Fondamentaux

Tarification et coûts

Marié, pacsé ou en concubinage : ce que ça change concrètement pour votre assurance emprunteur

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Votre statut marital ne fait pas varier votre taux d'assurance d'un centime. L'assureur calcule votre prime selon votre âge, votre santé et votre profession, pas selon votre état civil. Mais les conséquences patrimoniales d'un décès, elles, dépendent entièrement de votre statut. Et c'est là que tout se joue.

Un concubin qui décède sans avoir pris de précautions peut laisser son partenaire face à une dette que l'assurance ne solde pas, et sans aucun droit légal sur le bien. Cette réalité change radicalement la façon dont vous devez calibrer vos quotités.

Ce que le statut marital ne change pas : le taux de prime

Commençons par ce point ferme. Un assureur fixe votre TAEA (taux annuel effectif d'assurance) selon sept critères : âge, état de santé, statut fumeur ou non-fumeur, profession, montant du prêt, durée et garanties souscrites. Votre état civil n'en fait pas partie.

Deux couples, l'un marié, l'autre en concubinage, avec les mêmes profils et le même prêt paieront exactement la même prime. Les 7 facteurs de la tarification individuelle sont identiques pour tous.

Ce qui diffère, c'est ce que vous perdez ou conservez si votre co-emprunteur meurt ou si vous vous séparez.

Mariés : la protection la plus solide, des quotités plus souples

Le mariage sous régime légal (communauté réduite aux acquêts) offre la structure juridique la plus protectrice pour un emprunteur en couple.

Ce que le régime légal implique. Les biens acquis pendant le mariage sont communs, sauf exceptions. Le logement acheté ensemble est un bien commun. En cas de décès de l'un des époux, le survivant dispose de droits successoraux automatiques sur la part du défunt, en plus de sa propre moitié de la communauté.

Ce que ça change sur les quotités. La protection juridique du mariage autorise une plus grande souplesse. Si les revenus sont proches et que chacun peut assumer seul la mensualité, le 50/50 suffit. En cas de décès de l'un, l'assurance solde la moitié du capital. Le survivant continue à rembourser l'autre moitié, comme il le faisait avant.

Le 70/30 s'impose quand les revenus sont déséquilibrés. L'apporteur principal assure 70 %, le second 30 %. Si le principal disparaît, l'assurance couvre 70 % du capital restant dû. Le survivant, avec des revenus plus modestes, peut faire face à la part non couverte.

Le 100/100 reste l'option la plus sécurisante, mais son surcoût (7 200 à 9 600 € sur 20 ans sur un prêt de 300 000 €) peut être difficile à justifier pour un couple marié aux revenus équilibrés. La protection légale du mariage constitue déjà un filet solide.

Le contrat joint pour les mariés. Techniquement accessible à tous les statuts, le contrat joint est souvent proposé aux couples. Il assure les deux emprunteurs sous une seule police. Sur des profils proches, il est généralement 10 à 20 % moins cher que deux contrats séparés. Sur des profils très différents (un trentenaire non-fumeur et un quinquagénaire avec antécédent), deux contrats en délégation individuelle peuvent s'avérer moins onéreux.

Pacsés : une protection réelle, mais des nuances à connaître

Le PACS est souvent assimilé au mariage. Sur le plan de l'assurance emprunteur, la réalité est plus nuancée.

Le régime légal du PACS est l'indivision. Contrairement au mariage (communauté réduite aux acquêts), le régime légal du PACS est l'indivision depuis 2007 (article 515-5 du Code civil). Les biens acquis ensemble pendant le PACS appartiennent aux deux partenaires à parts égales (50/50), sauf clause contraire dans la convention de PACS.

La solidarité des dettes est limitée. L'article 515-4 du Code civil prévoit que "les partenaires sont tenus solidairement à l'égard des tiers de leurs dettes contractées pour les besoins de la vie courante". Un prêt immobilier ne relève pas systématiquement de cette catégorie. En pratique, si les deux partenaires ont signé le prêt ensemble, ils sont co-emprunteurs et donc personnellement engagés, non pas en raison du PACS, mais en raison de leur signature sur le contrat de prêt.

Les droits successoraux. C'est le point délicat. Les partenaires pacsés n'ont pas de droit successoral automatique. Si l'un décède sans testament, sa part revient à sa famille (enfants, parents, fratrie selon l'ordre légal), pas au partenaire pacsé survivant. Pour qu'un partenaire pacsé hérite, un testament rédigé chez un notaire est indispensable.

Conséquences sur les quotités. Même avec un 50/50, si le partenaire pacsé décède sans testament, l'assurance rembourse sa moitié du capital. La banque est soldée à hauteur de 50 %. Mais la part du défunt dans la propriété du bien revient à sa famille légale, pas au partenaire survivant. Ce dernier doit racheter cette part, sans forcément en avoir les moyens.

Le 100/100 protège contre ce scénario : la dette est entièrement soldée, le survivant ne doit plus rien à la banque. Mais sans testament, il peut toujours perdre la propriété de la part du défunt. L'assurance emprunteur et la succession sont deux sujets distincts.

Recommandation pratique pour les pacsés. Combiner une quotité 100/100 et un testament notarié. L'assurance solde la dette. Le testament transfère la propriété. Les deux ensemble protègent réellement le partenaire survivant.

Concubinage : le profil à risque par excellence

Les concubins ne bénéficient d'aucune solidarité légale sur les dettes. Ils n'ont aucun droit successoral automatique. Sur le plan juridique, deux concubins propriétaires d'un bien immobilier sont deux indivisaires ordinaires.

Si l'un décède intestat (sans testament), sa part du bien revient à ses héritiers légaux : enfants en priorité, puis parents et fratrie. Le partenaire survivant n'a aucun droit légal sur cette part.

Scénario sans précaution. Nicolas, 40 ans, et Marie, 37 ans, empruntent 320 000 € sur 20 ans avec une quotité 50/50. Nicolas décède à 47 ans. L'assurance rembourse 50 % du capital restant dû, environ 130 000 €. La banque est partiellement soldée. Mais la part de Nicolas dans le bien (50 %) revient à sa famille. Marie doit racheter cette part à la succession de Nicolas pour ne pas perdre le logement. Sans les moyens de le faire, elle vend.

Scénario avec quotité 100/100. Même situation. Nicolas décède. L'assurance solde l'intégralité du prêt. Marie ne doit plus rien à la banque. Mais sans testament, la part de Nicolas dans la propriété revient toujours à sa famille. Marie doit racheter cette part, sans dette bancaire cette fois. Le surcoût du 100/100 avait un sens : au moins, elle n'a pas à emprunter pour solder le prêt ET racheter la part.

Scénario idéal. Quotité 100/100 ET testament notarié instituant le partenaire légataire universel (ou au minimum légataire de la part indivise). La dette est soldée. La propriété est transmise. Le survivant conserve le bien sans créance bancaire et sans procédure de rachat forcé.

Les calculs de remboursement en cas de décès par quotité illustrent ces scénarios avec des exemples chiffrés. La lecture est instructive avant toute décision de quotité.

Tableau comparatif : Statut, droits et quotités recommandées

Statut

Régime légal

Droits successoraux automatiques

Solidarité sur le prêt

Quotité minimale recommandée

Marié (régime légal)

Communauté

Oui (réserve héréditaire + part commune)

Oui (co-emprunteurs)

50/50 si revenus proches

Pacsé (régime légal)

Indivision (50/50)

Non (testament obligatoire)

Si co-emprunteurs

70/30 à 100/100 + testament

Concubin

Indivision proportionnelle

Non

Si co-emprunteurs

100/100 + testament

Contrat joint vs contrats séparés : quel choix selon votre statut ?

Le contrat joint est un contrat unique couvrant les deux co-emprunteurs. Il simplifie la gestion (une seule prime, un seul assureur) et coûte généralement moins cher pour des profils proches.

Le contrat joint convient bien aux couples mariés avec profils similaires. Il est moins adapté dès que les écarts d'âge, de santé ou de profession sont importants.

L'avantage des contrats séparés. Deux contrats individuels en délégation permettent d'ajuster chaque prime au profil réel de chaque assuré. Si l'un des co-emprunteurs est fumeur, de 10 ans l'aîné ou a un antécédent médical, son contrat peut être négocié indépendamment. Le profil sain ne paye pas pour le risque de l'autre.

Le cas de la séparation. En cas de rupture, deux contrats séparés se resilient indépendamment. Un contrat joint nécessite une démarche plus complexe : résiliation globale et souscription d'un nouveau contrat individuel pour celui qui garde le bien. Ce point est souvent négligé au moment de la souscription.

L'équivalence de garanties pour les couples avec deux profils différents explique comment comparer les couvertures de deux contrats séparés lors d'un changement d'assureur.

Ce que la délégation change pour tous les statuts

Quel que soit votre statut marital, la délégation d'assurance est votre principal levier d'optimisation. La loi Lagarde (2010) vous autorise à choisir librement votre assureur, et la loi Lemoine (2022) vous permet de changer à tout moment.

Un couple de concubins peut souscrire deux contrats individuels en délégation, l'un en 100/100 et l'autre aussi en 100/100, auprès de deux assureurs différents. Chaque prime est ajustée au profil réel. La couverture est maximale. Et le coût peut rester inférieur à un contrat groupe en 50/50.

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Pour aller plus loin

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FAQ

Le statut marital change-t-il le taux de prime en assurance emprunteur ?

Non. Le TAEA est calculé selon l'âge, la santé, la profession, le montant et la durée du prêt. Être marié, pacsé ou en concubinage ne modifie pas ce calcul. En revanche, le statut détermine les droits successoraux du survivant et la solidarité juridique sur la dette, ce qui influe fortement sur le choix optimal des quotités.

Les concubins ont-ils intérêt à choisir 100 % de quotité chacun ?

Quasi systématiquement oui. En l'absence de solidarité légale et de droits successoraux automatiques, un concubin qui décède sans testament laisse sa part du bien à sa famille légale. Même si l'assurance couvre 50 % du prêt (quotité 50/50), le survivant doit racheter la part de la succession, parfois sans en avoir les moyens. Le 100/100 solde la dette bancaire et simplifie considérablement la situation.

Les partenaires pacsés héritent-ils automatiquement l'un de l'autre ?

Non. Le PACS ne crée pas de droits successoraux automatiques. Si l'un des partenaires décède sans testament, sa part revient à ses héritiers légaux (enfants, parents, fratrie). Pour qu'un partenaire pacsé hérite, un testament notarié est indispensable. L'assurance emprunteur solde la dette bancaire mais ne transfère pas la propriété du bien : les deux démarches sont complémentaires.

Peut-on avoir des quotités différentes sur deux contrats séparés ?

Oui. Chaque co-emprunteur peut souscrire son propre contrat en délégation avec la quotité de son choix (sous réserve que la somme atteigne au minimum 100 %). Un partenaire peut assurer 100 % du prêt, l'autre aussi. Ou l'un assure 70 % et l'autre 30 %. Deux contrats séparés offrent plus de souplesse qu'un contrat joint, notamment si les profils sont différents.

Un contrat joint peut-il être résilié en cas de séparation ?

Oui, mais la démarche est plus complexe qu'avec deux contrats séparés. La résiliation infra-annuelle permet de résilier à tout moment. Mais il faut ensuite souscrire un nouveau contrat individuel pour le co-emprunteur qui conserve le bien. Cette démarche peut prendre plusieurs semaines. Avoir deux contrats séparés dès la souscription facilite grandement la situation en cas de rupture.

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