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Tarification et coûts
IMC, surpoids et obésité : quel impact réel sur votre prime d'assurance emprunteur ?
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Votre poids est l'une des premières données que l'assureur lit dans votre questionnaire. Taille + poids = IMC. Ce calcul détermine ensuite si votre profil entre dans les cases standard ou dans celles des surcoûts.
La bonne nouvelle : l'IMC seul, sans autres facteurs de risque, pèse peu jusqu'à 30. Entre 30 et 35, l'impact est modéré. Au-delà de 35, les surprimes deviennent significatives. Le seuil de refus potentiel se situe vers 43.
Comment l'assureur utilise l'IMC
L'IMC (indice de masse corporelle) se calcule en divisant le poids en kg par le carré de la taille en mètre. Un IMC de 27 pour quelqu'un mesurant 1,72 m et pesant 80 kg.
Ce n'est pas l'IMC lui-même qui déclenche la décision, mais le risque cardiovasculaire et métabolique qu'il représente statistiquement. Un IMC de 32 chez une personne de 40 ans sans aucune autre condition médicale est perçu différemment d'un IMC de 32 associé à une hypertension, un diabète ou un tabagisme actif.
L'assureur regarde donc l'IMC comme un facteur parmi d'autres. Mais c'est un facteur aggravant systématique dès qu'une comorbidité est présente.
Les seuils qui déclenchent un impact
Tranche IMC | Garantie décès / PTIA | Garantie ITT | Commentaire |
|---|---|---|---|
< 25 | 0 % | 0 % | Aucun impact |
25 à 29,9 | 0 % | 0 % | Surpoids léger, généralement sans effet |
30 à 34,9 | 0 % à 25 % | 0 % à 25 % | Variable selon assureur et comorbidités |
35 à 39,9 | 50 % à 75 % | 0 % à 50 % | Surprime systématique sans comorbidités |
≥ 40 (≤ 43) | 75 % à 150 % | 75 % à 100 % | Risque élevé |
> 43 | Refus fréquent | Refus fréquent | Convention AERAS en dernier recours |
Sources : grilles courtiers spécialisés assurance emprunteur, données 2026.
Une précision importante : la fourchette "0 % à 25 %" pour IMC 30-35 signifie que certains assureurs n'appliquent aucun surcoût si le reste du profil est très propre (pas de diabète, pas d'HTA, pas de tabac, bilan lipidique normal). D'autres appliquent 25 % par défaut pour tout IMC supérieur à 30. La comparaison entre assureurs est donc particulièrement utile dans cette tranche.
Ce qui aggrave l'impact de l'IMC
L'IMC ne joue jamais seul. L'assureur l'évalue toujours en combinaison avec le reste du profil.
Comorbidités métaboliques : HTA, diabète type 2, syndrome métabolique. Chaque comorbidité liée à l'obésité ajoute un coefficient. Un IMC 33 sans aucune comorbidité : surprime faible ou nulle. Le même IMC 33 avec HTA et diabète type 2 : surprime de 50 % ou plus.
Syndrome d'apnée du sommeil (SAOS). L'apnée obstructive du sommeil est fréquemment associée à l'obésité. Si elle est déclarée non traitée, elle aggrave fortement l'évaluation du risque cardiovasculaire. Traitée par PPC (pression positive continue), l'impact est très réduit.
Tabac. La combinaison obésité + tabac est l'une des plus pénalisantes. Elle multiplie les risques cardiovasculaires de façon non additive. Un IMC 31 fumeur actif est traité très différemment d'un IMC 31 non-fumeur.
Exemple chiffré
Laurent, 45 ans, technicien, IMC 33, non-fumeur, sans comorbidité.
Prêt : 200 000 € sur 20 ans
Taux de référence sans condition médicale (délégation, 45 ans) : 0,26 %
Prime mensuelle standard : environ 43 €/mois
Avec une surprime de 25 % sur décès/PTIA uniquement :
Taux ajusté : 0,325 %
Prime mensuelle : environ 54 €/mois
Surcoût sur 20 ans : 2 640 €
Sans surprime (profil bien présenté, bilan favorable, IMC 33 sans comorbidité) :
Prime standard : 43 €/mois
Gain par rapport au scénario précédent : 2 640 €
Pour un IMC 37 avec HTA légère :
Surprime probable : 75 % sur décès/PTIA
Taux ajusté : 0,455 %
Prime mensuelle : environ 76 €/mois
Surcoût total sur 20 ans vs profil sain : 7 920 €
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Ce que vous pouvez joindre pour améliorer votre dossier
Un IMC élevé sans comorbidité peut être compensé par un dossier médical solide.
Documents utiles :
Bilan biologique récent : glycémie à jeun, bilan lipidique complet (HDL, LDL, triglycérides), créatinine
Relevé de tension récent (sous 140/90 mmHg)
Compte-rendu de médecine interne ou de suivi nutritionnel
Si apnée traitée : attestaire d'observance PPC (témoigne du traitement efficace)
L'objectif est de dissocier l'IMC élevé du risque cardiovasculaire réel. Bilan lipidique normal, glycémie normale, tension normale : ces marqueurs prouvent que l'obésité ne s'est pas encore traduite en pathologie active. L'assureur peut en tenir compte.
Assurance groupe vs délégation : l'IMC mieux traité en individuel
L'assurance groupe bancaire capture l'IMC via les questions taille/poids du questionnaire simplifié. Mais elle n'analyse pas les comorbidités avec la même finesse. Résultat : un IMC 31 avec un bilan parfait se verra souvent appliquer une surprime automatique dans le groupe.
La délégation individuelle permet une analyse plus fine. Un assureur peut décider, sur la base d'un bilan complet favorable, qu'un IMC 31-32 sans aucune comorbidité ne justifie pas de surprime. Cette décision est impossible dans les grilles groupe.
L'article sur l'impact de la santé sur la tarification détaille pourquoi la granularité de l'analyse en délégation profite particulièrement aux profils "borderline".
La loi Lemoine comme alternative
Pour les prêts inférieurs à 200 000 € par personne avec fin de remboursement avant 60 ans, la loi Lemoine supprime tout questionnaire de santé. L'IMC disparaît du calcul. C'est le levier le plus simple pour les emprunteurs concernés.
Les détails dans l'article droit à l'oubli et questionnaire supprimé.
Pour aller plus loin
Santé et antécédents : comment vos conditions impactent vraiment votre prime
Questionnaire de santé : ce que chaque réponse déclenche vraiment
Hypertension et assurance emprunteur : entre zéro surprime et +50 %
Diabète type 2 : la tarification selon l'équilibre glycémique
5 stratégies pour réduire l'impact de votre état de santé sur votre prime
FAQ
À partir de quel IMC l'assurance emprunteur devient-elle plus chère ?
Les premières surprimes apparaissent généralement à partir d'un IMC de 30. Entre 25 et 30, la grande majorité des assureurs n'applique aucun surcoût. Entre 30 et 35, les surcoûts sont variables (0 à 25 % selon l'assureur et les comorbidités). Au-delà de 35, les surprimes deviennent systématiques et significatives.
Un IMC élevé peut-il mener à un refus d'assurance emprunteur ?
Oui, à partir d'un IMC supérieur à 43 environ, les refus deviennent fréquents dans les contrats standards. La convention AERAS peut alors permettre de trouver une couverture jusqu'à 420 000 € de prêt. En dessous de ce seuil, un refus sur le seul critère IMC sans autre comorbidité est rare.
Mon IMC est de 32 mais je n'ai aucune maladie chronique. Aurai-je une surprime ?
Pas nécessairement. Certains assureurs en délégation individuelle acceptent un IMC entre 30 et 35 sans surprime si le bilan métabolique est normal (glycémie, lipides, tension, pas d'apnée). Présenter un bilan récent favorable augmente significativement la probabilité d'une acceptation standard.
La cigarette électronique est-elle traitée comme le tabac pour l'assurance emprunteur ?
La plupart des assureurs traitent le vapotage comme le tabac si le liquide utilisé contient de la nicotine. Quelques assureurs en délégation font la distinction entre vape sans nicotine (tarif non-fumeur possible) et vape avec nicotine (tarif fumeur). Ce point mérite d'être vérifié directement dans le questionnaire de chaque assureur.

