souvent refusée en classique et nécessite l'AERAS. La distinction tient à la stabilité documentée sur les bilans de suivi.
Comment l'AERAS peut-il aider un emprunteur avec antécédents d'infarctus ?
L'AERAS permet un réexamen du dossier sur trois niveaux successifs en cas de refus ou de conditions inacceptables. Au niveau 3, pour les prêts jusqu'à 420 000 euros remboursés avant 71 ans, un mécanisme d'écrêtement plafonne la surprime à 1,4 point dans le TAEG. Les emprunteurs avec revenus inférieurs à 47 100 euros annuels bénéficient de ce plafond.
Y a-t-il un délai minimum à respecter après un infarctus avant d'emprunter ?
Pas légalement. Mais en pratique, les assureurs refusent quasi systématiquement les dossiers déposés dans les 12 mois suivant un IDM. Le délai de 24 mois est un premier seuil d'amélioration des conditions. Le délai de 3 à 5 ans avec FEVG stable est la zone optimale pour obtenir les meilleures grilles tarifaires.

