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Tarification et coûts
Quotité 100 % chacun en assurance emprunteur : quand ça vaut le coût (et quand c'est du gaspillage)
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La quotité 100 %/100 % signifie que chacun des deux co-emprunteurs est couvert à hauteur de la totalité du prêt. Si l'un décède ou tombe en invalidité totale, l'assurance rembourse 100 % du capital restant dû à la banque. Le survivant est libéré de toute dette. Si l'autre disparaît ensuite, le même mécanisme s'applique.
Ce niveau de protection coûte environ 25 à 40 % de plus qu'une répartition 50/50. Sur un prêt de 300 000 € sur 20 ans, cela représente 7 000 à 10 000 € supplémentaires sur la durée. Est-ce toujours justifié ? Pas systématiquement.
Comment fonctionne la quotité en assurance emprunteur
La banque exige que la somme des quotités atteigne au minimum 100 % du capital emprunté. En pratique, chaque co-emprunteur assure un pourcentage du prêt. Ces pourcentages peuvent être inégaux (70/30, 60/40) mais leur total doit atteindre 100 % a minima.
La quotité 100/100 dépasse cet minimum : chaque co-emprunteur couvre la totalité du prêt. La somme atteint 200 %. La banque accepte cette configuration.
En cas de sinistre (décès ou invalidité permanente totale couverte), l'assurance rembourse la banque à hauteur de la quotité du co-emprunteur sinistré. Avec un 50/50, elle rembourse 50 % du capital restant dû. Avec un 100/100, elle rembourse 100 %.
Un point souvent ignoré : les exemples chiffrés de remboursement en cas de décès par quotité montrent que l'écart de protection entre 50/50 et 100/100 est maximal en début de prêt (quand le capital restant dû est élevé) et diminue au fil des années.
Simulation chiffrée : 50/50 vs 70/30 vs 100/100
Base de calcul : prêt de 300 000 €, durée 20 ans, couple de 38 ans, TAEA groupe 0,40 % sur capital initial.
Quotité | Prime mensuelle totale | Coût total 20 ans | Remboursement si décès an 5 (capital restant ~260 000 €) | Remboursement si décès an 15 (capital restant ~130 000 €) |
|---|---|---|---|---|
50/50 | ~100 € | ~24 000 € | 130 000 € | 65 000 € |
70/30 | ~105 € | ~25 200 € | 182 000 € (si décès apporteur 70 %) | 91 000 € |
100/100 | ~130-140 € | ~31 200-33 600 € | 260 000 € | 130 000 € |
Surcoût 100/100 vs 50/50 sur 20 ans : 7 200 à 9 600 €.
Surcoût mensuel : 30 à 40 €.
En délégation individuelle sur capital restant dû, ces montants baissent de 30 à 50 % selon les profils. Un couple sain de 38 ans peut accéder à des TAEA de 0,14 à 0,18 %. Le surcoût du 100/100 reste proportionnel, mais le niveau de base est bien inférieur.
Quand le 100/100 est clairement justifié
Les concubins sans protection légale
C'est le cas le plus évident. Les concubins n'ont aucune solidarité légale sur les dettes et aucun droit successoral automatique. Si l'un décède sans testament et avec une quotité 50/50, le survivant doit racheter la part de la succession pour conserver le bien. Il doit le faire sans capital disponible et parfois sans revenus suffisants.
Avec un 100/100, la banque est soldée à 100 %. Il n'y a plus de dette bancaire à gérer. Le rachat de la part du défunt reste éventuel (selon les dispositions successorales), mais au moins le prêt ne pèse plus.
L'article sur les différences juridiques entre marié, pacsé et concubin explique pourquoi la protection légale joue un rôle déterminant dans le choix des quotités.
Les couples avec revenus très déséquilibrés
Quand l'un des co-emprunteurs gagne 3 à 4 fois plus que l'autre, la question n'est plus "quel pourcentage ?" mais "le survivant peut-il rembourser le reste ?"
Si le principal apporteur disparaît avec un 50/50, le survivant doit continuer à payer 50 % du prêt avec ses seuls revenus. Si ces revenus sont faibles, c'est impossible. Le bien est vendu.
Un 80/20 ou 100/100 côté apporteur principal change le scénario. L'assurance rembourse une part suffisante pour que le survivant s'en sorte.
Le couple mono-revenu et la protection de l'apporteur principal détaille cette logique en profondeur.
Les prêts courts (moins de 10 ans)
Sur un prêt de 150 000 € sur 8 ans, le surcoût absolu du 100/100 vs 50/50 est faible : quelques centaines d'euros sur la durée. La protection maximale peut valoir ce surcoût limité.
Et la protection, elle, n'est pas limitée : en cas de décès en début de prêt, l'assurance solde la totalité du capital — ce qui peut représenter 130 000 à 140 000 € en l'absence de quotité suffisante.
Quand le 100/100 devient excessif
Les couples mariés avec revenus équilibrés
Deux époux qui gagnent chacun 3 500 € par mois. Mensualité du prêt : 1 200 €. Chacun peut l'assumer seul. Leur mariage crée une solidarité légale et des droits successoraux automatiques.
Si l'un décède avec un 50/50, l'assurance solde la moitié du capital. Le survivant continue à rembourser l'autre moitié — comme avant. La situation est difficile émotionnellement, mais pas financièrement catastrophique.
Passer au 100/100 coûte ici 30 à 40 € de plus par mois pour un gain patrimonial marginal. Le surcoût sur 20 ans (7 200 à 9 600 €) est difficilement justifiable.
Les profils très similaires sur longue durée
Plus le prêt est long et les revenus symétriques, moins le 100/100 offre un avantage décisif. Le surcoût s'accumule sur 20 ou 25 ans. La protection supplémentaire porte sur des sinistres dont la probabilité reste faible pour des emprunteurs jeunes et en bonne santé.
Quand les garanties invalidité sont solides
La quotité 100/100 concerne principalement le décès et la PTIA (perte totale et irréversible d'autonomie). Pour les incapacités et invalidités partielles (ITT, IPT), le mécanisme est différent : l'assurance couvre les mensualités pendant la période d'invalidité, proportionnellement à la quotité, mais le capital n'est pas soldé.
Si votre préoccupation principale est la maladie et l'invalidité partielle plutôt que le décès, renforcer les garanties ITT/IPT peut être plus pertinent que de passer au 100/100.
L'alternative intelligente : l'asymétrie calculée
Le 100/100 n'est pas la seule solution au risque de sous-couverture. Une répartition asymétrique bien calibrée peut offrir une protection équivalente à moindre coût.
Exemple : un couple marié où l'un gagne 4 500 € et l'autre 2 000 €. Au lieu de 50/50 (risque si le principal disparaît) ou 100/100 (surcoût élevé), une quotité 80/20 sur l'apporteur principal et 30/70 inversé sur le second peut être optimisée. L'apporteur principal est couvert à 80 % (la banque rembourse 80 % si il décède), ce qui peut suffire si le second peut assumer les 20 % restants avec ses revenus propres.
Le calcul optimal dépend de chaque situation. Mais l'alternative au 100/100 n'est pas forcément le 50/50 : des répartitions 70/30, 80/20 ou 60/40 permettent de moduler finement la protection et le coût.
Ce que la délégation change au calcul
En contrat groupe (capital initial), le surcoût absolu du 100/100 vs 50/50 peut représenter 7 000 à 10 000 € sur 20 ans pour un prêt de 300 000 €. En délégation individuelle (capital restant dû), les taux de base sont de 30 à 50 % inférieurs. Le surcoût proportionnel reste identique, mais le montant absolu est bien moindre.
Un couple sain de 38 ans passant du groupe (0,40 %) à la délégation (0,15 %) voit sa prime totale chuter d'environ 13 000 € sur la durée. Dans ce nouveau cadre, passer au 100/100 en délégation peut coûter moins cher qu'un 50/50 en groupe.
Le simulateur Kidonk permet de comparer ces scénarios avec vos chiffres réels en 2 minutes.
Tableau de recommandation par profil
Profil | Quotité recommandée | Pourquoi |
|---|---|---|
Couple marié, revenus proches | 50/50 ou 70/30 | Protection légale suffisante, surcoût 100/100 injustifié |
Couple marié, revenus déséquilibrés (1 pour 3) | 70/30 ou 80/20 | Protéger l'apporteur principal sans aller au 100/100 |
Pacsés sans testament | 100/100 + testament | Pas de droits successoraux automatiques |
Concubins | 100/100 | Aucune protection légale en cas de décès |
Prêt court (< 10 ans) | 100/100 | Surcoût absolu faible, protection maximale |
Profil avec gros écart d'âge (> 10 ans) | 100 % sur le senior | Le risque de décès est concentré sur un seul profil |
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FAQ
Que signifie concrètement une quotité 100/100 ?
Chacun des deux co-emprunteurs est couvert à hauteur de 100 % du capital restant dû. Si l'un décède ou tombe en invalidité permanente totale, l'assurance rembourse l'intégralité du capital restant dû à la banque. Le survivant est libéré de toute dette. La quotité cumulative atteint 200 %, soit le double du minimum légal (100 %).
Combien coûte le 100/100 de plus qu'un 50/50 ?
Sur un prêt de 300 000 € sur 20 ans avec un TAEA groupe de 0,40 %, la prime mensuelle passe d'environ 100 € (50/50) à 130-140 € (100/100). Soit un surcoût de 30 à 40 € par mois et 7 200 à 9 600 € sur la durée. En délégation individuelle, ces chiffres sont réduits de 30 à 50 %. Le surcoût proportionnel reste identique.
Est-il obligatoire d'avoir la même quotité pour les deux co-emprunteurs ?
Non. La banque impose uniquement que la somme des quotités atteigne au minimum 100 %. La répartition est libre. Un co-emprunteur peut assurer 70 %, l'autre 30 %. Ou l'un 100 % et l'autre 50 %. Chaque formule a ses implications en termes de coût et de protection en cas de sinistre.
La quotité 100/100 couvre-t-elle aussi l'ITT et l'IPT ?
Oui, mais le mécanisme est différent. En cas de décès ou PTIA, l'assurance solde le capital à hauteur de la quotité (100 % si 100/100). En cas d'ITT ou d'IPT, l'assurance prend en charge les mensualités pendant la période d'incapacité ou d'invalidité, proportionnellement à la quotité souscrite. Elle ne solde pas le capital.
Le 100/100 est-il toujours refusé par les banques ?
Non. La banque accepte la quotité 100/100 (somme = 200 %). Elle exige uniquement que chaque assuré couvre au minimum un certain pourcentage, souvent 25 à 50 % selon les établissements. Au-delà de ces minimums, la répartition est à votre discrétion.

