Fondamentaux

Contrats

Tarification individuelle assurance emprunteur : les 7 facteurs qui font vraiment varier votre prime

Votre voisin paie 38 €/mois pour son assurance emprunteur individuelle. Vous payez 94 €. Même banque, même montant de prêt. Ce n'est pas une anomalie : c'est exactement le principe de la tarification personnalisée.

Contrairement au contrat groupe bancaire, qui applique un taux identique à tous les emprunteurs d'une même tranche d'âge, l'assureur individuel analyse votre dossier en détail. Sept critères structurent ce calcul. Les connaître, c'est comprendre votre devis, identifier vos marges de manoeuvre, et éviter les mauvaises surprises à la signature.

Les 7 facteurs : tableau synthétique

Facteur

Impact sur le taux

Possibilité d'action

Âge

Très fort (dominant)

Non

État de santé / antécédents

Fort à très fort

Partielle (déclaration précise)

Tabac

Fort (+50 à +100 %)

Oui (arrêt tabac reconnu)

IMC

Modéré à fort

Partielle

Profession

Modéré à fort

Partielle (comparer assureurs)

Sport à risque

Modéré (rachat possible)

Oui (rachat d'exclusion)

Quotité + durée du prêt

Mécanique (calcul)

Oui (stratégie de quotité)

Facteur 1 : l'âge, le critère dominant

L'âge est le facteur qui pèse le plus lourd dans la tarification individuelle. La raison est purement statistique : le risque de décès, d'invalidité ou d'arrêt de travail prolongé augmente avec l'âge.

Pour un prêt de 300 000 € sur 25 ans, les taux individuels varient ainsi en 2026 :

Âge à la souscription

Taux individuel (profil sain)

Taux groupe équivalent

30 ans

0,10-0,14 %

0,28-0,32 %

40 ans

0,18-0,25 %

0,38-0,45 %

50 ans

0,32-0,45 %

0,60-0,75 %

60 ans

0,55-0,70 %

1,10-1,23 %

Ce tableau illustre une vérité souvent ignorée : le contrat groupe pénalise proportionnellement beaucoup plus les seniors. À 60 ans, l'écart entre groupe et individuel représente encore 40 à 50 % du coût total.

L'âge est le seul facteur sur lequel vous n'avez aucune prise. C'est aussi celui qui rend urgent d'agir tôt. Plus vous attendez pour déléguer votre assurance, plus les économies potentielles s'amenuisent.

Facteur 2 : l'état de santé et les antécédents médicaux

C'est le facteur le plus redouté, et souvent le plus mal compris.

L'assureur individuel évalue votre santé via un questionnaire médical. Il s'intéresse à vos antécédents personnels (hospitalisations, pathologies déclarées, traitements en cours), mais aussi à votre situation actuelle (consommation de médicaments, visites médicales récentes). Si votre profil est jugé "aggravé", deux issues sont possibles : une surprime ou une exclusion de garantie pour la pathologie concernée.

La surprise pour beaucoup d'emprunteurs : un antécédent ancien et bien traité n'entraîne pas toujours de majoration. Chaque assureur applique ses propres grilles médicales. Un infarctus à 45 ans, suivi pendant 5 ans sans complication, peut être tarifé normalement chez un assureur et déclencher une surprime de 40 % chez un autre.

C'est pourquoi comparer plusieurs assureurs individuels est encore plus décisif quand votre profil santé est chargé.

La bonne nouvelle : depuis la loi Lemoine de 2022 (art. L.521-1 du Code de la consommation), les emprunteurs dont le crédit ne dépasse pas 200 000 € et dont le remboursement se termine avant leurs 60 ans sont totalement dispensés de questionnaire médical. Aucune surprime liée à la santé n'est possible dans ce cas.

Facteur 3 : le tabac, le seul critère binaire automatique

Le tabac est le facteur le plus systématique et le plus lisible. Fumeur : surprime. Non-fumeur : taux de base.

La majoration varie selon les assureurs, mais se situe généralement entre +50 % et +100 % du taux de base. Sur un prêt de 300 000 € sur 25 ans, avec un taux de base de 0,20 %, la différence représente :

  • Non-fumeur : 50 €/mois d'assurance, soit 15 000 € sur la durée

  • Fumeur (taux à 0,30 %) : 75 €/mois, soit 22 500 € sur la durée

  • Écart : 7 500 € de prime supplémentaire pour le seul critère tabac

Ce qui complique le sujet : la définition de "fumeur" varie. Certains assureurs classent les utilisateurs de cigarettes électroniques avec les fumeurs. D'autres excluent les cigares occasionnels. La date de sevrage est aussi scrutée : un ex-fumeur est généralement reconnu comme non-fumeur après 12 à 24 mois sans rechute selon les assureurs, parfois 3 ans.

Si vous avez arrêté de fumer depuis plus d'un an, signalez-le à chaque assureur et demandez explicitement si vous pouvez être tarifé en "non-fumeur". La réponse n'est pas la même partout. L'article dédié au tabac et aux surprimes fumeur détaille les politiques assureur par assureur.

Facteur 4 : l'IMC, le critère discret

L'IMC (Indice de Masse Corporelle) n'est pas toujours mentionné dans les devis, mais il est systématiquement évalué. Les seuils standard appliqués par la majorité des assureurs individuels en 2026 :

IMC

Traitement tarifaire

< 26

Taux de base (aucune majoration)

26-30

Légère majoration possible selon profil global

30-35

Surprime de +20 à +50 % selon assureur

35-40

Surprime significative (+50-100 %)

> 40

Refus fréquent, orientation vers convention AERAS

L'IMC agit rarement seul. Combiné à l'âge, au tabac ou à des antécédents cardiaques, son impact s'amplifie. Un profil 45 ans, IMC 31, non-fumeur sans antécédents peut obtenir une surprime de +20 %. Le même profil fumeur : +70 %.

Bonne nouvelle pour les profils hors normes : la convention AERAS prévoit un mécanisme de traitement en 3 niveaux (assureur normal, réassureur, pool aléatoire) pour les dossiers refusés. Le plafond d'écrêtement des surprimes est fixé à 1,4 point dans le TEG pour les revenus inférieurs à 47 100 €/an en 2025.

Facteur 5 : la profession, ce que le groupe ignore complètement

L'assurance groupe bancaire ne demande jamais votre métier. Le taux est le même pour un comptable et un couvreur de toitures. L'assureur individuel, lui, distingue soigneusement.

Les professions sont classées en 3 à 4 catégories selon le risque physique, l'exposition aux accidents et les conditions de travail :

Catégorie

Exemples

Impact tarifaire

Cat. 1 (bureau, faible risque)

Cadre, enseignant, médecin libéral

Taux de base

Cat. 2 (travail terrain)

Commercial itinérant, chauffeur, infirmier

+10 à +25 %

Cat. 3 (risque élevé)

BTP, marin, policier, pompier

+25 à +60 %

Cat. 4 (risque très élevé)

Militaire en mission, plongeur professionnel

+60 % à refus

Même avec une profession en catégorie 3, l'assurance individuelle reste souvent moins chère que le groupe pour les moins de 45 ans. Pourquoi ? Parce que le taux de base individuel part d'un niveau bien inférieur, et la surprime métier s'applique sur ce niveau bas. Un couvreur de 38 ans peut payer 0,27 % en individuel (avec surprime) contre 0,40 % en groupe.

Facteur 6 : les sports à risque, des exclusions qui se rachètent

La pratique d'un sport à risque peut déclencher une exclusion de garantie ou une surprime. Ce n'est pas automatique : beaucoup de sports considérés "à risque" dans l'imaginaire collectif (ski, équitation, vélo de route) ne déclenchent aucune majoration.

Les sports qui posent réellement problème : moto (surtout circuit), parachutisme, alpinisme, sports de combat à titre de compétition, sports sous-marins.

La grande différence avec le contrat groupe : l'assureur individuel propose souvent un "rachat d'exclusion". Vous payez une surprime additionnelle (typiquement +10 à +30 % du taux de base selon le sport) et le sinistre lié à cette activité est couvert. L'assurance groupe, elle, exclut sans offrir de rachat.

Pour un motard de 40 ans avec un prêt de 250 000 €, le rachat d'exclusion moto coûte environ 10 à 15 €/mois supplémentaires. En individuel, même avec ce rachat, son coût total reste inférieur au groupe.

Facteur 7 : quotité et durée, les paramètres que vous contrôlez

Ces deux paramètres ne relèvent pas de votre profil personnel, mais ils influencent directement le montant de votre prime.

La quotité représente le pourcentage du prêt couvert par votre assurance. Sur un prêt en couple, choisir 100 % sur les deux têtes double la prime par rapport à un 50/50. Une quotité de 70/30 réduit la prime totale tout en maintenant une protection asymétrique (l'emprunteur qui gagne le plus est mieux couvert).

La durée du prêt influence la prime mensuelle, mais pas toujours le coût total. En assurance calculée sur le capital restant dû (méthode individuelle), les premières années sont plus chères et les dernières moins. Sur le capital initial (méthode groupe), le montant reste fixe tout au long du prêt.

L'article sur l'optimisation de quotité pour les couples explore ce levier en détail.

Cas pratique : 3 profils, le même prêt de 300 000 €

Trois emprunteurs, un même crédit de 300 000 € sur 25 ans. Voyons comment la tarification individuelle les traite différemment.

Sophie, 32 ans, juriste, non-fumeuse, IMC 21, aucun antécédent.
Son profil est optimal. Taux individuel : 0,12 %.
Prime mensuelle : 30 €. Sur 25 ans : 9 000 €.
Groupe proposé par sa banque : 0,30 %. Prime : 75 €/mois, soit 22 500 € sur la durée.
Économie individuelle : 13 500 €.

Marc, 44 ans, commercial terrain, non-fumeur, IMC 27, lombalgies déclarées, profession cat. 2.
Son profil est intermédiaire. Taux individuel estimé : 0,28 % (terrain +15 % + légère majoration dos).
Prime mensuelle : 70 €. Sur 25 ans : 21 000 €.
Groupe proposé : 0,47 %. Prime : 117,50 €/mois, soit 35 250 € sur la durée.
Économie individuelle : 14 250 €.

Denis, 52 ans, couvreur (BTP cat. 3), ex-fumeur depuis 2 ans (toujours classé fumeur chez son assureur), IMC 31.
Son profil cumule 3 facteurs aggravants. Taux individuel estimé : 0,52 % (âge + profession + tabac + IMC).
Prime mensuelle : 130 €. Sur 25 ans : 39 000 €.
Groupe proposé : 0,78 % (tarif senior BTP). Prime : 195 €/mois, soit 58 500 € sur la durée.
Économie individuelle : 19 500 €.

Bilan : même pour Denis, le profil le plus chargé, l'assurance individuelle reste significativement moins chère. La tarification personnalisée pénalise les facteurs de risque de Denis, mais elle pénalise encore davantage son profil dans le groupe, parce que la mutualisation absorbe tous les profils similaires sans discrimination fine.

Vérifiez votre propre simulation en moins de 2 minutes sur le simulateur Kidonk. Le résultat est immédiat, sans engagement.

Ce que la tarification personnalisée change vraiment

La tarification personnalisée n'est pas simplement un mécanisme moins cher. C'est un système qui aligne le prix sur le risque réel. Pour les profils sains, l'économie est massive. Pour les profils chargés, le prix reflète honnêtement le coût du risque, sans subsidier les autres.

Le contrat groupe fait l'inverse : il lisse tous les risques, ce qui avantage les profils à risque élevé et pénalise lourdement les profils sains. Les 5 profils qui gagnent avec l'assurance individuelle détaillent précisément qui bénéficie le plus de ce basculement.

Deux textes encadrent ce marché : l'article L.313-30 du Code de la consommation (droit à la délégation d'assurance, loi Lagarde 2010) et les articles L.521-1 à L.521-5 (loi Lemoine 2022, dispense de questionnaire médical). Le guide de la délégation sur service-public.fr synthétise vos droits.

Pour aller plus loin

FAQ

Qu'est-ce qu'une tarification personnalisée en assurance emprunteur ?
C'est un mode de calcul de la prime basé sur votre profil individuel : âge, état de santé, tabac, profession, IMC et sport à risque. Chaque emprunteur obtient un taux propre, à la différence du contrat groupe bancaire où tous les emprunteurs d'une même tranche d'âge paient le même taux.

Quels sont les facteurs qui font le plus monter la prime individuelle ?
L'âge est le facteur dominant, suivi de l'état de santé et du tabac. La combinaison de plusieurs facteurs aggravants (âge avancé + tabac + IMC élevé) peut multiplier le taux par 3 ou 4 par rapport à un profil sain. La profession et les sports à risque pèsent plus modérément, et un rachat d'exclusion sport est souvent possible.

La tarification individuelle est-elle toujours moins chère que le groupe ?
Pour la grande majorité des emprunteurs, oui. Les données de marché 2025-2026 montrent que 92 % des personnes ayant opté pour un contrat individuel réalisent une économie. Les exceptions concernent principalement les profils très aggravés (maladie grave récente, IMC > 40) et certains seniors avec de nombreux antécédents.

Peut-on changer d'assurance si on découvre qu'on a surpayé ?
Oui. La loi Lemoine (2022) autorise la résiliation à tout moment, sans frais ni pénalité, dès lors que le nouveau contrat offre des garanties au moins équivalentes. La banque dispose de 10 jours ouvrés pour accepter ou refuser le nouveau contrat. En cas de refus abusif, le médiateur bancaire peut être saisi.

Que se passe-t-il si l'assureur individuel refuse ma demande ?
Deux recours existent. D'abord, comparer plusieurs assureurs individuels : les grilles médicales varient significativement, et un refus chez l'un n'implique pas un refus généralisé. Ensuite, si le marché normal refuse, la convention AERAS permet un traitement en 3 niveaux pour les prêts jusqu'à 420 000 €, avec plafonnement des surprimes pour les revenus modestes.

Existe-t-il des cas où le questionnaire médical n'est pas requis ?
Oui. Depuis la loi Lemoine (2022), aucun questionnaire médical n'est exigé si le crédit ne dépasse pas 200 000 € par assuré et si le remboursement se termine avant les 60 ans de l'emprunteur. Dans ce cas, l'assureur ne peut pas appliquer de surprime liée à l'état de santé.

Jusqu'à 50% d'économie en changeant d'assurance emprunteur

Avec Kidonk, changer d'assurance de prêt n'a jamais été aussi simple.

Jusqu'à 50% d'économie en changeant d'assurance emprunteur

Avec Kidonk, changer d'assurance de prêt n'a jamais été aussi simple.

Jusqu'à 50% d'économie en changeant d'assurance emprunteur

Avec Kidonk, changer d'assurance de prêt n'a jamais été aussi simple.

Feedback

“Merci à l’équipe Kidonk qui m’a aidé à renégocier les contrats assurance emprunteur de mes biens. Plus de 9000€ économisés grâce à eux. Je recommande !”

Patrick

"Renégociation rapide et efficace, service au top ! Excellent accompagnement, j’ai économisé 3 650 € sur mon assurance emprunteur
Merci"

Chloé

"Grâce à Kidonk, nous avons économisé 150€/mois sur notre assurance de prêt ! rien que ça !
Merci "

Vireak

Feedback

“Merci à l’équipe Kidonk qui m’a aidé à renégocier les contrats assurance emprunteur de mes biens. Plus de 9000€ économisés grâce à eux. Je recommande !”

Patrick

"Renégociation rapide et efficace, service au top ! Excellent accompagnement, j’ai économisé 3 650 € sur mon assurance emprunteur
Merci"

Chloé

"Grâce à Kidonk, nous avons économisé 150€/mois sur notre assurance de prêt ! rien que ça !
Merci "

Vireak

Feedback

“Merci à l’équipe Kidonk qui m’a aidé à renégocier les contrats assurance emprunteur de mes biens. Plus de 9000€ économisés grâce à eux. Je recommande !”

Patrick

"Renégociation rapide et efficace, service au top ! Excellent accompagnement, j’ai économisé 3 650 € sur mon assurance emprunteur
Merci"

Chloé

"Grâce à Kidonk, nous avons économisé 150€/mois sur notre assurance de prêt ! rien que ça !
Merci "

Vireak