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Dépassement du seuil Lemoine : quand le questionnaire médical redevient-il obligatoire ?
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En bref : l'exemption du questionnaire de santé Lemoine ne s'acquiert pas une fois pour toutes. Elle s'apprécie à chaque nouvelle opération d'assurance. Un nouveau crédit qui fait dépasser 200 000 € d'encours cumulé, ou un avenant qui repousse l'échéance au-delà de 60 ans, fait retomber sous le questionnaire médical classique. À l'inverse, un simple changement d'assureur sur un prêt déjà couvert ne remet rien en cause.
Beaucoup d'emprunteurs croient l'exemption Lemoine acquise à vie une fois obtenue. C'est faux. Chaque nouveau contrat d'assurance repasse par la grille des deux conditions de l'article L.113-2-1 du Code des assurances.
Ce texte supprime le questionnaire de santé seulement si la part assurée sur l'encours cumulé reste sous 200 000 € par assuré, et si le prêt se termine avant le 60e anniversaire de l'assuré. Ces deux seuils ne se vérifient pas qu'à l'instant T de la première souscription.
L'exemption Lemoine se réévalue-t-elle après la souscription ?
Oui, à chaque nouvelle opération d'assurance. Le texte de loi ne fixe pas explicitement ce principe de façon littérale, mais sa logique découle du fonctionnement même de l'assurance de prêt : chaque contrat d'assurance est évalué au moment de sa mise en place, en fonction de l'encours qu'il garantit et de l'échéance qu'il couvre.
Concrètement, trois types d'événements produisent trois effets différents.
Un nouveau crédit garanti par une assurance emprunteur déclenche une évaluation neuve. Si l'encours cumulé de l'assuré dépasse alors 200 000 €, l'exemption tombe pour cette nouvelle part assurée. Un avenant substantiel à un prêt existant, qui repousse l'échéance finale ou augmente l'encours garanti, entraîne la même réévaluation. Une substitution d'assurance seule, sans toucher au montant ni à la durée du prêt, ne change rien aux conditions déjà acquises sur ce prêt.
Cette distinction manque cruellement d'explications claires sur le marché. Le guide complet de la loi Lemoine présente le dispositif général, mais peu de ressources détaillent ce qui se passe après la première souscription.
Nouveau crédit et dépassement du seuil de 200 000 €
Le premier paragraphe d'un H2 sur ce point doit répondre vite : un nouveau crédit garanti par une assurance emprunteur, ajouté à l'encours déjà assuré, peut faire franchir le plafond de 200 000 € par assuré. Dans ce cas, l'assureur redemande un questionnaire de santé sur la nouvelle part, même si le premier prêt restait, lui, exempté.
Karim a 48 ans. Il rembourse encore 180 000 € sur son crédit immobilier principal, souscrit sans questionnaire de santé grâce à l'exemption Lemoine. Il lance des travaux de rénovation énergétique et souscrit un crédit travaux de 30 000 €, garanti lui aussi par une assurance emprunteur.
Son encours cumulé atteint alors 210 000 €. Le seuil des 200 000 € est dépassé. L'assureur du nouveau crédit travaux exige un questionnaire médical classique, alors que le prêt immobilier initial reste, lui, couvert sans réexamen.
Ce mécanisme surprend beaucoup d'emprunteurs de 45 à 55 ans qui pensent le nouveau crédit isolé de l'ancien. L'article sur le piège de l'encours cumulé détaille les types de crédits qui entrent dans ce calcul.
Avant de signer un nouveau crédit, mieux vaut vérifier sa marge disponible sous le plafond de 200 000 €. Simulez votre projet en 2 minutes pour connaître votre situation exacte avant de vous engager.
Avenant, rachat de crédit : quand la restructuration fait perdre l'exemption
Un avenant qui repousse l'échéance finale du prêt au-delà du 60e anniversaire de l'assuré, ou qui augmente l'encours garanti, remet en cause l'exemption acquise. Un avenant purement technique, sans effet sur la durée ni sur le montant assuré, ne la remet pas en cause.
Nathalie a 56 ans. Son prêt immobilier, souscrit à 50 ans sur 8 ans, devait initialement s'achever à 58 ans, sous le seuil des 60 ans exigé par la loi. Elle rembourse 160 000 €, sous le plafond de 200 000 €.
Confrontée à une baisse temporaire de revenus, elle négocie un rachat de crédit avec allongement de la durée. Le nouveau prêt s'étale sur 6 années supplémentaires, avec une échéance repoussée à 62 ans.
Cette restructuration constitue, pour l'assurance, une nouvelle opération de garantie. L'échéance dépasse désormais 60 ans. La condition d'âge de l'article L.113-2-1 n'est plus respectée. Nathalie perd l'exemption et doit remplir un questionnaire de santé pour la nouvelle assurance liée au prêt restructuré.
L'article sur l'âge et la durée de prêt maximale permet de calculer, selon l'âge à la souscription, la durée qui garde l'échéance sous 60 ans. Avant toute restructuration après 50 ans, ce calcul mérite d'être refait avec la nouvelle durée envisagée.
Un rachat de crédit qui ne touche ni à la durée ni au montant assuré, par exemple une simple renégociation de taux sans allongement, ne déclenche en revanche pas cette réévaluation. La vigilance porte spécifiquement sur l'échéance finale et sur l'encours garanti, pas sur la nature de l'opération elle-même.
Changer d'assureur : la substitution seule ne redéclenche rien
Le droit de résiliation à tout moment, introduit par la même loi Lemoine, permet de changer d'assureur sur un prêt en cours, à n'importe quel moment, sans frais. Cette substitution ne remet pas en cause, à elle seule, les conditions d'exemption déjà acquises sur le prêt initial.
Marc a 45 ans. Son prêt immobilier de 190 000 € sur 12 ans reste sous les deux seuils : encours inférieur à 200 000 €, échéance à 57 ans. Il a bénéficié de l'exemption à la souscription, sans questionnaire de santé.
Trois ans plus tard, il trouve une assurance déléguée moins chère et fait jouer son droit de résiliation à tout moment. Le prêt reste identique : même montant restant dû, même échéance finale. Rien ne change aux conditions d'éligibilité. Marc n'a pas à remplir de questionnaire de santé pour ce changement d'assureur.
Le service public confirme ce droit de résiliation à tout moment, sans le conditionner à un nouveau contrôle médical quand les caractéristiques du prêt restent inchangées. L'article sur la résiliation Lemoine expliquée détaille la procédure complète.
Le point de vigilance se situe ailleurs. Si la substitution s'accompagne d'une modification du prêt lui-même, par exemple un avenant simultané, c'est cette modification qui peut redéclencher l'examen, pas le changement d'assureur en tant que tel.
Perdre l'exemption ne signifie pas perdre son assurance
Remplir un questionnaire de santé après avoir bénéficié de l'exemption n'empêche pas d'être assuré. Cela replace simplement l'emprunteur dans le régime classique de tarification au risque, celui qui existait avant la loi Lemoine.
Pour un profil sans antécédent médical significatif, ce retour au questionnaire se traduit souvent par une formalité administrative, sans surprime notable. L'assureur évalue le risque réel et propose un tarif standard, pas nécessairement plus élevé qu'une prime calculée sans questionnaire.
Pour un emprunteur avec des antécédents de santé, la situation mérite plus d'attention. Le droit à l'oubli reste applicable dans ce cas : au-delà de 5 ans de rémission pour certains cancers et l'hépatite C, aucune surprime ni exclusion ne peut être appliquée, même hors exemption Lemoine. Ce droit fonctionne indépendamment des seuils de 200 000 € et de 60 ans.
Pour les pathologies plus lourdes ou récentes, la convention AERAS organise un examen à trois niveaux et un plafonnement du coût de l'assurance pour les emprunteurs présentant un risque aggravé de santé. Le fait de repasser sous questionnaire ne prive donc jamais un emprunteur de solution d'assurance, même en cas de refus initial d'un premier assureur.
Le réflexe le plus utile reste la comparaison entre assureurs avant de signer. Un questionnaire redevenu obligatoire chez l'assureur du groupe bancaire ne signifie pas un questionnaire identique, ni un tarif identique, chez un assureur en délégation.
Tableau de synthèse : quel événement déclenche quoi
Événement | Effet sur l'exemption Lemoine |
|---|---|
Nouveau crédit qui dépasse 200 000 € d'encours cumulé | Questionnaire exigé sur la nouvelle part assurée |
Avenant qui repousse l'échéance après 60 ans | Réévaluation, questionnaire probable |
Avenant qui augmente l'encours au-delà de 200 000 € | Réévaluation, questionnaire probable |
Avenant technique sans effet sur durée ou montant | Aucun effet, exemption maintenue |
Rachat de crédit sans allongement ni hausse d'encours | Aucun effet, exemption maintenue |
Substitution d'assurance seule, prêt inchangé | Aucun effet, exemption maintenue |
Ce tableau résume une règle simple. Ce qui compte n'est jamais la nature administrative de l'opération, mais son effet réel sur l'encours garanti et sur l'échéance finale.
L'assureur Cardif rappelle les deux conditions de base de l'exemption : encours cumulé sous 200 000 € par assuré, échéance avant 60 ans. Ces deux conditions restent la grille de lecture à chaque nouvelle opération, pas seulement à la première souscription.
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Questions fréquentes
Le questionnaire médical peut-il redevenir obligatoire après avoir bénéficié de l'exemption Lemoine ?
Oui. L'exemption s'apprécie à chaque nouvelle opération d'assurance, pas une fois pour toutes. Un nouveau crédit qui fait dépasser 200 000 € d'encours cumulé, ou un avenant qui repousse l'échéance après 60 ans, redéclenche un questionnaire de santé classique sur la nouvelle part garantie.
Un avenant à mon prêt immobilier remet-il en cause l'exemption Lemoine ?
Seulement s'il modifie la durée ou le montant assuré. Un avenant qui repousse l'échéance finale au-delà de 60 ans, ou qui augmente l'encours garanti au-delà de 200 000 €, entraîne une réévaluation. Un avenant purement technique, sans effet sur ces deux critères, ne change rien.
Changer d'assureur avec la loi Lemoine déclenche-t-il un nouveau questionnaire de santé ?
Non, si le prêt reste identique. Le droit de résiliation à tout moment permet de changer d'assureur sans réexamen médical, tant que le montant restant dû et l'échéance finale ne changent pas. Seule une modification du prêt lui-même peut redéclencher l'examen.
Comment savoir si mon encours cumulé dépasse 200 000 euros ?
L'encours cumulé additionne tous les crédits en cours garantis par une assurance emprunteur pour un même assuré : prêt immobilier, crédit travaux, prêt auto assuré, crédit consommation affecté à un projet immobilier. Un crédit revolving classique, sans assurance emprunteur associée, n'entre pas dans ce calcul.
Un rachat de crédit à 58 ans peut-il faire perdre l'exemption Lemoine ?
Oui, si le rachat allonge la durée au point de repousser l'échéance après 60 ans. À 58 ans, toute durée supérieure à 2 ans fait mécaniquement dépasser ce seuil. Le rachat déclenche alors un questionnaire de santé sur la nouvelle assurance liée au prêt restructuré.

