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Assurance emprunteur avec santé aggravée : le guide des solutions en 2026
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Avec une pathologie chronique, obtenir une assurance emprunteur n'est pas impossible. C'est juste plus long et plus cher, sauf si vous connaissez les bons leviers.
En 2026, 13 % des Français se voient refuser une assurance crédit pour raisons de santé. Ce chiffre monte à 25 % chez les personnes en affection longue durée (ALD), selon le baromètre Ipsos/LEEM d'avril 2026. Mais derrière ces refus, trois paliers de solutions existent. Peu d'emprunteurs les connaissent tous.
Ce guide cartographie ces solutions : du contrat groupe bancaire (ses limites précises) jusqu'aux courtiers spécialisés qui ont des accords avec des assureurs inaccessibles en direct.
Ce que le contrat groupe de votre banque refuse et pourquoi
Le contrat groupe bancaire est conçu pour la majorité. Il applique un tarif mutualisé, sans évaluation fine du profil médical. Dès que vous sortez de la norme, deux réponses classiques apparaissent : le refus, ou l'exclusion de garantie.
Un refus total signifie que l'assureur du groupe ne veut pas couvrir votre dossier. Une exclusion signifie qu'il accepte, mais en retirant du contrat précisément la garantie qui vous concerne le plus.
Exemple : un emprunteur avec antécédents de dépression sévère reçoit une offre groupe avec exclusion des "affections psychiatriques ou psychologiques". En cas d'arrêt de travail lié à une rechute, l'ITT ne s'active pas. Il cotise pour rien sur ce risque.
38 % des personnes en ALD se voient proposer des garanties réduites de ce type, selon le même baromètre 2026. C'est le refus déguisé.
Pourquoi les banques font ça ? Le contrat groupe est calibré sur un risque moyen. Intégrer un profil médical lourd sans surprime dégraderait la rentabilité du pool. Résultat : les banques préfèrent exclure plutôt qu'évaluer au cas par cas.
La délégation individuelle pour profil à risque casse cette logique : elle permet d'accéder à des assureurs qui acceptent précisément les profils que le groupe refuse.
Les trois paliers de solutions
Palier 1 : La loi Lemoine, quand le questionnaire disparaît
La loi Lemoine de 2022 a supprimé le questionnaire médical pour les prêts dont le montant par assuré ne dépasse pas 200 000 € et dont le remboursement s'achève avant les 60 ans de l'emprunteur.
Dans ce cas, l'assureur n'a pas le droit de vous interroger sur votre santé. Ni diabète, ni cancer, ni antécédents psychiatriques : rien n'est déclaré, rien n'est évalué. Vous obtenez le même tarif qu'un profil sain.
Ce palier ne s'applique pas à tout le monde, les prêts importants ou les emprunteurs de plus de 55 ans en sont exclus. Mais pour les primo-accédants avec un crédit modéré, c'est la sortie la plus propre.
L'article sur le droit à l'oubli et la suppression du questionnaire médical détaille toutes les conditions d'application.
Palier 2 : La convention AERAS - le filet de sécurité légal
Quand le questionnaire médical est obligatoire et que l'assureur standard refuse, la convention AERAS s'applique automatiquement. Vous n'avez rien à demander : tout assureur ou banque signataire de la convention est tenu de réexaminer votre dossier en trois niveaux successifs.
Niveau 1 : Analyse standard. L'assureur évalue votre dossier selon ses propres grilles.
Niveau 2 : Si le niveau 1 échoue, un service médical spécialisé réexamine le dossier. Des examens complémentaires peuvent être demandés.
Niveau 3 : Si le niveau 2 échoue, un pool de réassureurs examine le cas. C'est le dernier recours interne au système AERAS.
Pour les dossiers éligibles au niveau 3, deux conditions sont requises : le montant assuré ne dépasse pas 420 000 € et le remboursement s'achève avant les 71 ans de l'emprunteur.
La convention prévoit aussi un mécanisme d'écrêtement des surprimes : si votre revenu annuel est inférieur à 47 100 € (1 PASS 2025), la surprime est plafonnée à 1,4 point dans votre TAEG. Ce plafond peut changer significativement le coût total d'un crédit sur 20 ans.
Les détails du mécanisme, les grilles de référence par pathologie et les délais de réponse sont décrits sur aeras-infos.fr, le site officiel de la convention.
Palier 3 : La délégation spécialisée - l'option la plus performante
C'est le palier que les banques ne vous proposent jamais spontanément.
Un assureur alternatif, sélectionné par un courtier spécialisé, peut accepter votre dossier là où le groupe bancaire a refusé. Parfois avec une surprime. Parfois sans exclusion. Parfois avec une couverture plus large que ce que vous espériez.
La différence vient du modèle économique : un assureur individuel évalue chaque dossier sur mesure. Il peut accepter un profil complexe si les données médicales objectivent un risque maîtrisé, là où le groupe applique une règle générale sans discernement.
Ce palier est le plus puissant, mais aussi le plus exigeant à mettre en œuvre seul. Il nécessite un courtier qui connaît les critères précis de chaque assureur pour chaque pathologie.
La logique de la surprime : comment elle se calcule, comment la réduire
Une surprime n'est pas une punition arbitraire. C'est une traduction actuarielle du surrisque que vous représentez statistiquement pour l'assureur. Plus le risque est objectivable et maîtrisé, plus la surprime est négociable.
Ce que les assureurs regardent en priorité :
L'ancienneté de la pathologie (un diabète type 2 diagnostiqué il y a 6 mois est plus incertain qu'un diabète stabilisé depuis 8 ans)
L'équilibre du traitement (HbA1c pour le diabète, fraction d'éjection pour le cardio)
L'absence de complications (une neuropathie diabétique change radicalement l'évaluation)
Le délai depuis le dernier épisode (infarctus il y a 6 mois vs il y a 5 ans, différence abyssale)
Ordre de grandeur des surprimes 2025-2026 :
Pathologie | Profil favorable | Profil moyen | Profil défavorable |
|---|---|---|---|
Diabète type 2 équilibré récent | 0-75 % | 75-100 % | Exclusions possibles |
Diabète type 1 sans complications | 100-125 % | 125-150 % | Exclusion ITT probable |
Cancer rémission > 5 ans | 0 % (droit à l'oubli) | -- | -- |
Cancer rémission 2-5 ans | 50-100 % | 100-150 % | Refus ou exclusion |
Cardiopathie stabilisée > 3 ans | 75-100 % | 100-150 % | Exclusion ITT possible |
Dépression épisodique ancienne | 0-50 % | 50-100 % | Exclusion ITT affections psy |
Troubles bipolaires | 100-150 % | 150-200 % | Exclusion ITT systématique |
Sources : Cardif, Assurly, données courtiers spécialisés 2025-2026
Comment réduire la surprime :
Un bilan médical récent et complet augmente vos chances d'être évalué sur vos données réelles plutôt que sur des statistiques générales. Un rapport de votre médecin spécialiste attestant de la stabilité de votre état depuis X années pèse dans la décision.
Le choix du bon assureur compte aussi. Certains ont développé une expertise réelle sur une pathologie précise. Cardif est reconnu sur le diabète. D'autres assureurs ont des grilles spécifiques pour les cancers en rémission. Un courtier spécialisé sait qui appeler selon votre dossier.
Enfin, le montant assuré et la durée du prêt jouent : un prêt de 150 000 € sur 12 ans est plus facilement accepté qu'un prêt de 350 000 € sur 25 ans, même profil identique.
Vous pouvez comparer les offres disponibles pour votre profil sur le simulateur Kidonk.
Tableau de navigation : votre pathologie × la solution recommandée
Situation | Solution prioritaire | Solution de repli |
|---|---|---|
Prêt ≤ 200 000 €, remboursement avant 60 ans | Loi Lemoine (sans questionnaire) | Délégation standard |
Diabète type 2 équilibré, prêt ≤ 420 000 € | Délégation spécialisée | AERAS niveau 2 |
Diabète type 1 avec complications | AERAS niveaux 2-3 + courtier | Assurance décès-PTIA seule |
Cancer < 5 ans de rémission | Courtier spécialisé + AERAS niveau 3 | Décès-PTIA si ITT refusé |
Cancer > 5 ans (droit à l'oubli) | Délégation standard (droit à l'oubli activé) | - |
Cardiopathie stabilisée > 3 ans | Délégation spécialisée | AERAS niveau 2 |
Dépression épisodique ancienne | Courtier spécialisé (assureurs cléments) | Exclusion ITT acceptée avec couverture décès |
Troubles bipolaires / psychiatrie lourde | Courtier spécialisé + AERAS | Décès-PTIA, exclusion ITT |
Pathologies multiples | Courtier spécialisé obligatoire | AERAS niveau 3 |
Les courtiers spécialisés : pourquoi ils font la différence
Un courtier généraliste envoie votre dossier aux mêmes assureurs que la banque. Un courtier spécialisé en risques médicaux a des accords directs avec des assureurs qui refusent les demandes directes, et qui ont des grilles d'acceptation adaptées à votre pathologie précise.
Parmi les acteurs actifs sur ce segment en 2026 : Utwin, Ymanci, Magnolia, April, Reassurez-moi. Chacun a un positionnement légèrement différent. Utwin et Ymanci sont particulièrement reconnus pour les dossiers médicaux complexes.
Ce que vous devez vérifier avant de confier votre dossier : l'existence d'une équipe médicale interne, le nombre d'assureurs partenaires sur les risques aggravés, et la transparence sur les surprimes avant acceptation définitive.
Le guide complet sur les recours après refus détaille aussi les protections légales disponibles si un refus vous semble injustifié.
Votre prochaine étape
Si votre pathologie vous a déjà valu un refus ou une exclusion de garantie, la première chose à faire est de quantifier l'écart. Combien paye un profil comparable sans surprime ? Combien vous coûte la votre ?
Comparez les offres disponibles sur votre profil en 2 minutes. Le simulateur Kidonk intègre les offres des assureurs alternatifs, y compris ceux qui travaillent sur les profils à risque médical.
Pour aller plus loin
Diabète et assurance emprunteur : type 1, type 2, ce que les assureurs acceptent vraiment
Cancer en rémission et assurance emprunteur : droit à l'oubli, délais, stratégies
Maladie cardiaque et assurance emprunteur : ce qui est possible en 2026
Psychiatrie, dépression et assurance emprunteur : la vérité sur les exclusions en 2026
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Convention AERAS : assurer votre crédit malgré un risque de santé grave
Droit à l'oubli 5 ans + questionnaire supprimé : assurance emprunteur avec antécédents santé
Refus assurance groupe santé aggravée : pourquoi la banque dit non (et vos recours réels)
FAQ
Un assureur peut-il refuser de m'assurer à cause de ma maladie ?
Oui, un assureur peut refuser. Mais la convention AERAS oblige la banque à réexaminer votre dossier sur trois niveaux successifs avant tout refus définitif. Si votre prêt dépasse 200 000 € ou si vous avez plus de 60 ans, vous devez passer par ce processus. Un refus dès le niveau 1, sans réexamen AERAS, est illégal.
La surprime est-elle négociable ?
Oui, dans certaines limites. La surprime reflète le risque statistique de votre profil médical. Un bilan médical récent attestant d'un état stable, un traitement bien suivi, et l'absence de complication peuvent pousser l'assureur à revoir sa grille à la baisse. Un courtier spécialisé peut aussi accéder à des assureurs avec des grilles plus favorables pour votre pathologie spécifique.
J'ai un diabète de type 2. Puis-je obtenir une assurance emprunteur sans exclusion ?
Dans de nombreux cas, oui. Un diabète type 2 équilibré, avec HbA1c inférieure à 7 % et sans complication déclarée, est accepté par plusieurs assureurs alternatifs, parfois avec une surprime modérée, parfois sans exclusion de garantie. MetLife et Cardif notamment ont des grilles spécifiques pour ce profil. Un courtier spécialisé peut comparer les offres disponibles.
Qu'est-ce que le droit à l'oubli en assurance emprunteur ?
C'est le droit de ne pas déclarer un cancer ou une hépatite C guérie, 5 ans après la fin du protocole thérapeutique et sans rechute. Instauré par la loi Lemoine en 2022, il permet d'obtenir une assurance emprunteur aux conditions standard, sans surprime ni exclusion liées à cet antécédent. Le délai court à partir de la fin des traitements, pas du diagnostic.
Que faire si je suis refusé aux trois niveaux AERAS ?
Deux options restent ouvertes. La première : un courtier spécialisé peut tenter des assureurs hors convention AERAS ayant des grilles d'acceptation plus larges sur votre pathologie. La deuxième : une assurance limitée aux garanties décès et PTIA, sans ITT, peut suffire à répondre aux exigences de la banque, surtout pour des prêts à courte durée ou des montants modérés. Consultez service-public.gouv.fr pour les recours officiels disponibles après refus AERAS.

